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Patrick Sébastien se lance dans la chanson mal-engagéeRégis Soubrouillard | Mardi 3 Mars 2009 à 12:00 | Lu 16619 fois
Désireux d'apporter son soutien aux luttes sociales, Patrick Sébastien a sorti un nouveau lapin de son chapeau: la chanson à boire de bonne intention mal engagée. Ça s'appelle «On voudrait des sous». Avec un passage en créole pour nos amis d'Outre-Mer!
« Debout ! les damnés de la terre
Debout ! les forçats de la faim La raison tonne en son cratère : C’est l’éruption de la fin Du passé faisons table rase Foule esclave, debout ! debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! » Vous aviez aimé l’Internationale, passez votre chemin ! En ces temps de luttes sociales, sans doute animé d’un aimable sentiment au départ, un brin récupérateur aussi, après Le petit bonhomme en mousse, Patrick Sébastien a décidé de s’attaquer à la chanson engagée. Le résultat est pour le moins « incertain ». « On voudrait des sous pour aller danser » L’animateur de France 2 n’en a cure. Interrogé par jeanmarcmorandini.com, il explique, lucide : « J'ai voulu faire cette chanson très vite en raison de la situation sociale actuelle. Après avoir pourri les mariages et les communions, je vais pourrir les manifestations ! Pour moi ce titre est le reflet de la situation actuelle ». L’hymne de l’animateur affiche, en effet, la couleur avec un titre férocement revendicatif : « On voudrait des sous ! ». Certes, là dessus, tout le monde s’entendra peu ou prou. La suite est plus discutable « On voudrait des sous pour acheter des frites, on voudrait des sous pour aller danser. Il faudrait très vite qu’on nous donne des sous pour les dépenser ». Une ode à la société de consommation, en somme. « Nous bisoin l’argent pou’ acheter banane » Afin de coller au plus près de l’actu, sinon de l'Histoire en marche, Patrick Sébastien a même ajouté un passage en créole : « Je le dédie à mes amis de Guadeloupe et de Martinique. Je le chanterai sur France 2 lors de mon émission d'Avril ». C’est là que l’animateur se montre encore moins inspiré : « Nous bisoin l’argent pou’ acheter banane, nous bisoin l’argent pou’ bien biguiner, pou’ sortir Madam’ ». A peu près aussi caricatural qu’un Christophe Barbier, Normale Sup en moins, ce qui vaut, dans l’absolu seulement, certaines excuses à Patrick Sébastien. Dans un éditorial récent, le directeur de l’Express ramenait, en effet, l’Outre-Mer à son statut « d’assisté » sur le thème : «On vous paye tout, on vous dit rien, alors fermez-la !». Le style et la diplomatie du normalien en sus. «Chanter à la Patrick Sébastien et éditorialiser à la Christophe Barbier». Ce qui donne, le Barbier dans le texte : « Quand leurs concitoyens du lointain ont besoin d’aide, les contribuables de l’Hexagone ferment rarement leur porte-monnaie. Aux Français des tropiques qui veulent travailler à l’antillaise et consommer à la métropolitaine, rappelons qu’il faut labourer la terre arable pour qu’elle lève d’autres moissons que celle du songe et que, hors de la France, les Antilles seraient au mieux une usine à touristes américains, au pire un paradis fiscal rongé par la mafia, ou un Haïti bis ravagé par des « tontons macoutes » moins débonnaires qu’Yves Jégo… ». « Travailler à l’antillaise et consommer à la métropolitaine », deux jugements de valeur dont l'ambigüité n'aura pu échapper à personne. Un peu comme «Chanter à la Patrick Sébastien et éditorialiser à la Christophe Barbier».
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