Pour son dernier meeting, Royal a joué son va-tout
Vendredi 7 Octobre 2011 à 00:00 | Lu 9664 fois I 44 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
A trois jours du premier tour de la primaire socialiste, Ségolène Royal a sorti la Méthode Coué devant une assemblée en liesse – essentiellement des fidèles – leur promettant qu’elle remplirait encore « des stades Charlety ». Mais croiser les doigts sous les spotlight du Bataclan suffira-t-il ?
Sous l’énorme boule à facette du Bataclan, Ségolène Royal ne s’est pas faite attendre. Comme l’aurait fait une star. Elle a même réussi l’exploit de dérouler trois quarts d’heure de discours avant même que Martine Aubry ne commence le sien à quelques rues de là. Pourtant, veste rouge sur corsage blanc, elle arrive sous les acclamations de la salle et arbore un micro de scène qui lui court sur la joue droite – à la Britney Spears. Un micro de circonstance alors que la musique lancée à tue-tête n’est autre que le « Alors on danse » de Stromae – titre popularisé par toutes les « bonnes » boîtes de nuit.
En terre conquise devant une salle d’un millier de personnes - essentiellement des fidèles - elle s’en tient à ses fondamentaux, récapitulant un à un les cinqs pilliers (famille, sécurité, santé, éducation, banlieue) inscrits dans son « Contrat avec la Nation » qui s’affiche en long et en large de part et d’autre de la scène. Avec ce contrat, Ségolène Royal tente de faire coïncider « confiance » et « autorité ». Elle prétend faire de la méthode de la carotte et du bâton la solution pour réconcilier les Français, ceux qui galèrent et ceux qui sont actifs, qui entreprennent. Et entend y parvenir en invoquant « la force citoyenne .» Elle promet référendums d’initiative populaire et autres comités citoyens, mais aussi « l’arbitrage » de l’Etat, un « Etat stratège qui fixe un cap », met les banques et les entreprises au pas. Une incantation « vaudou » dont elle seule –sans doute - a le secret. Mais Ségolène Royal est comme ça, elle le dira elle-même : « Comme disent nos amis les Antillais, je suis poteau-mitan ! (axe de liaison entre le monde des vivants et celui des morts dans le Culte Vaudou, ndlr) Je serais une présidente poteau-mitan pour la maison France !» Une métaphore qui laisse pantois mais qui convient parfaitement à l’exercice auquel se livre la « candidate des solutions ». A quelques jours du premier tour, elle joue son va-tout.
Méthode Coué
Mots et slogans scandés comme des « mantra », public qui tape des pieds crescendo : on assiste à une véritable séance d’auto-persuation – version géante. « Si vous vous dîtes que vous n’êtes pas capables, moi, je vous dis que vous êtes capables », professe la gourou Ségolène Royal à la tribune assenant les mots d’un programme d’accomplissement collectif. « Ténacité, intégrité, générosité, fraternité…» Et ses adeptes de répondre en cœur à chaque fois : « On l’a, oui, on l’a…».
Galvanisée par cette communion, l’ancience candidate à la présidentielle s’emballe : « Je vous le promets, nous remplirons des states Charlety » lance t-elle non sans nostalgie avant d’oser comparer « les printemps arabes » avec la révolution – certes profonde – qui la ménerait à la présidence de la république. « Nous ferons le printemps français», se prend-t-elle à rêver. Passée par « l’essoreuse élyséenne » se targue-t-elle, Royal est encore persuadée d’être la seule à pouvoir battre Sarkozy.
Mais ce qui ressemble fort à une thérapie de groupe pour les déçus de 2007 suffira-t-il à conjurer le sort en 2012 ? « On croise les doigts pour être là la semaine prochaine », sourient, plutôt gênés, les militants qui osent se poser la question. Même Stromae et son « Alors on danse » - repassé deux fois à la fin du meeting – ne suffira pas à cacher que toute cette énergie est surtout celle du désespoir. Alors on danse ? A défaut d’affronter la réalité ? Car quiconque aura bien écouté les paroles de cette chanson – dans le fond déprimante - au lieu de s’agiter dessus bêtement y aura reconnu des airs de déni…
Mais ce qui ressemble fort à une thérapie de groupe pour les déçus de 2007 suffira-t-il à conjurer le sort en 2012 ? « On croise les doigts pour être là la semaine prochaine », sourient, plutôt gênés, les militants qui osent se poser la question. Même Stromae et son « Alors on danse » - repassé deux fois à la fin du meeting – ne suffira pas à cacher que toute cette énergie est surtout celle du désespoir. Alors on danse ? A défaut d’affronter la réalité ? Car quiconque aura bien écouté les paroles de cette chanson – dans le fond déprimante - au lieu de s’agiter dessus bêtement y aura reconnu des airs de déni…
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