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PS: la primaire n’est pas la fin du parti de militants

Vendredi 21 Octobre 2011 à 15:01 | Lu 2625 fois I 10 commentaire(s)

Henri Weber - Carte blanche

La « primaire ouverte » a été un franc succès, notamment car elle répondait à la demande des citoyens désireux de peser sur les décisions qui les concernent. S'ouvrant à tous, elle constitue une innovation démocratique considérable qui n'a en aucun cas amoindri le rôle des militants du PS.


La primaire citoyenne ne dispense pas le PS de procéder à la rénovation de son programme, de son organisation, de ses pratiques militantes. Elle a été conçue pour deux raisons : faire face à la crise de leadership du parti depuis la démission de Lionel Jospin, en juin 2002. Puisque les socialistes ne parvenaient pas à s’accorder sur un leader – handicap dirimant dans notre démocratie présidentielle et médiatique –, ils ont décidé de s’entendre sur une procédure de désignation laissant ses chances à chacun.
 
Mais la « primaire ouverte » est aussi la réponse à un défi plus général : les citoyens sont beaucoup plus informés et cultivés que ne l’étaient ceux des générations antérieures, ils aspirent à peser davantage sur les décisions qui les concernent, être écoutés, entendus. Les partis démocratiques doivent les associer à l’élaboration de leurs propositions, mais aussi au choix de leurs candidats. Dans notre nouvel âge de la démocratie – démocratie médiatique et sondagière, certes, mais aussi individualiste, sceptique –, les partis de militants ne sont ni obsolètes ni superflus. Aucun institut de sondage, aucune agence de communication ne peut assumer à leur place la fonction intellectuelle d’élaboration programmatique et de lutte idéologique, la fonctions politiques d’opposition d’exercice du pouvoir, la fonction électorale de sélection des candidats. L’omniprésence des écrans ne remplace pas le porte-à-porte militant pour gagner les batailles politiques.

Ce que montre la primaire, c’est qu’il est possible d’étendre aux sympathisants et aux électeurs de gauche le droit de désigner le candidat sans amoindrir le rôle du parti et des militants. Ce rôle a été au contraire rehaussé en trouvant de nouveaux points d’application : ses militants et ses élus ont assuré le succès de la primaire en s’investissant dans son organisation matérielle, mais aussi en animant le débat public entre les représentants des candidats. Loin de passer sous la table, le PS a réussi comme jamais à faire valoir ses propositions et ses leaders, en donnant une belle image de la politique et de lui-même.
 
Faut-il étendre ce mode de désignation à d’autres mandats ? La « primaire ouverte » est bienvenue chaque fois qu’il n'y a pas de candidat indiscuté – l’UMP ferait bien d’en organiser à Paris pour désigner son champion à l’élection municipale de 2014 ! Elle l’est moins quand un tel candidat existe, et c’est souvent le cas. En tout état de cause, c’est aux militants qu’il appartiendra de décider si les candidats en présence doivent être départagés par une « primaire fermée », réservée aux seuls adhérents, ou par une « primaire ouverte », mobilisant tous les électeurs socialistes, comme ce fut le cas pour l’élection présidentielle.
 
Pendant la « reine des batailles », l’innovation démocratique continue.
 
* Député européen, dernier ouvrage paru : la Nouvelle Frontière. Pour une social-démocratie du XXIe siècle (Seuil, août 2011).








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