Obama, un autre déçu de l'Union européenne
Le Président des Etats-Unis vient de renoncer à se rendre au sommet Union Européenne/Etats-Unis de mai prochain. Le Traité de Lisbonne n'y a rien changé : l'Europe est toujours incapable de parler d'une seule voix. D'où l'affront du retrait d'OBama au Sommet.
L’annonce de Barack Obama de ne pas se rendre au sommet Union Européenne/Etats-Unis qui devait avoir lieu à Madrid les 24 et 25 mai prochains a relancé le débat sur la fragilité politique de l’UE post-Lisbonne. Depuis la ratification du traité constitutionnel, rien n’a changé ou presque, au grand désespoir de Washington…
La relation entre Barack Obama et l’Union Européenne est marquée du sceau de l’ambigüité. Son élection avait suscité beaucoup d’espoirs au sein du Vieux continent, des espoirs qu’il s’est efforcé de combler en se rendant plus de 6 fois en Europe au cours de la première année de son mandat, soit plus qu’aucun de ses prédécesseurs.
Le président des Etats-Unis a compris qu’il devait désormais composer avec l’Europe s’il souhaitait pouvoir éteindre les différents foyers de conflits au Proche-Orient. Contrairement au passé, les Etats-Unis ne cherchent plus à empêcher la constitution d’une Europe de la défense, bien au contraire ils l’appellent de leurs vœux.
Les Etats-Unis avaient cru au Traité de Lisbonne, Barack Obama espérait que l’Europe se dote enfin d’un « numéro de téléphone unique ». Mais lassé et déçu, le Président américain a voulu marquer les esprits en annonçant qu’il ne se rendrait pas au prochain sommet transatlantique qui doit avoir lieu à Madrid.
Le président espagnol José Luis Zapatero, qui en avait fait le temps fort de la présidence espagnole de l’Union Européenne, a marqué le coup . Le New York Times n’hésitant pas à rapporter qu’il s’est senti « contrarié et humilié… ». Encore une fois, l’incompréhension prend le pas sur le message envoyé par l’administration américaine.
Le Traité de Lisbonne n’a rien changé…
Sur le papier, le Traité de Lisbonne promettait de doter l’Union Européenne d’une personnalité juridique propre : d’un président stable du conseil européen mais également d’un haut représentant pour les affaires étrangère afin de permettre à l’UE de devenir un acteur à part entière du jeu diplomatique mondial. Mais aujourd’hui ces promesses sont devenues lettres mortes. C. Ashton et H.Von Rompuy sont, comme on pouvait s’y attendre, des gouvernants fantoches toujours incapables de donner une voix commune à l’Union Européenne…
Selon les recommandations de Lisbonne, les sommets bilatéraux doivent être organisés à Bruxelles et réunir uniquement le président du conseil européen, H. Van Rompuy et le dirigeant du pays étranger. La réaction de J.L Zapatero qui s’est entêté à vouloir organiser le sommet transatlantique à Madrid est à l’image de celle de beaucoup d’autres nations européennes, qui n’acceptent pas de se plier au traité qu’elles ont pourtant signé. La réaction d’Obama permet aujourd’hui à H.Von Rompuy de sortir vainqueur de son duel face au président espagnol et d’affermir son autorité. Son porte-parole a d’ailleurs déclaré : « Une chose est claire : à l’avenir, c’est à la présidence stable (de Van Rompuy, NDLR) qu’il appartiendra de préparer et de présider les sommets. Ces rencontres se tiendront d’ailleurs à Bruxelles.»
Mais une chose est sûre, l’Europe post-Lisbonne ne parvient toujours pas à rendre les institutions communautaires plus indépendantes des Etats membres. Preuve qu’au delà des traités, il est grand temps que des hommes s’emparent du projet européen pour lui redonner un sens. Alors que Washington est en froid avec Berlin et que B.Obama souffre de l’affaiblissement politique de Gordon Brown, l’Europe doit prouver qu’elle peut être à la hauteur des grands défis mondiaux…
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