Marianne2 2012

Pour Trichet, la crise est une maladie psychosomatique!

Mercredi 18 Mars 2009 à 13:07 | Lu 10823 fois I 123 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Selon le président de la Banque centrale européenne, qui rejoint ainsi ses camarades Alain Minc, Warren Buffet, etc., la crise ne serait qu’une crise de confiance dans le système mais absolument pas une crise du système lui-même…


« Je dirais que (…) l’année 2009 est très très difficile, sera très très difficile (…). En même temps, je dois dire qu’il y a un accord assez général de toutes les institutions publiques et privées pour penser que 2010 peut être l’année de la reprise modérée de la croissance. Mais cela dépend de nous, cela dépend de la confiance. Ceci n’est pas acquis d’avance. Cela dépend de la manière dont les autorités (…), mais aussi nos concitoyens, mais aussi les entreprises, sauront retrouver la confiance. Car le problème essentiel, ce n’est pas de faire des prévisions dans un monde incertain. Le problème essentiel, c’est de retrouver la confiance. »


Invité ce matin d’Europe 1 , Jean-Claude Trichet a joué les Kaa, le serpent hypnotiseur du Livre de la Jungle (voir vidéo ci-dessous). Comme lui, l’ancien gouverneur de la Banque de France a entonné le fameux « Aie confiance ». Car pour le patron de la Banque centrale, comme pour Alain Minc  ou pour Warren Buffet et consorts, la crise n’est finalement qu’une question de confiance, une sorte de « crise de foi » dans le système, une maladie psychosomatique. Mais elle n’a surtout rien avoir avec une crise du système lui-même ! 


« Nos concitoyens ne sont pas idiots ! »   

Et lorsque Monsieur Trichet estime détenir un argument de poids, il le sert à toutes les sauces. Quand viendra la reprise ? « Je ne suis pas un oracle et j’insiste sur le fait que ce qui est important, c’est, aujourd’hui, de retrouver la confiance. Car si on retrouve la confiance aujourd’hui progressivement, on pourra avoir en effet la reprise en 2010. » Les plans de relance européens ? « D’une manière générale, [ce] sont des plans qui sont audacieux (…). Et en même temps, il est évidemment nécessaire de convaincre nos concitoyens que le retour à l’équilibre est dans la perspective stratégique de moyen terme. Parce que sinon, nos concitoyens n’auront pas confiance, ils ne sont pas idiots ! »



Il ne fallait pas compter sur Jean-Pierre Elkabbach pour le contredire : « Vous êtes un acteur essentiel, vous avec la BCE, de la confiance ? », lui a très aimablement demandé l’interviewer en chef d’Europe 1. Peu importe : nul besoin d'un vrai contradicteur pour cerner les limites du « Aie confiance ». Le patron de la BCE est capable de se contredire lui-même quand il explique avoir « pris beaucoup de mesures très importantes non conventionnelles, (…) des mesures que nous n’envisagions pas, absolument pas, de prendre avant l’intensification de la crise à la mi-septembre de l’année dernière. » Si la crise n’est qu’une question de « confiance », pourquoi prendre des « mesures non conventionnelles », des mesures qu’ils n’avaient« absolument pas » envisagées avant la crise ? Question inutile. Puisqu’on vous dit qu’il suffit d’avoir « confiance »










LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr