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Paillé : et si Bayrou était président ?

Vendredi 23 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 14628 fois I 22 commentaire(s)

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur

Dans son livre de politique-fiction à paraître début janvier, Dominique Paillé imagine les cinq premiers mois à l’Elysée du nouveau président. Dans le rôle de l’heureux élu… François Bayrou. Hommage du radical à son ancien chef ou cynisme audacieux ?


(François Bayrou - Capture d'écran Dailymotion - bayrou - cc)
(François Bayrou - Capture d'écran Dailymotion - bayrou - cc)
Voilà des mois que Dominique Paillé planche sur son prochain opus. Pas question de s’épancher sur son parcours politique comme dans Les habits neufs des faux centristes, cette fois, le radical a décidé de faire confiance à son imagination – qu’il a fort féconde
 
A la demande express de Grasset qui « cherchait un homme de droite », selon les termes de Paillé, pour écrire sur la présidentielle à venir, l’ancien député passé par le PSU, l’UDF, le PR, et Sarkozy –ce qui fait de lui un homme de droite ?-, a pris la plume pour verser dans le romanesque. Un romanesque politique puisque le livre narre les cinq premiers mois du nouveau président, du soir du premier tour de la présidentielle au mois de septembre qui suit l’élection. 
 
Intitulé Panique à l’Elysée, cet ouvrage de politique-fiction offre à l’ex-sarkozyste l’occasion de décocher quelques flèches en direction de ses anciens amis et actuels ennemis. En imaginant un second tour Marine Le Pen/François Bayrou, Dominique Paillé sanctionne le bilan de Nicolas Sarkozy, trop mauvais pour assurer sa réélection, tellement désastreux que les électeurs l’évincent dès le premier tour.  Et au cas où l’élimination prématurée du monarque ne serait pas assez osée, l’ancien porte-parole de l’UMP se félicite d’avoir pimenté le tout avec « une dizaine de pages de flash back de l’année 2011 ». Histoire d’avoir un peu plus de lignes pour égratigner le président. 

Remaniement littéraire

Mais la vraie surprise de l’ouvrage réside dans le choix du président fraichement élu. A l’issue d’un 21 avril pas vraiment à l’envers - ce n’est pas un candidat de gauche mais un centriste qui fait face à la patronne frontiste -, François Bayrou se retrouve propulsé sur le trône élyséen. Une projection littéraire qui fait rire jaune l’intéressé. « Paillé ne cesse de me critiquer, à un moment, il disait même que je ne serai pas candidat et là, il me fait président ! », s’étouffe presque le troisième homme de 2007. « Je ne suis pas très tendre avec lui non plus », nuance Paillé. Pourquoi alors avoir choisi d’affubler Bayrou des habits seyants du chef de l’Etat ? « Parce que Borloo a renoncé ! » Evidemment. 
 
Jusqu’à la fameuse marche arrière embrayée par Jean-Louis Borloo ce soir de novembre,  le président du livre de Paillé n’était autre que le patron du Parti radical. Mais une fois ce dernier retiré de la course à l’Elysée, difficile de publier un ouvrage avec un personnage principal fictif qui dans la réalité n’est plus que secondaire. 
 

Désir de centre

Car le livre a beau n’être qu’un roman, l’auteur souhaitait un scénario plausible.
 
Malgré l’abandon précoce de son candidat de prédilection, Dominique Paillé répète à l’envi sa certitude profonde pour 2012 : « Il y a un espace pour un centriste, les gens n’ont pas d’appétit pour Sarkozy, ni même pour Hollande. » Bayrou président, dans l’esprit de Paillé, « c’est possible ». De là à voter pour lui ? 

Article modifié le 23/12 à 19h40









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