Primaire PS: Aubry-Hollande, Royal-Montebourg, ces duels qui se neutralisent
Le deuxième débat télévisé de la primaire socialiste aura été instructif. Il y a derrière le combat entre les six prétendants, deux duels qui se dessinent : Aubry et Hollande s'affrontent sur le terrain de la synthèse tandis que Royal et Montebourg labourent le même champ, celui du peuple. Mais dans le premier duel, il n'y aura qu'un gagnant. Et dans le deuxième, il pourrait y avoir deux perdants.
Deux synthétiseurs (Hollande et Aubry), deux clarinettistes (mais qui jouent juste, Royal et Montebourg), un « ambianceur » (Valls) et un … comment dire… anachronisme (Baylet). Telle était la physionomie du groupe pas vraiment rock qui s’est produit ce soir sur l’antenne d’iTélé à l’occasion du deuxième débat télévisé de la primaire citoyenne du PS.
Deux synthétiseurs ? A l’évidence, le poste de Premier secrétaire vous marque à vie et il est bien difficile de se défaire de ce costume coupé par le tailleur Ted Consensus. Hollande et Aubry nous l’ont montré. Ils ont cherché à se mettre au-dessus de la meute des concurrents, saluant les idées des uns, piochant à l’occasion chez les autres. Mais le couloir de la synthèse est un couloir étroit. Il n’y a pas de place pour deux. Et Hollande a beaucoup plus de pratique. Dix ans à la tête de Solférino, ça vous (dé)forme le caractère. Par moment, il se donnait même des airs de Président regardant avec bienveillance son Conseil des ministres. « Il y a des idées ! », a-t-il même lâché un peu condescendant à l'attention de ses adversaires. Mais si Hollande a parfaitement occupé ce couloir de la synthèse, c’est justement parce que lui s’est attaché à ne surtout pas trop en proposer. Leader dans les sondages, il a encore cherché à gérer son avance, à éviter la mesure de trop, à ne pas commettre le faux pas toujours attendu par ses adversaires, en interprétant sur tous les tons ses deux thèmes-phares : la justice fiscale (via sa réforme) et la jeunesse (avec ses contrats de génération).
Autre duel, celui des clarinettistes Royal et Montebourg. A les voir ce soir emprunter le couloir du volontarisme et de l’imagination contre la finance devenue folle, plutôt que celui de la synthèse résolument molle, on en vient à regretter qu’ils n’aient pas plutôt décidé de former un duo. Ils labourent le même champ (celui du peuple). Et le sillon qu’ils tracent est si semblable que les électeurs de la primaire risquent de se répartir de part et d’autre. Au risque que leurs idées ne soient pas présentes au second tour…
Reste enfin Manuel Valls qui, à l’évidence, a bien fait d’arrêter d’hésiter de se présenter à cette primaire. A chaque nouvelle intervention publique dans cette campagne, le député-maire d’Evry prend un peu plus d’envergure. Sa musique détonne encore souvent par rapport à ses camarades, mais au moins l’interprète-t-il sans fausse note. Il a d’ailleurs souvent dit tout haut ce que François Hollande devait pensait tout bas, s’agaçant des effluves de mollétisme (le socialisme des promesses qui n’engagent à rien) qui survivent parmi les candidats.
Bref, nous n’avons pas vu ce soir un orchestre de musique de chambre, prêt à jouer le même refrain. Entre la gestion normale d’un Hollande ou d'une Aubry et la répression financière des commissaires Royal et Montebourg, on ne discerne pas bien une synthèse. Au fond, c'est tant mieux. C’est bien là le but de la primaire : choisir…
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter