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Pontoise ou l’explosion d’un labo de la démocratie participativeSylvain Lapoix | Lundi 10 Mars 2008 à 01:28 | Lu 8709 fois
A Pontoise (95), Didier Peyrat a mêlé aux familles politiques de gauche une bonne moitié de représentants de la société civile autour d’un programme élaboré en débats ouverts. Une tentative qui n’a cependant pas convaincu.
Une fois n’est pas coutume : la démocratie participative n’a pas fait recette. Philippe Houillon, maire UMP de Pontoise (Val d’Oise), a battu par 52,18% des suffrages exprimés la liste de Didier Peyrat, qui en recueille 29,08%. Ce socialiste avait initié une expérience originale à gauche en réunissant des militants PS, PCF et Verts mais aussi et surtout plus de 50% de candidats non-encartés. Une proposition qui aurait pu séduire cette ville d’un peu moins de 30000 habitants qui a connu depuis vingt-cinq ans une alternance rigoureuse entre gauche et droite. Au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy l’avait emporté sur Ségolène Royal d’une centaine de voix. Un terreau centriste donc mais où le Modem ne prend pas plus qu'ailleurs, ce dernier dépassant tout juste les 10% au premier tour !
Une dépolitisation latente L’un des constats qui a initié l’expérience « Pontoise ensemble », et qui s’est confirmé lors du scrutin du 9 mars, est la désaffection des électeurs pour la politique : 53,47% de participation à ces municipales et 3% d’abstention au dessus de la moyenne nationale dans la plupart des autres scrutins. « Le fruit du travail du maire, analyse Sylvain Mullard candidat de la liste de Didier Peyrat. Depuis son élection, Philippe Houillon a concentré tout son travail sur l’hypercentre : certains quartiers périphétique n’ont pas eu de décoration pour Noël ! Il a mené une « non-politique », d’où la désaffection des Pontoisiens pour le débat public. »
La solution de Didier Peyrat fut donc à l’été 2007 de reprendre la démocratie participative là où Ségolène Royal l’avait laissée. « Certes la candidate socialiste a perdu mais la logique participative n’a été mise en place qu’en six mois, la désignation du candidat du PS ayant été tardive, juge Didier Peyrat. La démocratie participative a besoin de plus de temps. » Autour de douze « cercles thématiques » (éducation, écologie, démocratie locale…), un groupe d’une centaine de personnes réunies par lui a débattu durant 4 mois avant une « synthèse » résumée sous la forme de « 123 propositions ». Très « royaliste » donc, comme approche, ce dont personne ne se cache d’ailleurs : la candidate socialiste a visité plusieurs fois la préfecture du Val d’Oise, ainsi que Vincent Peillon et Christiane Taubira.
L’initiative de Didier Peyrat a reçu la validation du PS départemental, des Verts et du PCF, ces dernières ayant été obtenus par les membres des partis ralliés à la liste Pontoise Ensemble.
Porter les conclusions de l’expérience au Congrès du PS
Malgré l’échec de la liste, la dynamique a convaincu la plupart des candidats qui espèrent maintenir l’expérience au-delà des municipales. Bénédicte Ariès, venue des Verts, perçoit dans ce schéma de « liste » plutôt que de parti une formation optimale pour une gouvernance locale. Mais elle n’imagine pas un tel système appliqué à une plus grande échelle. En revanche, d’autres, comme Christian Mongondry (adhérent PCF depuis 1981) y voient une façon de réformer face à la crise de la gauche. « Ce type de formation est peut-être la seule façon d’amener dans le débat des personnes qui ne voudront jamais prendre leur carte au PC, au PS, chez les Verts ou ailleurs », s’enthousiasme-t-il.
Sylvain Mullarat, adhérent PS et proche de la mouvance « VIème République » d’Arnaud Montebourg, appuie pour sa part sa volonté de porter les conclusions de l’expérience dans les instances « au niveau départemental, régional et lors du Congrès. Alors que la ville avait tendance à se renfermer, nous réussissons à faire parler certains quartiers entre eux. » Face à l’évolution en alliance du Modem et aux doutes qui habitent la gauche en général, l’équipe de Didier Peyrat mise sur un « climat de réconfiguration politique » et sur l’arrivée d’une nouvelle génération pour pousser ces idées au niveau national. « On ne peut pas se passer des partis politiques mais le parti socialiste ne peut plus rester fermé sur lui-même », conclut Didier Peyrat.
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