Marianne2 2012

Parité n'est pas synonyme d'égalité

Dimanche 12 Septembre 2010 à 17:01 | Lu 4946 fois I 12 commentaire(s)

L'observatoire des inégalités - Vent des blogs

L'Observatoire des inégalités publie un extrait de l'interview de la sociologue Irène Théry au magazine La Vie. Egalité homme/femme, couple, famille, travail, la chercheuse aborde tous ces sujets sans langue de bois.


Féministe depuis 1968, mais pas doctrinaire. Voilà comment se revendique Irène Théry, sociologue du droit, de la famille et de la vie privée, auteure d’un ouvrage remarqué, le Démariage, et plus récemment De la Distinction de sexe (parus chez Odile Jacob). Rétive aux catégorisations simplistes, entre hommes machos et femmes victimes, elle préfère regarder comment se jouent et se nouent les relations entre les deux sexes, depuis que nous sommes sortis de la société hiérarchique.

Son credo : l’égalité hommes-femmes ne se réduira pas à une politique réussie de quotas équilibrant les places et les rôles entre les deux sexes. Cela passera aussi par une refonte globale de notre système de relations sociales. Pour elle, nous ne sommes qu’aux prémices de cette révolution. Couple, famille, parentalités, filiation, elle nous donne ici sa vision des reconfigurations possibles de notre société. Ses prises de position peuvent déconcerter, reste que ses analyses et ses arguments apportent une certaine sérénité à des débats qui en manquent souvent singulièrement.


Parité n'est pas synonyme d'égalité
Un rapport préconise 40 % de femmes à la tête des entreprises françaises d’ici à six ans. Après la loi sur la parité, la marche vers l’égalité avec les hommes est-elle en bonne voie ?
Irène Théry : Parmi les questions qui suscitent le plus d’espoir, il y a légitimement celle d’imaginer des sociétés construites sur cette valeur d’égalité de sexe. Mais il faut bien voir que cette idée, portée aujourd’hui comme la valeur cardinale de nos démocraties, est très nouvelle. Elle date des années 1970. Auparavant, en France, et même si la Révolution avait proclamé l’égalité des individus, notre société admettait une hiérarchie des sexes dans la vie publique ou familiale. Le vote des femmes ne date que de 1945 et l’abandon de l’autorité maritale et paternelle de 1970. En fait, nous ne savons pas ce qu’est une société fondée sur le principe d’égalité des sexes. En tout cas, il me semble bien naïf de penser que parce qu’on ne fera plus de différence entre un homme et une femme ou qu’on aura mis 50 % de femmes dans une assemblée, on sera dans l’égalité. La parité ne peut être présentée comme un idéal d’égalité. Pour moi, elle enferme les femmes dans une moitié d’humanité, les poussant à « challenger » entre elles.








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