Nos centrales nucléaires sont-elles des passoires ?
Mardi 6 Décembre 2011 à 05:01 | Lu 6747 fois I 26 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, j'écris sur le numérique ainsi que sur les questions de police/justice... En savoir plus sur cet auteur
Greenpeace a fait un joli coup médiatique en s’introduisant dans la centrale de Nogent-sur-Seine. Mais ce n’est pas la première fois que cela arrive. Depuis 25 ans, plusieurs autres intrusions d’écologistes ont eu lieu dans des centrales nucléaires.
Quand on parle de risque nucléaire, on pense tout de suite à la faille technique de type Tchernobyl ou à la catastrophe naturelle de type Fukushima. En France, on rétorque que rien ne peut arriver comme nos centrales sont mieux entretenues que celles de l’URSS et qu’il n’y a pas de risque sismique de la même ampleur qu’au Japon. Pourtant, un autre danger guette nos réacteurs : le risque terroriste.
Lundi, neuf militants de Greenpeace ont réussi à s’introduire dans la centre de Nogent-sur-Seine. Dans un premier temps, sept écolos ont été interpellés par la gendarmerie. Les deux derniers militants, bien cachés dans la centrale, ont été attrapés par la suite.
Selon Greenpeace, d’autres intrus auraient réussi à pénétrer dans des centrales françaises. EDF a démenti et a affirmé qu’« il n’y a pas de trace d’intrusion sur d’autres centrales nucléaires d’EDF ». La gendarmerie évoque des tentatives d'intrusion dans les centrales du Blayais, de Chinon et de Cadarache. Le ministère de l’Intérieur a lui annoncé une « fouille approfondie » des centrales françaises.
Manque de transparence
De son côté, Eric Besson, ministre de l’Industrie, a promis sur France Info de ne pas laisser passer cet incident : « Si l'enquête le confirme, cela veut dire qu'il y a eu dysfonctionnements et qu'il faudra prendre des dispositions pour que ça ne se reproduise pas ». Pour Claude Guéant, « Il est clair que cela révèle des défaillances dans notre dispositif ». Mais chez EDF, on refuse de parler d'un problème de sécurité. Selon l'entreprise, les militants « ont été immédiatement détectées par le dispositif de sécurité et leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu’il soit décidé de faire usage de la force ».
Mais pendant que Besson se twittclashe avec Cécile Duflot et que Guéant joue à cache-cache avec Greenpeace, l’incertitude demeure sur la sécurité des centrales. L’incident de Nogent fait tache au moment où l’UMP défend bec et ongle le nucléaire face au PS et à Europe Ecologie.
Et ce n’est pas la première fois qu’on évoque le risque terroriste pour les centrales nucléaires. Suite aux attentats du 11 septembre, l’hypothèse de la chute d’un avion sur un réacteur a été évoqué. En juin dernier, un Mirage 2000 a survolé la centrale de Golfech pour simuler une attaque de ce type. Mais rien n'a filtré sur les conséquences exactes d’un crash intentionnel ou non sur une centrale.
Pas la première intrusion
La question est en tous cas sensible. Les stress tests effectués sur les centrales européennes après la catastrophe de Fukushima prenaient en compte le risque sismique ou la défaillance technique (un point où les centrales françaises possèdent d'ailleurs des faiblesses ) mais pas le risque terroriste ou le sabotage. La France et le Royaume-Uni, contre l’Allemagne, avaient en effet refusé un cahier des charges aussi large.
Il est vrai que la France n’a pas a être fière de la sûreté de ses centrales face aux interventions humaines plus ou moins malveillantes. L’intrusion de Nogent-sur-Seine est loin d’être le premier coup de force des écolos. En 1986, neuf militants ont escaladé une tour de refroidissement dans une partie en travaux de la centrale de Cattenom. En 1996, un incident de même type a eu lieu à Golfech. En décembre 2003, 45 militants de Greenpeace ont pénétré dans la centrale de Penly pour protester contre l’EPR. En mars et octobre 2007, des militants de la même ONG sont montés sur des tours de refroidissement dans les centrales de Belleville-sur-Loire et Dampierre-en-Burly, toujours pour protester contre l’EPR.
A de multiples reprises donc, des militants écolos ont pû s’introduire dans des centrales sans grande difficulté. Mais malgré ces incidents répétés, les autorités ont feint la surprise suite à l’intrusion de Nogent-sur-Seine. « Ça me surprend parce que nos centrales sont bien gardées » a déclaré Eric Besson. Pour un ministre de l’Energie, il n’a pas l’air très au courant.
Il est vrai que la France n’a pas a être fière de la sûreté de ses centrales face aux interventions humaines plus ou moins malveillantes. L’intrusion de Nogent-sur-Seine est loin d’être le premier coup de force des écolos. En 1986, neuf militants ont escaladé une tour de refroidissement dans une partie en travaux de la centrale de Cattenom. En 1996, un incident de même type a eu lieu à Golfech. En décembre 2003, 45 militants de Greenpeace ont pénétré dans la centrale de Penly pour protester contre l’EPR. En mars et octobre 2007, des militants de la même ONG sont montés sur des tours de refroidissement dans les centrales de Belleville-sur-Loire et Dampierre-en-Burly, toujours pour protester contre l’EPR.
A de multiples reprises donc, des militants écolos ont pû s’introduire dans des centrales sans grande difficulté. Mais malgré ces incidents répétés, les autorités ont feint la surprise suite à l’intrusion de Nogent-sur-Seine. « Ça me surprend parce que nos centrales sont bien gardées » a déclaré Eric Besson. Pour un ministre de l’Energie, il n’a pas l’air très au courant.
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