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Philippe Val secoue le Pommier à France-InterRégis Soubrouillard | Mardi 23 Juin 2009 à 07:01 | Lu 8739 fois
Un début en fanfare. Deux heures à peine après sa prise de fonction à France Inter, Philippe Val a viré Frédéric Pommier de la revue de presse de la station arguant d'un problème de hiérarchisation de l'information. Simple refonte de grille ou chasse aux sorcières, les syndicats menacent la direction d'un grave conflit.
(Louison - http://louison-et-les-crayons.blogspot.com)
Deux heures. Philippe Val aura donc tenu deux heures avant de faire sa première victime. Frédéric Pommier, le journaliste qui assurait la revue de presse de la matinale de France Inter a été débarqué de ses fonctions. Tout s'est passé très vite. Dès jeudi Philippe Val a notifié à Frédéric Pommier qu’il n’était plus en charge de la revue de presse. Une rapidité d’exécution qui, comme le suggèrent des journalistes de la Maison Ronde laisse supposer que la décision aurait été actée avant l’arrivée de Philippe Val. Par Jean-Luc Hees lui-même. Selon le quotidien Libération, Philippe Val s’est expliqué ce lundi, face à la rédaction d'Inter : « le nouveau directeur de France Inter a plaidé que la revue de presse n'est pas ce qui convient le mieux à Frédéric Pommier, et qu'il a, dans l'exercice, un problème de hiérarchisation de l'info ». Problème de hiérarchisation de l'information? Les syndicats ont leur petite idée sur la question : « Notre confrère paye surtout le fait d'avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l'époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche » affirment-ils dans un tract commun. Philippe Val et Frédéric Pommier s’étaient, en effet, violemment accrochés dans un studio il y a quelques mois le premier reprochant au second de favoriser Siné Hebdo dans ses revues de presse. « Si c’est le cas, c’est au mieux maladroit, au pire scandaleux » estime un journaliste, étonné par la décision « On peut difficilement commencer plus mal un mandat, la revue de presse c’est un enjeu important de la matinale : il n’y avait pas de problème d’audience. L’argument de la hiérarchisation de l’information me paraît peu convaincant. Ca a tout l’air d'un règlement de comptes ». Philippe Val a réfuté ces accusations reconnaissant le « talent » de Frédéric Pommier, il a expliqué qu’il avait « d’autres projets pour lui ». Il était difficile lundi de recueillir des opinions parmi les personnalités de la radio. Le portable de Nicolas Demorrand, qui s'était porté garant, devant François Bayrou, de l'indépendance de la station, sonnait dans le vide. Charlie Hebdo-Val: conflit d'intérêtsDéjà violents en fin de semaine dernière, lors de la prise de fonction de Philippe Val, les syndicats ont mis en garde en garde la direction de France-Inter : « Nous le répétons une dernière fois avant qu’un grave conflit ne s’ouvre. Les journalistes de France Inter n’ont qu’une exigence : continuer à assurer leur travail de présentateurs, de reporters, de spécialistes, calmement, sérieusement, professionnellement, librement. La liberté éditoriale ne se discute pas. Les syndicats SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT et SUD demandent solennellement à la direction de France Inter de revenir sur cette décision inacceptable pour toute la rédaction ». Du côté de Charlie Hebdo, personne ne semblait au courant de la décision cet après-midi. Les nouveaux responsables semblaient presque soulagés de ce que Val ne fût plus leur patron. De son côté, Bernard Maris ne paraissait pas trop choqué par le sort de Frédéric Pommier. Si Charlie n’est pas directement en cause dans cette affaire, il n’en reste pas moins que Philippe Val est toujours actionnaire du journal. Et la question se pose de savoir si le prochain journaliste en charge de la revue de presse se devra par contrat de citer Charlie Hebdo toutes les semaines afin de satisfaire aux critères de hiérarchisation de l’information du patron. Vaste blague ! On aimerait pouvoir en rire, mais de véritables inquiétudes se font jour et « la question du conflit d’intérêts que nous avions déjà soulevés se pose sérieusement », note un syndicaliste. A suivre...
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