Pour Mélenchon, les régionales c'est quitte ou double
Le Front de gauche lançait hier, à Paris, sa campagne des régionales. Une campagne moins unitaire que lors des élections européennes puisque dans cinq régions, les communistes ont décidé de partir au premier tour avec le Parti socialiste. Cinq régions qui imposent au principal artisan du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, de réussir son coup.
Ces «invisibles» communistes qui ont décidé de s’allier aux socialistes
Pas de tabous donc. Tout le monde a droit à un mot : les adversaires tout désignés du Front de gauche comme ceux dont il se serait bien passé. Enfin, presque. Car même si selon les mots de François Delapierre, numéro 2 du Parti de gauche, les candidats du Front sont les représentants des « invisibles » (ces millions d’« ouvriers », d’« employés », de « retraités » que comptent le pays et dont les médias ne parlent jamais), il en existe d’autres d’« invisibles » que les orateurs se gardent bien d’évoquer à la tribune.
Qui ? Ces communistes qui ont décidé de pactiser avec le Parti socialiste, dès le premier tour de l’élection, en Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardenne et Lorraine.
Cinq régions qui ont fait sécession quand lors du scrutin de juin 2009 le Front de gauche avait fait bloc. Cinq régions dont les résultats seront regardés à la loupe.
Cinq régions qui feront peut-être regretter à certains communistes d’avoir opté pour la stratégie séduisante mais périlleuse du Front de gauche.
Cinq régions, enfin, qui pourront mettre à mal l’avenir du principal artisan du Front de gauche : Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, il n’y a pas d’alternative. Les listes de « l’autre gauche », comme il la nomme, doivent rencontrer le succès. Or, en laissant Laurent en tête de la liste du Front de gauche de la région Île-de-France, le chef du Parti de Gauche prend le risque d'une déconvenue qui peut menacer l'alliance entre PCF et PG. Si le score est modeste mais consistant, autour de 5-6%, il pourrait favoriser une candidature Mélenchon en 2012. Mais s'il est trop faible et que le PCF conforte ses positions dans les cinq régions qui ont choisi l'allliance avec le PS, alors c'est l'alliance avec le PG qui risque d'être remise en cause par les communistes. Bref, pour Jean-Luc Mélenchon, le scrutin régional a tout d'un véritable quitte ou double.
Pour l’heure, les militants, eux, sont plutôt optimistes. Tous ont à la bouche les sondages qui les créditent de 7% des suffrages quand, lors de la campagne des européennes, ils leur étaient promis à l’origine seulement 2% des voix. Avec le résultat que l’on connaît…
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