Pouvoir d'achat : l'étonnante bourde de Que choisir
Mercredi 28 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 39290 fois I 39 commentaire(s)
Emmanuel Lévy - Marianne
L’UFC-Que Chosir publie une enquête sur « la vérité du pouvoir d’achat ». Le magazine de l’association de consommateurs disculpe l’euro comme principale source d’augmentation des prix et incrimine le manque de concurrence. Marianne revient sur les calculs de l'UFC. Pour déterminer le temps de travail nécessaire a l’acquisition d’un bien, l’UFC a choisi le Smic brut, nous lui préférons le salaire moyen d’un employé net de charges sociales. Et les résultats sont détonants.
Combien de temps doit-on bosser pour se payer son pain quotidien ? Cette question de l’UFC dans son mensuel de janvier, qui ne se l’est pas posée ? Pour une baguette de 250 grammes, calcul l’UFC, un smicard devait travailler 5 minutes et 53 secondes en 2002, contre 5 minutes et 33 secondes en décembre 2011. Bref une baisse de 20 secondes de la quantité de travail nécessaire à l’acquisition d’un quart de kilo de pain. Si le résultat, une baisse, est contre intuitif, il est cependant confirmé par d’autres exemples de produits (riz, Chocolat en poudre, etc…).
Comment l'association en est-elle arrivée là, alors même que le prix de la baguette a augmenté de 27% ? La réponse se trouve dans le référent : le Smic brut… Outre qu’il est étonnant d’avoir retenu un salaire brut, quand une fois les cotisations sociales déduites ce qu’on a réellement dans la poche est au moins 20 % plus petit. Le référent Smic donne un sacré effet d’optique. En effet durant la période retenue, les 7 Smics nés à la suite des différentes lois sur les 35 heures ont été unifiées sur le haut de la fourchette sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Voilà comment, l’UFC retient, pour l’évolution des salaires, le chiffre extravagant de 34,5 % en 10 ans (qui n’a en réalité concerné que moins de 20 % des Smicards) ! Deux fois l’inflation laquelle sur la période atteint 15,2%…
Comment l'association en est-elle arrivée là, alors même que le prix de la baguette a augmenté de 27% ? La réponse se trouve dans le référent : le Smic brut… Outre qu’il est étonnant d’avoir retenu un salaire brut, quand une fois les cotisations sociales déduites ce qu’on a réellement dans la poche est au moins 20 % plus petit. Le référent Smic donne un sacré effet d’optique. En effet durant la période retenue, les 7 Smics nés à la suite des différentes lois sur les 35 heures ont été unifiées sur le haut de la fourchette sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Voilà comment, l’UFC retient, pour l’évolution des salaires, le chiffre extravagant de 34,5 % en 10 ans (qui n’a en réalité concerné que moins de 20 % des Smicards) ! Deux fois l’inflation laquelle sur la période atteint 15,2%…
Marianne a donc refait les calculs de l’UFC en prenant comme base, non pas un Smic brut, mais le salaire moyen employé net. Le tableau en est différent. En effet, en 2002, un employé gagnait en moyenne 15 574 euros net par an, soit un peu moins de 1 300 euros par mois, et 8,7 euros par heure. Dix ans plus tard (nous avons fait une estimation sur 2010 et 2011), cela donnait respectivement 18 503 € annuel, soit 1 541 € mensuel, et 10,4 €/h.
Voilà qui dessine une évolution bien moins favorable aux salariés que celle décrite avec le Smic. En l’espace de dix ans, le salaire moyen net des employés a progressé de 18,8 %, deux fois moins vite que le Smic horaire… L’Insee fournit également plusieurs indices des prix. Celui retenu par UFC fait référence à l’ensemble des consommateurs. Si l’on s’intéresse aux seuls employés, ce que fait également l’institut à travers l’indice des prix pour les employés et ouvriers en milieu urbain, leur panier moyen avait subit une progression de 17,2 % (estimation Marianne pour l’année 2011). Résultat, le pouvoir d’achat net réel d’un salaire ne s’est apprécié que de 1,4 % en dix ans !
Il faut donc non pas travailler moins pour se payer une baguette, mais au contraire affecter 18,5 secondes de plus à son effort pour gagner son pain quotidien. L'enquête de Que Choisir a fait au moins un heureux en la personne de Jean-marc Sylvestre pour l'aider à disculper à son tour l'euro , trop heureux de reprendre l'UFC et de titrer sur son blog « l'euro, bouc émissaire facile de la hausse des prix »... Démonstration qui, comme on l'a vu, ne démontre en rien l'absence d'impact majeur de la monnaie unique sur l'évolution des prix...
Il faut donc non pas travailler moins pour se payer une baguette, mais au contraire affecter 18,5 secondes de plus à son effort pour gagner son pain quotidien. L'enquête de Que Choisir a fait au moins un heureux en la personne de Jean-marc Sylvestre pour l'aider à disculper à son tour l'euro , trop heureux de reprendre l'UFC et de titrer sur son blog « l'euro, bouc émissaire facile de la hausse des prix »... Démonstration qui, comme on l'a vu, ne démontre en rien l'absence d'impact majeur de la monnaie unique sur l'évolution des prix...
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