Pourquoi l’Ordre des médecins se mêle de l’affaire Bettencourt
Jeudi 2 Septembre 2010 à 12:01 | Lu 15201 fois I 36 commentaire(s)
Clotilde Cadu - Marianne
Le Conseil de l’Ordre des médecins a pris une décision inhabituelle : déclencher une enquête sur les médecins de Liliane Bettencourt suite aux articles publiés dans la presse, et notamment dans Marianne. Souci de déontologie ? Pas sûr...
(Dailymotion - Europe 1)
Un médecin-coordinateur aussi exécuteur testamentaire, des toubibs répudiés, d’autres payés à coup de gros « biftons », des diagnostics médicaux contradictoires… Ca se passe comme ça, chez Liliane Bettencourt !
Ou du moins, ça se passait ainsi. Alerté sur les comportements de l’entourage médical de la femme la plus riche de France, le Conseil national de l’Ordre des médecins a décidé de faire la lumière sur les pratiques des médecins de Madame Bettencourt, déjà racontées par Marianne. « Nous lisons ce qui s’écrit, nous entendons ce qui se dit dans la presse », assure André Deseur, membre du Conseil, président de la section « exercice professionnel ». « Les comportements de certains médecins ont été mis en cause. C’est pourquoi le Conseil a chargé son antenne départementale de Paris de s’enquérir des faits », poursuit Deseur, évoquant des sanctions en cas d’entorses à la loi ou à la déontologie médicale.
Ou du moins, ça se passait ainsi. Alerté sur les comportements de l’entourage médical de la femme la plus riche de France, le Conseil national de l’Ordre des médecins a décidé de faire la lumière sur les pratiques des médecins de Madame Bettencourt, déjà racontées par Marianne. « Nous lisons ce qui s’écrit, nous entendons ce qui se dit dans la presse », assure André Deseur, membre du Conseil, président de la section « exercice professionnel ». « Les comportements de certains médecins ont été mis en cause. C’est pourquoi le Conseil a chargé son antenne départementale de Paris de s’enquérir des faits », poursuit Deseur, évoquant des sanctions en cas d’entorses à la loi ou à la déontologie médicale.
Une démarche heureusement surprenante de la part d’une instance souvent taxée de conservatisme et d’immobilisme. Mais l'initiative de l'Ordre ne semble pas résulter seulement de sa vigilance déontologique. En réalité, son président, Michel Legmann, a été interpelé sur cette affaire par le député PS Gérard Bapt. «Je pense qu’à partir du moment où il a été sollicité, l’Ordre ne peut pas faire autrement», explique d'ailleurs le parlementaire, rapporteur spécial du budget de la santé pour la commission des finances. «Les écarts de déontologie sont énormes ! Mais on peut se demander si depuis 2008 – premier interrogatoire de Gilles Brücker (médecin-coordonnateur et exécuteur testamentaire de Mme Bettencourt, nldr) – il n’y aurait pas pu y avoir une initiative propre ! », poursuit Gérard Bapt.
L’Ordre de Paris va donc tenter de déterminer si le serment d’Hippocrate a été bafoué. Une belle occasion de redorer un blason pour le moins terni ces dernières années. « L’Ordre veut se refaire une virginité », raconte Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et représentant de la CGT-Santé, évoquant le rapport de l’IGAS qui épinglait en 2007 l’Ordre de Paris pour ses malversations. « L’Ordre a toujours été contesté pour son immobilisme sur de nombreuses affaires », poursuit le médecin, sans toutefois se faire beaucoup d’illusions quant à l’issue de cette enquête. L’Ordre de Paris n’a en effet pas de pouvoir inquisitoire : il peut demander des documents… que les mis en cause ne sont pas obligés de transmettre !
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