Palestine: la fin d'Oslo et le début d'autre chose ?
Mardi 4 Mai 2010 à 17:01 | Lu 5482 fois I 7 commentaire(s)
Jean- Louis Denier
C’est le nouveau pari palestinien : se tourner vers l’ONU afin d’obtenir une « indépendance/reconnaissance » en réactivant, en partie, la (vieille) résolution du 29/11/1947. Une initiative qui fait écho à «l'Appel juif en faveur de la raison» lancé aujourd'hui à Bruxelles. Futur coup de maître ou ... d’épée dans l’eau ? Le journaliste Jean-Louis Denier propose un décryptage.
La rumeur court dans les chancelleries et commence à faire florès dans les médias ... les Palestiniens seraient sur le point de se livrer à une blitzkrieg diplomatique afin de prendre Israël de court.
De quoi s’agit-il ?
D’une stratégie et d’une tactique.
De quoi s’agit-il ?
D’une stratégie et d’une tactique.
La première part et se construit sur la base d’un constat on ne peut plus réaliste, celui d’un échec : depuis Oslo en 1993, les pourparlers n’ont apporté aux Palestiniens qu’une ... augmentation des colonies israéliennes.
Dés lors, négocier en vain ne sert à rien à défaut de peser de tout le poids d’un « Etat » véritable, c’est-à-dire d’une légitimité politique et juridique souveraine reconnue internationalement et qui, seule, permet d’arracher de véritables concessions. Raison pour laquelle, Salam Fayyad - (lien http://www.marianne2.fr/Un-joker-nomme-Salam-Fayyad_a169969.html ) – et Mahmoud Abbas, respectivement Premier Ministre et Président de l’Autorité Palestinienne, réfléchissent tout haut (afin que cela se sache) à une dissolution de cette dernière et à la proclamation d’un État à part entière en lieu et place.
Et, afin de préparer le terrain, Salam Fayyad multiplie depuis mois les initiatives, tel un plan pour la proclamation d’un Etat palestinien à l’horizon 2012 au plus tard, lequel comporte une disposition de déclaration d’indépendance unilatérale.
La tactique, quant à elle, est celle des deux fers au feu.
D’un côté, Salam Fayyad déclare qu’il faut laisser le temps au temps afin de ne pas se précipiter et baliser le chemin qui mène à l’Etat, balisage passant par la démonstration de la capacité palestinienne à gérer efficacement ses propres affaires en matière de sécurité, de justice, de finances publiques, d’éducation ... bref à exercer pleinement les prérogatives régaliennes qui font d’un Etat ce qu’il est, un pouvoir qui modèle, organise et se fait obéir.
D’un autre côté, Saëb Erakat, négociateur mandaté pour mener les pourparlers avec Israël, déclare : « Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d’obtenir son soutien à la création d’un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967. ». Le tempo, là, est différent. Il est plus rapide et surtout plus déterminant en fait de rupture. Il consiste, en effet, d’une part, à se prévaloir du magistère de l’ONU et de sa solution de dessin des frontières définitives après l’avoir boudé pendant longtemps, d’autre part, à placer Israël devant un double dilemme : 1°. conserver globalement, par voie de reconnaissance internationale actée par traité, les acquis géostratégiques de la Guerre des Six Jours, voire un peu plus, mais avoir à lâcher vraisemblablement une partie de Jérusalem. 2°. accepter voire subir l’intervention d’un tiers extérieur non étatsunien dans le règlement territorial « concret » (future cartographie « officielle » de deux Etats et de leurs capitales respectives) ou se cantonner - une fois de plus, une fois de trop ... ? – dans le rôle de l’« entité sioniste » illégitime, foncièrement égoïste et uniquement oppressive telle que les partisans de la cause palestinienne aiment à présenter systématiquement Israël.
Dés lors, négocier en vain ne sert à rien à défaut de peser de tout le poids d’un « Etat » véritable, c’est-à-dire d’une légitimité politique et juridique souveraine reconnue internationalement et qui, seule, permet d’arracher de véritables concessions. Raison pour laquelle, Salam Fayyad - (lien http://www.marianne2.fr/Un-joker-nomme-Salam-Fayyad_a169969.html ) – et Mahmoud Abbas, respectivement Premier Ministre et Président de l’Autorité Palestinienne, réfléchissent tout haut (afin que cela se sache) à une dissolution de cette dernière et à la proclamation d’un État à part entière en lieu et place.
Et, afin de préparer le terrain, Salam Fayyad multiplie depuis mois les initiatives, tel un plan pour la proclamation d’un Etat palestinien à l’horizon 2012 au plus tard, lequel comporte une disposition de déclaration d’indépendance unilatérale.
La tactique, quant à elle, est celle des deux fers au feu.
D’un côté, Salam Fayyad déclare qu’il faut laisser le temps au temps afin de ne pas se précipiter et baliser le chemin qui mène à l’Etat, balisage passant par la démonstration de la capacité palestinienne à gérer efficacement ses propres affaires en matière de sécurité, de justice, de finances publiques, d’éducation ... bref à exercer pleinement les prérogatives régaliennes qui font d’un Etat ce qu’il est, un pouvoir qui modèle, organise et se fait obéir.
D’un autre côté, Saëb Erakat, négociateur mandaté pour mener les pourparlers avec Israël, déclare : « Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d’obtenir son soutien à la création d’un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967. ». Le tempo, là, est différent. Il est plus rapide et surtout plus déterminant en fait de rupture. Il consiste, en effet, d’une part, à se prévaloir du magistère de l’ONU et de sa solution de dessin des frontières définitives après l’avoir boudé pendant longtemps, d’autre part, à placer Israël devant un double dilemme : 1°. conserver globalement, par voie de reconnaissance internationale actée par traité, les acquis géostratégiques de la Guerre des Six Jours, voire un peu plus, mais avoir à lâcher vraisemblablement une partie de Jérusalem. 2°. accepter voire subir l’intervention d’un tiers extérieur non étatsunien dans le règlement territorial « concret » (future cartographie « officielle » de deux Etats et de leurs capitales respectives) ou se cantonner - une fois de plus, une fois de trop ... ? – dans le rôle de l’« entité sioniste » illégitime, foncièrement égoïste et uniquement oppressive telle que les partisans de la cause palestinienne aiment à présenter systématiquement Israël.
Un contexte favorable c’est-à-dire ... défavorable à Israël
Pourquoi ces initiatives et déclarations palestiniennes ?
Parce que jamais l’environnement international n’a paru si favorable à la cause palestinienne, tant en terme de soutien tacite ou avéré qu’en terme de doute voire de rejet des visées et méthodes israéliennes, et ce au sein même des communautés juives de par le monde et de certains de leurs plus brillants représentants.
Sur ce dernier point, la dernière initiative de l’« European Jewesh Call for Reason », à savoir une pétition intitulée l’« Appel à la Raison », résonne comme une condamnation sans ambages de la politique de B. Netanyahou puisqu’il comporte deux affirmations on ne peut plus claires : « L’alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l’encontre des intérêts véritables de l’Etat d’Israël », puis « (...) l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est, qui sont une erreur politique et une faute morale ».
Parce que jamais l’environnement international n’a paru si favorable à la cause palestinienne, tant en terme de soutien tacite ou avéré qu’en terme de doute voire de rejet des visées et méthodes israéliennes, et ce au sein même des communautés juives de par le monde et de certains de leurs plus brillants représentants.
Sur ce dernier point, la dernière initiative de l’« European Jewesh Call for Reason », à savoir une pétition intitulée l’« Appel à la Raison », résonne comme une condamnation sans ambages de la politique de B. Netanyahou puisqu’il comporte deux affirmations on ne peut plus claires : « L’alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l’encontre des intérêts véritables de l’Etat d’Israël », puis « (...) l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est, qui sont une erreur politique et une faute morale ».
Le risque du « jour d’après » l’indépendance
Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.
Malgré la bonne volonté de Salam Fayyad dont le plan, évoqué ci-avant, prévoit que la Palestine sera « un Etat pacifique rejetant la violence et engagé pour la coexistence avec ses voisins », les violences entre factions palestiniennes constituent l’un des obstacles majeurs à l’accomplissement serein d’une accession à l’indépendance.
Et l’on doit reparler du Hamas ... .
L’organisation islamiste « tient » Gaza – véritable épine pour toute souveraineté exercée à partir de la Cisjordanie - et exècre, et le Fatah, et toute velléité de partage et politique et religieux, de la Palestine d’une part, et surtout de Jérusalem (Al Quds) d’autre part. A cet égard, remarquons que, pour le Hamas, la cité où la main de Dieu a conduit le Prophète auprès de lui est terre d’Islam et donc unique, sacrée et indivisible. Dés lors, le fait de renoncer à cette logique est, de ce point de vue, tout simplement blasphématoire et donc ... criminel.
Par ailleurs, le Hamas peut se targuer d’une légitimité électorale lui conférant le droit de participer à de futures négociations sur la question de la Palestine indépendante (Cisjordanie + Gaza) et de la configuration d’un Etat palestinien. A cet égard, l’approche « laïque » du Fatah ne peut que révulser cette organisation qui prend comme modèle la théocratique République Islamique Iranienne, peu importe le fait qu’elle soit chiite.
De fait, le jour d’après de l’indépendance pourrait fort bien être celui de la guerre civile entre Palestiniens à l’image de la guerre civile entre Irlandais au lendemain de la proclamation de l’Etat Libre d’Irlande au début des années 1920.
Ce fait n’échappera donc pas à tous ceux qui ont intérêt à ce que se perpétue une situation de « non-paix » et gageons que le Hamas sera encouragé à se montrer intransigeant voire même prochainement agressif notamment par ses « parrains » syriens et iraniens si leur intérêt géopolitique l’exige sans écarter, également, de possibles manipulations d’extrémistes israéliens ayant pénétré l’appareil d’Etat israélien - et notamment ses services spéciaux ... – capables, par ce moyen, de tirer les bonnes ficelles de la marionnette islamiste ... .
Malgré la bonne volonté de Salam Fayyad dont le plan, évoqué ci-avant, prévoit que la Palestine sera « un Etat pacifique rejetant la violence et engagé pour la coexistence avec ses voisins », les violences entre factions palestiniennes constituent l’un des obstacles majeurs à l’accomplissement serein d’une accession à l’indépendance.
Et l’on doit reparler du Hamas ... .
L’organisation islamiste « tient » Gaza – véritable épine pour toute souveraineté exercée à partir de la Cisjordanie - et exècre, et le Fatah, et toute velléité de partage et politique et religieux, de la Palestine d’une part, et surtout de Jérusalem (Al Quds) d’autre part. A cet égard, remarquons que, pour le Hamas, la cité où la main de Dieu a conduit le Prophète auprès de lui est terre d’Islam et donc unique, sacrée et indivisible. Dés lors, le fait de renoncer à cette logique est, de ce point de vue, tout simplement blasphématoire et donc ... criminel.
Par ailleurs, le Hamas peut se targuer d’une légitimité électorale lui conférant le droit de participer à de futures négociations sur la question de la Palestine indépendante (Cisjordanie + Gaza) et de la configuration d’un Etat palestinien. A cet égard, l’approche « laïque » du Fatah ne peut que révulser cette organisation qui prend comme modèle la théocratique République Islamique Iranienne, peu importe le fait qu’elle soit chiite.
De fait, le jour d’après de l’indépendance pourrait fort bien être celui de la guerre civile entre Palestiniens à l’image de la guerre civile entre Irlandais au lendemain de la proclamation de l’Etat Libre d’Irlande au début des années 1920.
Ce fait n’échappera donc pas à tous ceux qui ont intérêt à ce que se perpétue une situation de « non-paix » et gageons que le Hamas sera encouragé à se montrer intransigeant voire même prochainement agressif notamment par ses « parrains » syriens et iraniens si leur intérêt géopolitique l’exige sans écarter, également, de possibles manipulations d’extrémistes israéliens ayant pénétré l’appareil d’Etat israélien - et notamment ses services spéciaux ... – capables, par ce moyen, de tirer les bonnes ficelles de la marionnette islamiste ... .
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