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Nucléaire : pourquoi le bide d'Abu Dhabi ?

Mercredi 30 Décembre 2009 à 07:01 | Lu 13954 fois I 79 commentaire(s)

Roland Hureaux - Chroniqueurs associé

Pour Roland Hureaux, l'échec du consortium français à Abu Dhabi confirme l'existence de défauts structurels à l'exportation : prix trop élevés, trop grande sophistication, mauvaise écoute des clients.



L’échec du consortium français à   remporter l’appel d’offres  nucléaire à Abu Dhabi est  emblématique des travers français en matière d’exportation.
Il y a une quinzaine d’années, j’avais eu,  lors  d’une mission à Prague, l’occasion de rencontrer Vaclav Klaus. Il n’était pas encore président de la République mais était déjà un leader politique en vue  et un économiste reconnu.
Il nous dit : « Vous les Français, vous échouez souvent dans les appels d’offre internationaux parce que vous êtes trop chers.  Vous croyez  pouvoir vendre plus  cher que les autres parce que vos produits  vous paraissent  meilleurs. Mais votre vanité vous aveugle : vous avez certes des produits d’une grande qualité technique, vos   ingénieurs aiment les solutions élégantes et innovantes ; pour autant la supériorité de vos propositions n’est pas aussi grande que vous le pensez et,  généralement,  elle ne justifie pas la différence de prix. »
Sous réserve de ce que nous ignorons encore  des dessous de l’affaire des Emirats, n’est-ce pas exactement  qui s’est  passé ? 
Ajoutons à ces considérations que nos clients n’aiment pas nécessairement essuyer les plâtres de techniques nouvelles,  comme la Finlande le fait si péniblement  avec le réacteur EPR. Ils peuvent préférer du robuste, sûr et pas  trop cher, comme d’ailleurs  tout un chacun.

EDF écartée


Ajoutons aussi que, dans le cas d’espèce, Abu Dhabi voulait que s’associe à l’offre   un « grand opérateur français de dimension internationale en matière d’énergie ». C’est GDF-Suez qui se proposa.   Mais nos interlocuteurs, eux, voulaient EDF. Celle-ci, écartée du projet au départ, fut contrainte de s’y associer  sous la pression de l’Etat, mais tard et sans conviction. C’est dommage. L’épisode a  au moins  le mérite de   rappeler aux Français si  critiques de leurs grands  services publics  où se trouvent vraiment,  à l’international, leurs valeurs sûres.

Faudra- t-il que,  dans vingt ans, on dise encore que les Français n’ont rien appris ?








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