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Nouveau référendum irlandais: the yes needs the no to win against the no…Sylvain Lapoix | Mardi 9 Décembre 2008 à 17:16 | Lu 8809 fois
Le Premier ministre irlandais devrait annoncer jeudi 11 décembre un nouveau référendum sur le traité de Lisbonne, rejeté par les urnes en juin. Dans cette perspective, partisans comme opposants espèrent récupérer le vote pour accélérer la mise en place ou démanteler le texte une fois pour toutes.
Au centre, Brian Cowen, Premier ministre irlandais. A sa droite, le ministre des Affaires étrangères, Micheal Martin. FlickR CC / The Green Party
D'aucuns réclament sa tête. Mais c’est un nouveau référendum que le Premier ministre irlandais devrait apporter, sur un plateau, le 11 décembre prochain à Bruxelles. Après le rejet par les Irlandais du traité de Lisbonne le 12 juin dernier, le pauvre Brian Cowen est tiraillée entre, d'un côté, des Irlandais mécontents et, de l'autre, des autorités européennes impatientes. Depuis quelques jours, le chef du gouvernement et son ministre des Affaires étrangères , Micheal Martin, tentent donc d’obtenir de l’Union des concessions qui pourraient « garantir » le oui à un futur référendum et mettre un terme à la crise ouverte sur la nouvelle version du traité constitutionnel européen.
Chez les fédéralistes, on joue à « la bourse ou la vie » A Bruxelles, les pro traité s’arrachent les cheveux sur la constitution irlandaise qui impose un vote populaire pour l’adoption du texte, empêchant tout court-circuitage d’un éventuel non par des voies parlementaire ou exécutive. Parmi les raisons du « non » irlandais, Brian Cowen s’est saisi de la seule sur laquelle il pouvait éventuellement négocier : le maintien du siège irlandais à la Commission européenne. La nouvelle mouture institutionnelle prévue par le traité de Lisbonne prévoit en effet de réduire le nombre de commissaires à moins de 27, ne garantissant pas un fauteuil pour chaque Etat membre.
Si la garantie d'avoir un siège peut augmenter les chances d'un « oui », en assurant une représentation nationale de l’Irlande dans la Commission, les réticences relatives au droit à l’avortement (très décrié dans ce pays catholique), à la fiscalité (un des moteurs du boom irlandais) ou à la neutralité diplomatique sont plus difficiles à vaincre… Raison pour laquelle les défenseurs du traité comptent faire campagne de manière radicale, prévoyant un slogan sans ambiguïté sur les conséquences du vote : « Are you in, or are you out ? » [Vous êtes avec nous ou non ?] Finis les laïus sur le contenu du traité : choisis ton camp, Irlandais !
Chez les souverainistes, on se frotte les mains… Ajouté aux difficultés posées par la République tchèque, le blocage irlandais empêche techniquement la mise en place du traité de Lisbonne dans les délais prévus (1er janvier 2009) et donc son application à l’occasion des élections européennes de juin 2009. Même si les dernières tendances relevées par le Irish Times le 17 novembre montrent un léger fléchissement en faveur du oui (43% voteraient pour et 39% contre), il reste encore 18% de « sans opinion »…
Pas de quoi, donc, décourager le magnat irlandais Declan Ganley, présenté comme un des responsables de la victoire du non au référendum de juin dernier. Sur le site de son club politique, Libertas , il critique d'ailleurs les résultats de ce sondage, soulignant que l’institut TNS n’avait pas jugé utile de poser la question aux Irlandais de savoir s’ils voulaient un second référendum.
Les anti-Lisbonne restent cependant confiants : « le premier non irlandais était une très bonne nouvelle mais le fait de ne pas en tenir compte nous est stratégiquement très favorable, assure Paul-Marie Coûteaux, eurodéputé souverainiste proche de Ganley. Nous n’avons même pas à faire campagne sur le traité lui-même, il nous suffit de nous appuyer sur le déni de démocratie : si on revote Lisbonne, alors je propose qu’on revote aussi le traité d’Amsterdam ! » Reste à savoir si le prochain référendum, prévu « très prochainement », se tiendra avant les élections européennes. Auquel cas il pourrait bien donner le « la » de la campagne électorale.
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