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PS: un fauteuil pour deux. En vrai.Bénédicte Charles | Samedi 22 Novembre 2008 à 10:04 | Lu 18335 fois
Avec seulement 18 voix d'avance, ce qui est très peu dans un parti connu pour ses pratiques électorales internes parfois légères, Martine Aubry doit attendre la semaine prochaine et la tenue du conseil national du parti pour savoir si son élection au poste de Premier secrétaire est validée. Ou pas : Ségolène Royal a d'ores et déjà demandé un nouveau scrutin.
Résumons : après un vote sur les motions, le 6 novembre dernier, qui n’avait dégagé aucune majorité , après un Congrès de Reims d’où aucune synthèse, même partielle, n’est sortie , après la constitution en quatre jours d’un TSS (Tout sauf Ségolène) avec Martine Aubry pour chef , le PS, exsangue, vient de subir une nouvelle épreuve. Cette nuit, alors que les militants étaient invités à voter pour départager Martine Aubry et Ségolène Royal, le parti s’est fracturé en deux blocs quasi égaux. En effet, Aubry ne l’emporte sur sa rivale qu’avec 18 voix d’avance !
Toute la nuit, les rumeurs contradictoires ont couru sur l’issue de cet étrange scrutin. Et finalement, vers six heures du matin, la direction du PS a confirmé la victoire de la maire de Lille avec 50,02% des suffrages, soit 67 413 voix, contre 67 371 pour Ségolène Royal. 18 voix, c'est très peu. Surtout quand on sait les efforts déployés par Aubry pour rassembler son TSS : l'alliance avec Fabius, puis l'entente avec Jospin, l'accord avec Hamon et même la réconciliation avec Delanoë! 18 voix, c’est très peu. Surtout quand on sait que des fédérations importantes comme les Bouches-du-Rhône ou le Nord traînent une mauvaise réputation côté fraude. La direction du parti avait d’ailleurs mené une opération « vote propre » peu avant le début du Congrès , et envoyé une circulaire aux délégués. Il serait naïf de croire qu’elle a été suivie à la lettre. C’est dans ce contexte que Ségolène Royal a décidé de contester le scrutin, et de réclamer un nouveau vote. Le conseil national du parti, qui devrait se tenir la semaine prochaine et doit entériner (ou pas) les résultats du vote, en décidera. Certes, ce conseil national est loin d’être favorable à Ségolène Royal. Mais valider la trop courte victoire de Martine Aubry, ce serait risquer de mettre à la tête du PS un Premier secrétaire privé de légitimité. Ce serait la pire des choses. Quoiqu’au PS, on ne peut jamais jurer de rien. Article réactualisé à 19h40
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