Marianne2 2012

Nourriture halal : le débat qui passionne (trop) les Mariannautes

Dimanche 12 Septembre 2010 à 12:01 | Lu 18138 fois I 252 commentaire(s)

Bénédicte Charles - Marianne

Comme a chaque fois qu'il est question, dans nos colonnes, de l'islam et des musulmans de France, les articles consacrés à la nourriture halal, que ce soit au Quick ou chez les Bleus, ont déclenché des torrents de commentaires où le point Godwin a été rapidement atteint.


Les quatre articles publiés sur Marianne 2 cette semaine au sujet de la nourriture halal, que ce soit au Quick ou au sein de l’équipe de France de foot, ont généré des centaines de commentaires. C’était prévisible. Tout comme il était prévisible que le point Godwin soit, à chaque fois, atteint assez rapidement dans les posts des Mariannautes, que ce soit à cause de l’intervention de trolls ou tout simplement parce que le sujet est brûlant.

De fait, nombre d’internautes n’envisagent le sujet que sous l’angle de la rivalité religieuse et invoquent le tollé que, selon eux, déclencherait l’ouverture de fast food catholiques ou casher… en oubliant que les restaurants casher existent déjà et que dans toutes les cantines de France, le vendredi c’est poisson pour tout le monde puisque les catholiques pratiquants sont censés faire maigre (sans viande) ce jour-là.

D’autres cependant tentent de peser le pour et le contre du Quick halal et déplorent, à l’instar d’Ysee X, que le géant américain Mac Do en profite pour « la jouer Astérix et Obélix », un comble. Ou encore Dominique Lelièvre, qui s’inscrit en faux contre notre blogueur associé Variae lorsqu’il voit dans le fait que les musulmans mangent au Quick un évident signe d’intégration : « Dire que se mettre à la cradebouffe c'est de l'intégration, c'est montrer une singulière ignorance des pays musulmans, depuis longtemps colonisés et recolonisés par les chaînes de fastmerde et de pizza instantanée type Pizza Zut... Comme on dit à Alger : qu'est-ce qu'il y a entre une pizzeria et une pizzeria? une pizzeria... le tout arrosé de liquide de batterie appelé « soda », eau et jus de fruit étant rarissimes. Nous qui nous plaignons de l'américanisation de l'alimentaire, qu'est-ce qu'on dirait! »

Bien entendu, il n’a pas échappé aux Mariannautes que le fond de l’affaire est surtout une question de stratégie commerciale de Quick, comme le résume Zap pow : « Privilégier les musulmans ? Les gérants de Quick ne privilégient que l'épaisseur de leur portefeuille, la conquête d'un nouveau marché, et les musulmans ne sont certainement pas minoritaires là où ils ouvrent leurs restos halal. S'ils en ouvrent de nouveaux, c'est bien parce que les premiers leur ont rapporté un max de fric ».

Et puis il y a ceux, très nombreux, qui s’alarment davantage du côté communautariste de l’affaire que de son aspect religieux, tel Alexandre Galway : « Le communautarisme commence par l'implantation des lieux de prière, puis des commerces d'influence traditionnelle ou religieuse, puis les écoles religieuses, puis évidemment la nécessité de vivre à proximité de tout ce qui sert à l'assouvissement de ses convictions. C'est naturel. Est ce bien cela que nous voulons ? Un Quick halal recrute des musulmans qui vivent ou s'installent dans le quartier. C'est naturel. Certes, ce n'est qu'une petite touche pas très grave (en apparence) mais qu'on le veuille ou non, cela contribuera à renforcer le communautarisme. Regardez, c'est déjà en marche dans de si nombreux quartiers. Regardez, mais regardez donc ! »
Tandis que Walter Bouchard s’inquiète surtout pour les Français d’origine maghrébine non musulmans, constamment renvoyés à une religion qui leur est étrangère par les autres Français mais aussi, et c’est nouveau, par les musulmans eux-mêmes :« Comme quasiment tout un chacun aujourd'hui, je connais des hommes et des femmes issus de l'immigration (nord-)africaine, à différents degrés. Mais certains, non musulmans, se trouvent en difficulté en période de ramadan à cause de leur typicité physique. 
Onze mois dans l'année, il ne leur est pas reproché de consommer une bière de temps à autre mais la folie règne lors de ce mois précis; Pourquoi ? 
Les plus jeunes de mon quartier adoptent une attitude de milice aux abords des commerces -il faut dire aussi qu'ils s'ennuient à mourir-, sans doute se sentent-t-ils exister à cette époque particulière... 
Quoi qu'il en soit, la tension est plus dense ces 3 ou 4 dernières années, la revendication d'une fête "entre soi" plus marquée, toujours chez les jeunes, comme pour délimiter un périmètre; construire un mur ? 
La fête de rupture du jeûne du quartier n'a pas eu lieu cette année, plusieurs prétextes à cela dont les vacances -dans un quartier où sévit le chomage. En fait, les "céfran" en on eu assez petit à petit de cette scission entre tels et tels et le terme de "quartier" perdait de sa raison d'être. Bel exemple d'échec du vivre ensemble et, je le crains, réussite de ceux qui ont condamné l'an passé la présence sur scène de l'atelier de quartier "danses orientales" -danseuses de toutes couleurs; de peaux et de voiles- applaudi avec un véritable enthousiasme. 
Laïcard, je suis aussi féru de cultures étrangères et noël ne me gènes pas plus que ramadan -hors bien sur le mode sacrificiel-, seulement, aveugle je ne suis et prend chaque jours conscience du creusement entre les hommes et femmes peuplants ce pays d'un fossé bien plus religieux que ne veulent le voir nos élites. Cet aveuglement servant leurs ambitions aussi sûrement que ledit fossé celles de ceux qui le creusent. »

Barbare, le rite halal ? Jean-Paul Etchegoyhen raconte la tuerie du cochon 


Le rite hallal me rappelle la tuerie du cochon,qui se déroulait sensiblement dans la même liturgie, dans mes années d'enfance au pays basque, années 40. 
Egorgement de la bête, épisode douloureux car elle avait vécu dans notre entourage un an et parfois plus, elle était souvent appelée du nom d'un homme politique . 
Je me souviens de «Pinay » ou plus tard « Chirac » quand son homologue officiait au ministère de l'agriculture. Le sang, recueilli religieusement faisait la gloire du boudin. 
Et, à midi (heure solaire), le curé de la paroisse participait aux agapes, et bénissait la bête, le repas, et toute l'assistance. 
Au nom des traditions, je ne serais pas opposé au rétablissement de ce rite, moins peut être pour la religiosité de l'acte, que pour la saveur du repas, et de toute façon tous nos vieux curés sont au régime, et les rares jeunes sont végétariens. 
J'ais été touché par la visite de Galouzeau au salon, renouant avec cette tradition de baptiser un porcelet du nom d'un politique. 
M'est avis que la promotion de cochons 2010-2011 va compter nombre de « Sarkozy ».








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