Parisot votera-t-elle Aubry ?
Lundi 27 Juin 2011 à 18:01 | Lu 7251 fois I 0 commentaire(s)
Astrid Gouzik - Marianne
Lundi dans le Parisien, la présidente du Medef, Laurence Parisot, déclarait qu'elle verrait bien une femme gouverner la France... Mais à qui pensait-t-elle ?
( photos Wikimédia commons )
Ce lundi, le Parisien réserve deux pages à Laurence Parisot, présidente du Medef, interrogée sur la « misogynie du monde politique et les pratiques sexistes dont elle fût victime ». Jusque-là, rien de bien étonnant. Après le marasme de l’affaire DSK, les témoignages ont déferlé sur le sujet.
La vraie surprise se cache dans le bloc intitulé « l’appel aux candidats à l’élection présidentielle ». Une femme élue présidente de la République ? « Ce serait bien, même si ce n’est bien sûr pas le seul critère », explique Laurence Parisot. La patronne des patrons serait donc favorable à la désignation d’une des candidates ! Mais laquelle ?
Au choix. Marine Le Pen ? Certainement pas… « Dans les propositions économiques et sociales de Marine Le Pen, rien ne me séduirait, rien ! », déclarait-elle en février sur Europe 1. Et d’ajouter : « je pense qu’elle est dans une vision complètement obsolète des enjeux du monde d’aujourd’hui ». À coup sûr, elle ne fait donc pas référence à la présidente du FN lorsqu’elle imagine une femme diriger la France…
Eva Joly alors? Toutes deux témoignaient dans le livre de Hervé Gattegno et Anne-Cécile Sarfati, Femmes au pouvoir. Elles y expliquaient comment chacune a dû en imposer pour atteindre des postes à haute responsabilité, généralement réservés à la gent masculine. Certes. Mais il existe entre les deux femmes un point de discorde majeur que même la lutte contre le sexisme ne pourra pas réconcilier. Alors qu’Eva Joly saluait la décision d’Angela Merkel de sortir du nucléaire, Laurence Parisot émettait, elle, quelques réserves.
Passons sur un possible appui de la présidente du Medef au porte-parole de Lutte Ouvrière, candidate à la présidentielle, Nathalie Arthaud. L’hypothèse est peu plausible. Aussi peu crédible qu’un soutien à Christine Boutin.
Il ne reste plus à Laurence Parisot que les candidates socialistes Aubry et Royal. Or selon un sondage Ifop paru ce lundi dans France-Soir, c’est la première secrétaire du PS qui dame le pion à la candidate malheureuse de 2007. Si François Hollande reste en tête avec 37% chez les sympathisants de gauche, Martine Aubry recueille 34% des voix (-1). Et elle devance nettement Ségolène Royal (13%).
Alors Laurence Parisot faisait-elle allusion à Martine Aubry ? Probablement si l’on considère qu’il s’agit bien de celle, avec Marine Le Pen, qui est la mieux placée pour 2012. Si la patronne du Medef trouve que « ça serait bien » quand même d’avoir une femme présidente de la République, elle devra probablement miser sur Aubry, malgré leurs quelques désaccords (sur le nucléaire notamment), et même si elle a récemment demandé à rencontrer François Hollande, selon L’Express. Peut-être Laurence Parisot pense-t-elle aussi à l'époque de la Fondation Agir contre l'exclusion, grâce à laquelle Martine Aubry s'est constituée, dans les années 1980, un carnet d'adresses patronal qui comprenait, entre autres, l'un des prédécesseurs de Laurence Parisot, Jean Gandois.
« Le projet phare pourrait être l’instauration d’une véritable égalité hommes-femmes dans la société », déclare-t-elle dans le Parisien… De là à voter pour Martine Aubry, candidate socialiste, à la prochaine présidentielle ? L’histoire ne le dit pas encore !
La vraie surprise se cache dans le bloc intitulé « l’appel aux candidats à l’élection présidentielle ». Une femme élue présidente de la République ? « Ce serait bien, même si ce n’est bien sûr pas le seul critère », explique Laurence Parisot. La patronne des patrons serait donc favorable à la désignation d’une des candidates ! Mais laquelle ?
Au choix. Marine Le Pen ? Certainement pas… « Dans les propositions économiques et sociales de Marine Le Pen, rien ne me séduirait, rien ! », déclarait-elle en février sur Europe 1. Et d’ajouter : « je pense qu’elle est dans une vision complètement obsolète des enjeux du monde d’aujourd’hui ». À coup sûr, elle ne fait donc pas référence à la présidente du FN lorsqu’elle imagine une femme diriger la France…
Eva Joly alors? Toutes deux témoignaient dans le livre de Hervé Gattegno et Anne-Cécile Sarfati, Femmes au pouvoir. Elles y expliquaient comment chacune a dû en imposer pour atteindre des postes à haute responsabilité, généralement réservés à la gent masculine. Certes. Mais il existe entre les deux femmes un point de discorde majeur que même la lutte contre le sexisme ne pourra pas réconcilier. Alors qu’Eva Joly saluait la décision d’Angela Merkel de sortir du nucléaire, Laurence Parisot émettait, elle, quelques réserves.
Passons sur un possible appui de la présidente du Medef au porte-parole de Lutte Ouvrière, candidate à la présidentielle, Nathalie Arthaud. L’hypothèse est peu plausible. Aussi peu crédible qu’un soutien à Christine Boutin.
Il ne reste plus à Laurence Parisot que les candidates socialistes Aubry et Royal. Or selon un sondage Ifop paru ce lundi dans France-Soir, c’est la première secrétaire du PS qui dame le pion à la candidate malheureuse de 2007. Si François Hollande reste en tête avec 37% chez les sympathisants de gauche, Martine Aubry recueille 34% des voix (-1). Et elle devance nettement Ségolène Royal (13%).
Alors Laurence Parisot faisait-elle allusion à Martine Aubry ? Probablement si l’on considère qu’il s’agit bien de celle, avec Marine Le Pen, qui est la mieux placée pour 2012. Si la patronne du Medef trouve que « ça serait bien » quand même d’avoir une femme présidente de la République, elle devra probablement miser sur Aubry, malgré leurs quelques désaccords (sur le nucléaire notamment), et même si elle a récemment demandé à rencontrer François Hollande, selon L’Express. Peut-être Laurence Parisot pense-t-elle aussi à l'époque de la Fondation Agir contre l'exclusion, grâce à laquelle Martine Aubry s'est constituée, dans les années 1980, un carnet d'adresses patronal qui comprenait, entre autres, l'un des prédécesseurs de Laurence Parisot, Jean Gandois.
« Le projet phare pourrait être l’instauration d’une véritable égalité hommes-femmes dans la société », déclare-t-elle dans le Parisien… De là à voter pour Martine Aubry, candidate socialiste, à la prochaine présidentielle ? L’histoire ne le dit pas encore !
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