Prévost-Desprez dessaisie: Courroye se fout du monde!
Vendredi 22 Octobre 2010 à 18:32 | Lu 31090 fois I 107 commentaire(s)
Maurice Szafran - Marianne
Philippe Courroye vient de demander le dessaisissement de la juge Prévost-Desprez dans l'affaire Bettencourt, lui reprochant de trop parler aux journalistes. A l'évidence, le procureur de Nanterre a la mémoire courte, comme le prouve le récit de son déjeuner avec Maurice Szafran et Nicolas Domenach.
Comment se débarrasser de la juge Isabelle Prévost-Desprez dans l’affaire Bettencourt ? Le procureur de Nanterre Philippe Courroye croit avoir trouvé la solution.
Il a en effet décidé de s’appuyer sur une plainte pour violation du secret de l’enquête, déposée par Me Georges Kiejman, l’avocat de Liliane Bettencourt, après un article du journal Le Monde intitulé « Les policiers à la recherche des petits papiers de Liliane Bettencourt ». Le procureur cherche ainsi à démontrer que la juge parle aux journalistes et, donc, à obtenir son dessaississement dans le cadre de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de la milliardaire, pour abus de faiblesse contre François-Marie Banier. A cet effet, il a demandé à la police, en l’occurrence à l’Inspection Générale des Services (IGS), d’examiner les relevés téléphoniques des deux journalistes auteurs de l’article, Gérard Davet et Jacques Follorou. Ce qui, par ailleurs, semble illégal, puisque pour les journalistes, comme pour les médecins, les avocats, les notaires et les huissiers, la remise de tels documents « ne peut intervenir qu’avec leur accord ».
Me Georges Kiejman, lui, lors d’une conférence le 15 octobre dernier, a expliqué qu’il ne visait pas seulement les deux journalistes du Monde, mais aussi Hervé Gattegno du Point, Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi de Médiapart et Laurent Neumann, le directeur de Marianne, qui enquête depuis quatre mois sur cette affaire.
Bref, pour écarter la juge Prévost-Desprez, l’empêcheuse d’étouffer l'affaire Bettencourt, le procureur Philippe Courroye n’a rien trouvé de mieux que de lui reprocher de parler avec des journalistes – ce qui, d’ailleurs, ne veut pas dire qu’elle trahit ou viole le secret de l’enquête. Il est sacrément gonflé, le procureur Courroye...
En octobre 2009, Philippe Courroye nous avait en effet fait savoir, par un intermédiaire, qu’il souhaitait déjeuner avec Nicolas Domenach et moi-même. A cette époque, il était candidat au prestigieux poste de procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris - poste qu’il n’obtiendra finalement pas. Philippe Courroye était alors en campagne et tenait à nous expliquer à quel point il était « indépendant », et que son amitié – affichée et revendiquée – avec Nicolas Sarkozy n’était en rien un handicap.
Il a en effet décidé de s’appuyer sur une plainte pour violation du secret de l’enquête, déposée par Me Georges Kiejman, l’avocat de Liliane Bettencourt, après un article du journal Le Monde intitulé « Les policiers à la recherche des petits papiers de Liliane Bettencourt ». Le procureur cherche ainsi à démontrer que la juge parle aux journalistes et, donc, à obtenir son dessaississement dans le cadre de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de la milliardaire, pour abus de faiblesse contre François-Marie Banier. A cet effet, il a demandé à la police, en l’occurrence à l’Inspection Générale des Services (IGS), d’examiner les relevés téléphoniques des deux journalistes auteurs de l’article, Gérard Davet et Jacques Follorou. Ce qui, par ailleurs, semble illégal, puisque pour les journalistes, comme pour les médecins, les avocats, les notaires et les huissiers, la remise de tels documents « ne peut intervenir qu’avec leur accord ».
Me Georges Kiejman, lui, lors d’une conférence le 15 octobre dernier, a expliqué qu’il ne visait pas seulement les deux journalistes du Monde, mais aussi Hervé Gattegno du Point, Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi de Médiapart et Laurent Neumann, le directeur de Marianne, qui enquête depuis quatre mois sur cette affaire.
Bref, pour écarter la juge Prévost-Desprez, l’empêcheuse d’étouffer l'affaire Bettencourt, le procureur Philippe Courroye n’a rien trouvé de mieux que de lui reprocher de parler avec des journalistes – ce qui, d’ailleurs, ne veut pas dire qu’elle trahit ou viole le secret de l’enquête. Il est sacrément gonflé, le procureur Courroye...
En octobre 2009, Philippe Courroye nous avait en effet fait savoir, par un intermédiaire, qu’il souhaitait déjeuner avec Nicolas Domenach et moi-même. A cette époque, il était candidat au prestigieux poste de procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris - poste qu’il n’obtiendra finalement pas. Philippe Courroye était alors en campagne et tenait à nous expliquer à quel point il était « indépendant », et que son amitié – affichée et revendiquée – avec Nicolas Sarkozy n’était en rien un handicap.
Prudent, je précisai à l’intermédiaire en question (qui s’occupait officieusement de la communication du procureur de Nanterre – curieuse pratique tout de même que celle d’un haut magistrat s’adjoignant les services d’un « communicant »…) qu’évidemment ce rendez-vous nous intéressait professionnellement, et que Marianne invitait Philippe Courroye et non l’inverse, qu’il ne pouvait pas en aller autrement.
Le mercredi 4 novembre 2009, nous nous retrouvâmes donc dans le petit salon d’un restaurant célèbre, à quelques pas de l’Arc de Triomphe. La discussion fut à la fois d’une grande civilité et passionnante. Philippe Courroye plaida sa cause, rappelant à quel point, au tribunal de Lyon puis au pôle financier de Paris, il fut un magistrat aussi intègre qu’impitoyable, qu’il n’avait évidemment pas changé, que trop de médias, dont Marianne, étaient injustes à son égard en le soupçonnant d’une supposée connivence avec le président de la République et quelques grands patrons célèbres. Il fit par ailleurs étalage d’une impressionnante culture littéraire et répondit sans détours quand Nicolas Domenach et moi-même l’interrogeâmes, nous aussi sans détours, sur l’affaire… Bettencourt.`
Philippe Courroye nous détailla avec force et arguments pourquoi il persistait à estimer irrecevable la plainte déposée par Françoise Meyers-Bettencourt. Il entra même, sans la moindre hésitation, dans les arcanes du dossier, nous fournissant moultes détails et informations.
Philippe Courroye nous détailla aussi pourquoi il combattait et combattrait pied-à-pied la juge Prévost-Desprez, ses méthodes, sa stratégie…
Il vient de fournir une preuve éclatante de son obstination en construisant un dossier pour obtenir le dessaisissement de la juge, arguant qu’elle rencontrait des journalistes.
Philippe Courroye, pour sa part, ne s’en prive pas non plus, je puis en attester. Nous guettons, non sans impatience, ses explications.
Le mercredi 4 novembre 2009, nous nous retrouvâmes donc dans le petit salon d’un restaurant célèbre, à quelques pas de l’Arc de Triomphe. La discussion fut à la fois d’une grande civilité et passionnante. Philippe Courroye plaida sa cause, rappelant à quel point, au tribunal de Lyon puis au pôle financier de Paris, il fut un magistrat aussi intègre qu’impitoyable, qu’il n’avait évidemment pas changé, que trop de médias, dont Marianne, étaient injustes à son égard en le soupçonnant d’une supposée connivence avec le président de la République et quelques grands patrons célèbres. Il fit par ailleurs étalage d’une impressionnante culture littéraire et répondit sans détours quand Nicolas Domenach et moi-même l’interrogeâmes, nous aussi sans détours, sur l’affaire… Bettencourt.`
Philippe Courroye nous détailla avec force et arguments pourquoi il persistait à estimer irrecevable la plainte déposée par Françoise Meyers-Bettencourt. Il entra même, sans la moindre hésitation, dans les arcanes du dossier, nous fournissant moultes détails et informations.
Philippe Courroye nous détailla aussi pourquoi il combattait et combattrait pied-à-pied la juge Prévost-Desprez, ses méthodes, sa stratégie…
Il vient de fournir une preuve éclatante de son obstination en construisant un dossier pour obtenir le dessaisissement de la juge, arguant qu’elle rencontrait des journalistes.
Philippe Courroye, pour sa part, ne s’en prive pas non plus, je puis en attester. Nous guettons, non sans impatience, ses explications.
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