Pour Yves Cochet, le péril vert, c’est les bébés!Gérald Andrieu | Mercredi 8 Avril 2009 à 07:00 | Lu 14897 fois
Le député écologiste a trouvé la solution pour sauver la planète : puisque les enfants polluent, pourquoi ne pas diminuer les aides versées aux familles à partir du troisième nouveau-né ? Une logique aussi implacable qu'imbécile... C’est un entrefilet paru en page 15 de Libération du 6 avril qui nous l’apprend. Un entrefilet surmonté d’une photo d’un Yves Cochet rigolard. Pourtant ça n’a rien d’une blague. Ce week-end, lors d’un colloque organisé par la revue Entropia , le député écologiste a avancé une curieuse idée pour sauver la planète : la « grève du troisième ventre ». Puisque d’après lui, un enfant européen aurait « un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York », les « aides » devraient « [diminuer] sensiblement à partir du troisième » nouveau-né !
Yves Cochet
On aurait aimé en savoir plus sur cette idée à la logique implacable mais Yves Cochet est malheureusement en déplacement professionnel… aux Etats-Unis ! C’est donc à un de ses proches collaborateurs de nous rassurer : « Ca n’est pas une proposition de loi », nous explique-t-il. Et même si ça le devenait, ça ne serait pas « rétroactif » (ouf !). Quant au calcul de l’empreinte écologique d’un enfant européen en « trajets Paris-New York » ? « C’est Yves Cochet qui a fait ce calcul, nous confie-t-il, C’est un chiffre valable pour un Européen, de sa naissance à ses 80 ans ». L'absurde mérite l'absurde Et si ce troisième enfant meurt avant l’age de 80 ans, remboursera-t-on à ses parents les aides non versées ? Une question absurde ? Mais même les plus sérieux spécialistes de la démographie usent de l’absurde pour démonter cette idée d’Yves Cochet : « Si l’empreinte écologique d’un enfant est telle qu’il le dit, je ne comprends pas pourquoi on se contente de s’attaquer au troisième enfant ! Pourquoi ne pas le faire dès le premier ? », fait semblant de s’interroger France Prioux, directrice de recherches à l’Ined. Cette curieuse solution d’Yves Cochet pour sauver la planète soulève une autre question : que faire des idées écologistes quand elles se heurtent au principe de réalité sociale ? Car les familles nombreuses sont celles qui ont le plus besoin d’aides. Plus encore en ce moment. Peut-être alors faut-il les mettre à la poubelle ces idées écologistes ? Mais dans le bac jaune : on est des citoyens responsables, on trie nos déchets…
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