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Pasqua relaxé, nouvelle défaite du juge Courroye

Samedi 30 Avril 2011 à 05:01 | Lu 12169 fois I 47 commentaire(s)

Frédéric Ploquin - Marianne

Charles Pasqua a été officiellement relaxé dans l'affaire de l'Angolagate, ainsi que Arcadi Gaydamak et Jean-Charles Marchiani. Au total, une affaire qui a été bien plus instrumentalisée dans un règlement de compte politique que judiciairement fondée. Et l'avocat de Charles Pasqua de rappeler aux journalistes de prendre du recul sur les informations qu'ils obtiennent.


« La victoire du professionnalisme » : c’est en ces termes que M° Lev Forster a accueilli le verdict de la cour d’Appel de Paris dans l’affaire de l’Angolagate, rendu ce 29 avril. Dix ans d’une instruction surmédiatisée pour en arriver à constater qu’il n’y avait rien à reprocher à son client, Charles Pasqua. Et que le trafic d’armes imputé aux hommes d’affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak ne tenait pas, puisqu’ils étaient officiellement mandatés par le gouvernement démocratique angolais pour les fournir…

Sombre bilan pour la justice, en particulier pour le Philippe Courroye, dont ce fut la dernière affaire comme juge d’instruction (il est ensuite devenu procureur à Nanterre), mais aussi pour le journalisme d’investigation, qui a repris comme un seul homme, ou presque, des bribes d’information sans prendre le moindre recul.
 
Ces hommes puissants étaient forcément coupables, jusqu’au jour où un président de cour d’appel a tout simplement « fait son boulot », comme dit M° Forster. « Dans cette affaire, explique-t-il, les préjugés ont été considérables. La justice a été instrumentalisée dans le cadre d’un règlement de compte politique à l’égard de Charles Pasqua, qui a commis le « crime » de créer son propre mouvement politique après avoir devancé Nicolas Sarkozy aux élections européennes. Pour lui, ce sont dix années d’opprobre qui se dissipent brusquement ».
 
C’est en effet le deuxième jugement consécutif qui éclaircit l’avenir judiciaire de l’ancien cacique du RPR, après celui de la cour de justice de la république dans l’affaire du casino d’Annemasse, où il était également poursuivi pour corruption. La cour d’appel explique aujourd’hui que Pasqua n’a jamais « vendu » la moindre médaille du mérite, contrairement à la thèse défendue jusque là par l’accusation. Si une telle médaille a bien été épinglée au revers de la veste d’Arcadi Gaydamak, c’est qu’il a effectivement contribué à la libération des pilotes pris en otage en Bosnie, comme le franco-russe l’expliquait lui-même récemment dans un livre (Le revers de la médaille, Fayard).
 
« Ce n’est pas seulement l’échec de Philippe Courroye, commente M° Forster, car un processus judiciaire ne repose pas sur un seul homme. Le Parquet n’est pas exempt de tout reproche, car c’est lui qui a décidé des poursuites, pas plus que les instances que nous avons sollicitées au fil de l’instruction. Nous étions entrainés par un boulet qui nous a mené au fond et on ne pouvait pas l’éviter. Malgré tout, le recours à légalité est payant ». Et l’avocat, qui a connu des expériences similaires avec deux autres illustres clients, Dominique Strauss Khan et Julien Dray, eux aussi innocentés au terme d’instructions plus politiques et médiatiques que judiciaires, de mettre en garde les journalistes contre les fuites dont ils bénéficient. « On ne donne pas seulement des informations aux journalistes pour leur bien, dit-il, on se sert d’eux. Il faut se méfier de la justice spectacle qui vise à stigmatiser tel ou tel personnage ».








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