Marianne2 2012

Novelli, libéral en peau de lapin, se fiche-t-il des PME ?

Jeudi 6 Janvier 2011 à 12:01 | Lu 5602 fois I 16 commentaire(s)

L'Hérétique - Blogueur associé

L'Hérétique, qui avait publié sur son blog un article sur la sortie médiatisée de Manuel Valls, donne cette fois la parole à un chef d'entreprise. Celui-ci fustige dans un commentaire les propositions d'Hervé Novelli en matière de durée légale de travail. Le secrétaire général adjoint de l'UMP voudrait supprimer les 35 heures.


Valls et  l'UMP envisagent de «déverrouiller» les 35 heures. Je tends à penser que cela n'apportera rien d'un point de vue économique, ni pour l'emploi, ni pour la compétitivité. Mais le mieux, c'est encore de donner la parole à un chef d'entreprise : juju41, qui commente de temps en temps ici, mais bien plus sur le forum Demos, dirige une TPE. Elle vient de témoigner à la suite de mon article sur Valls :

35 heures: les propositions d'Hervé Novelli




Primo, 
Novelli oublie que les 35 heures sont basées sur une annualisation du temps de travail, c'est-à-dire la possibilité de moduler les horaires en fonction de l'activité, sur un quota d'heures annuelles. avec ses 38 heures payées 38, il impose aux entreprises un surcroît horaire et financier, pas forcément nécessaire en temps de crise, le carnet de commande étant déjà maigrelet...

A quoi bon payer plus des salariés qui feraient juste du temps de présence, sans produire plus... Ça revient à aggraver la crise dans ces entreprises sans compter que les salariés ne faisant plus des heures sup' perdent en pouvoir d'achat, sauf si on licencie, pour garder le strict minimum de salariés qui bosseraient comme des chinois...



Suppression des RTT : il faudrait calculer l'impact économique des RTT sur les dépenses des ménages, les sorties , la culture, les achats, les sports, le bricolage, le tourisme, les associations. C'est un lourd manque à gagner à mon avis si l'on supprime des RTT.

 Secondo, d'après Novelli
, «l'État échangerait la suppression progressive de ces allègements de charge contre de la flexibilité pour les entreprises et de la sécurité pour les salariés. En d'autres termes, on supprime les 22 milliards de coûts pour les finances publiques sur cinq ans, donc l'État est gagnant. Mais on change radicalement la donne en revenant sur la durée légale du travail et on donne plus de latitude sur un certain nombre de domaines du droit social aux entreprises.»

Qu'est ce que ça veut dire?
 D'un côté, on augmente le coût du travail et donc de la production si les exonérations sont supprimées. En échange, il y a la flexibilité (on a déjà la flexibilité avec les 35 heures). Mais ça veut dire quoi de plus? Une facilité de licenciement? A part ça, je ne vois pas trop ce que ça veut dire, et en quoi ça pourrait compenser l'augmentation de charges déjà très lourdes. 
il y a aussi «sécurité pour les salariés».

Kézako? Mystère et boule de gomme... Au final, en quoi cela améliore-t-il la compétitivité et en quoi cela fait-il diminuer le chômage?
 A titre personnel, on n'a pas besoin d'augmenter nos heures de travail, on ne saurait pas quoi en faire, en gardant tous nos salariés...

 Moi j'ai déjà réfléchi.  Si la loi Novelli passe, on passerait aux 40 heures, et je licencierais un gars... avec les heures sup' (jusqu'à 48h/semaine), je peux compenser avec 4 salariés au lieu de 5. Voilà le travail, surtout s'il y a facilité de licenciement. Parce que je ne peux pas augmenter mes tarifs quand je suis en concurrence avec des entreprises basées au Luxembourg (impôts, taxes et charges : 14%), déjà qu'on fait au plus serré, avec une marge minimale, on se demande ce qu'on ferait avec des salaires et charges augmentés.

Novelli, libéral en peau de lapin, se fiche-t-il des PME ?
Mais D***n Novelli ne pense qu'aux grosses boîtes comme d'hab'. De toute façon, dans peu de temps, on va se vendre à une grosse boîte, parce que, justement, raz-le-bol. Après je ne garantis plus la qualité du travail payé au lance-pierre, avec des produits interdits, mais bon, on n'a pas le choix... C'est la loi du néo-libéralisme, produire de la merde en masse pas chère. J
e suis prête à parier que le chômage augmentera. Si chaque entreprise fait comme moi, en calculant au plus près ce que lui coûtera un salarié, charges augmentées, je garantis les charrettes de licenciement surtout si le licenciement est plus souple. Si on peut aller jusqu'à 48 h par semaine sans problème, ça double le chômage.








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