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Pourquoi certains doutent de la lettre de Jean-Pierre Treiber

Bénédicte Charles - Marianne | Vendredi 18 Septembre 2009 à 10:15 | Lu 27391 fois

Certains médias ont mis en doute l'authenticité de la lettre que nous avons publiée. Elle est bien du prisonnier évadé. Même les déclarations de son avocat le confirment.



Pourquoi certains doutent de la lettre de Jean-Pierre Treiber
Nous pensions que Jean-Pierre Treiber nous avait écrit. Mais en écoutant France Info ce matin, nous avons appris qu'en réalité Treiber nous « aurait » écrit (La radio a depuis rectifié). La nuance est de taille : le conditionnel induit l'existence d'une présomption de non authenticité de la lettre que nous avons reçue. Jean-Pierre Treiber doit être jaloux, lui qui aurait tant aimé bénéficier des mêmes préventions quant à sa présomption d'innocence.

Seulement voilà : le courrier que nous avons reçu et publié hier soir a bel et bien pour auteur Jean-Pierre Treiber. Aucun doute là-dessus : la police nous a confirmé que la carte de détenu qui y était jointe est bien la sienne, de même que l'écriture (même s'il faut attendre les résultats de l'expertise graphologique pour en être sûr à 100%, évidemment).

Alors pourquoi continuer à faire semblant de douter de l'authenticité de ce courrier? Parce qu'il est gênant. Il ne colle pas avec l'image que les médias donnent de Jean-Pierre Treiber depuis 4 ans, et plus encore depuis son évasion : celle d'un garde-chasse à moitié neuneu capable de survivre des semaines dans une forêt, en mangeant des vers de terre et des lièvres dépecés vivants.

«On fait passer mon client pour un abruti de garde-chasse parce que ça fait de lui un coupable idéal, explique son avocat Me Eric Dupond-Moretti. Et quand il écrit à Marianne une lettre plutôt bien tournée, il devient un criminel raffiné. Ça fait encore de lui un coupable idéal. Jean-Pierre Treiber ne lit pas Houellebecq, certes. Mais ce n'est pas un imbécile». De son côté, l'avocat des victimes, Maître Francis Szpiner, n'a pas encore réagi à la lettre de Treiber pour le moment.

Voici pour la forme. Mais le fond? A quoi Treiber fait-il allusion lorsqu'il écrit : «je veux que le juge ou le procureur donne l'intégralité des photos prises à Château lors des perquisitions à mon avocat. Je veux aussi la diffusion dans la presse des 2 portraits robot» ou encore « on s'est acharné sur moi, sur mon entourage, en oubliant d'approfondir les relations de Géraldine»? Réponse de Me Dupond-Moretti : «Tout ce que je peux dire c'est que Jean-Pierre Treiber a écrit dans cette lettre ce qu'il dit depuis quatre ans. Il n'a jamais varié dans ses déclarations. Il y a effectivement de vrais problèmes dans ce dossier, et de nombreux éléments permettent de mettre en exergue un doute sérieux quant à la culpabilité de mon client. C'est un dossier très compliqué. A tel point que le procès est prévu pour durer un mois ! Un commentaire qui, lui aussi tend à confirmer l'authentification de la lettre, et relativise les doutes émis par le même avocat dans ses déclarations à France Info ce matin.

Lire la lettre de Jean-Pierre Treiber

Mise à jour, 15h03, 18/09/09 : Le procureur d'Auxerre François Pérain, a authentifié la lettre que Jean-Pierre Treiber nous a envoyée (1). Par ailleurs, contrairement à ce qu'ont affirmé certains de nos confrères, la lettre n'a pas été postée du Jura mais de l'Yonne. Le code 39880A figurant au dos de l'enveloppe n'est pas pas un code postal, mais le code du centre de tri de Monéteau, par où transitent les trois quarts du courrier posté dans l'Yonne.

(1) Nos confrères feraient donc bien de remplacer, dans leurs papiers, le conditionnel par l'indicatif.





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