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PACA: Michel Vauzelle se lance dans la politique de proximité pour conserver sa région

Jeudi 27 Août 2009 à 07:01 | Lu 5839 fois I 7 commentaire(s)

Jean-Claude Bouildé - Marianne

Alors que les alliances entre partis de gauche et du centre occupent le champ médiatique à quelques jours des Universités d’été de la Rochelle, certains au PS engagent le marathon des régionales autrement, Michel Vauzelle est de ceux-là. Reste à savoir qui finira la course en tête…


La planète socialiste en PACA n’en finit plus d’imaginer la multiplicité d'alliances possibles pour les élections régionales de mars prochain. Michel Vauzelle, le leader maximo du coin, peut d’un côté valser avec le Modem et satisfaire l’appétit marseillais de Jean-Noël Guerini, président PS du Conseil Général, artisan de l’alliance PS/Modem à Marseille, et plus récemment à Aix-en-Provence ; d’un autre, poursuivre l’alliance historique avec les communistes. Des communistes partagés entre la liste commune avec le PS qui garantirait un certain nombre de postes, et la liste « Front de gauche » avec les « faux frères partisans » de Mélenchon et les frères ennemis trotskistes du NPA, qui imposerait une purge d’ampleur entre les sortants et ceux qui nourrissent déjà des ambitions. Bref, la gauche de PACA est à l’image de celle du reste de la France. « Ensemble, tout est possible. » Mais « ensemble », c’est quoi au juste ?

Une certitude cependant, le magma « Europe Ecologie – Les Verts » semble vouloir faire cavalier seul pour ce qui se présente comme la ligne de départ de la prochaine présidentielle, le dernier test électoral national avant l’échéance de 2012. Rappelons que dans cette région, les listes Europe Ecologie devançaient de deux points les listes socialistes, et même de 5 points dans les Alpes Maritimes et les Hautes Alpes

Cette prise de responsabilité des écologistes peut donc se traduire comme un triomphe de la Gauche si la compétition des chapelles crée une effervescence ou comme une énième déroute si l’écart creusé avec l’UMP au premier tour apparaît trop grand. D’une façon ou d’une autre, le PS est confronté à  l’impérative nécessité de se trouver des alliés, qu’ils soient Modem, Vert, PC ou PG, quelques points peuvent faire la différence.

Michel Vauzelle lance les hostilités

Le Président socialiste sortant de la Région PACA n’est pas un renard de la politique, il n’est pas du genre à plumer le poulailler. En revanche, il a manifestement adopté une stratégie qui s’inspire de la rapidité du lièvre et de la perspicacité de la tortue… Pendant que son appareil et les militants de son appareil s’acharnent à trouver la juste alliance, il occupe le terrain politique des idées. D’une part, sur le plan local, il s’est engagé dans un processus pour renommer la Région PACA en associant les gens et lui donner un nom plus… populaire ? Il paraîtrait que le nom « Provence » a pris une longueur d’avance.

D’autre part, il a enfourché un cheval de bataille qui pourrait in fine s’avérer très payant, une pétition pour un referendum d’initiative populaire sur une Charte des Services Publics. Une charte qui reconnaîtrait notamment le droit à toute personne d’accéder à ces services, et qui exige dans son article 3 que « l’Etat (assure) la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions. » Une charte avec laquelle il peut donc faire coup double : obtenir une multitude de soutiens locaux et apparaître comme l’un des leaders de la contestation contre l’avant projet de loi Balladur qui devrait faire l’actualité de septembre. Et cela en faisant le lien entre la nécessité de sauvegarder des services publics de proximité et la future réforme des collectivités territoriales qui les mettrait en péril.

Une véritable bombe médiatique qui pourrait bien lui sauver la mise localement alors que l'avant projet de loi Balladur s’annonce explosif à gauche comme à droite. Celui-ci prévoit en effet d’affaiblir la capacité d’initiative des régions, des départements et des communes, bref... d'affaiblir beaucoup de monde. De fait, la charte a déjà recueilli l’un des deux critères pour être soumise à référendum : un nombre de parlementaires suffisants (plus de 180). Désormais, elle va devoir passer de 300 000 signatures citoyennes à plus de 4 millions. Un pari ambitieux mais qui n’apparaît plus impossible.

La région PACA sera bel et bien le théâtre d’un affrontement sans merci, tant l’issue de l’élection est incertaine dans cette région sociologiquement de droite et tenue par la gauche depuis douze ans au bénéfice de triangulaires. Une chose est sûre, si les alliances vont indéniablement compter, elles ne seront pas la seule et unique clé de voûte de cette élection.









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