Non, Domenech n'est pas Jacquet. Hélas....
Lundi 7 Juin 2010 à 11:10 | Lu 9621 fois I 28 commentaire(s)
Antidote - Blogueur Associé
Le blogueur David Desgouilles vient rappeler que la comparaison de Raymond Domenech à Aimé Jacquet n'est pas crédible. Aimé Jacquet avait un palmarès important avant son arrivée à la tête des bleus et il ne pensait pas qu'à lui.
Il fallait bien un jour que soit traité ici le cas de Raymond Domenech. Parce que tout est politique. Surtout la coupe du monde, dont le Président de la République ne se désintéresse pas, au point d’avoir rencontré le sélectionneur français en janvier dernier à l’Elysée (1).
Raymond Domenech serait l’homme le plus détesté de France. Je ne suis pas certain. Il y a quand même beaucoup de Français qui s’en fichent, de Domenech. Nous sommes en France. Pas en Italie, ni en Espagne, ni en Angleterre. A ceux qui pensent que les entraîneurs des Bleus, Henri Michel ou Aimé Jacquet hier, Domenech aujourd’hui, sont durement attaqués, on pourrait conseiller de traverser les Alpes, les Pyrénées ou la Manche. Ils s’apercevraient alors que les membres de notre presse sportive relèvent davantage de l’agneau que du loup.
Du reste, ceux qui rappellent le précédent Jacquet, prétendument honni avant que ne débute la coupe du monde de 1998 en France, pour défendre le sélectionneur actuel, commettent une grossière erreur.
Tout d’abord, les avis étaient davantage partagés sur Aimé Jacquet qu’on ne le dit aujourd’hui. Certes le journal «L’Equipe» en avait fait une cible, qui s’accompagnait même parfois d’un mépris de classe plutôt puant, mais on trouvait beaucoup de défenseurs du sélectionneur dans la presse généraliste et notamment la presse quotidienne régionale, laquelle est toujours négligée et sous-estimée. Les sondages, du reste, confirmaient cette constatation. Il y avait un peu de lutte Paris vs Province ou, pour faire dans le raffarinien, France d’en haut vs France d’en bas.
Ensuite, Aimé Jacquet avait quelque chose que n’a toujours pas Raymond Domenech. Un véritable palmarès. Il avait été champion de France en tant qu’entraîneur.Trois fois. Et remporté deux coupes de France. Qu’a gagné Domenech ? Il a été champion de France…. de division 2, avec Lyon. Et juste avant de devenir sélectionneur de l’équipe de France A, il a remporté, après une dizaine de tentatives, le tournoi de Toulon des Espoirs. C’est tout. On a beau dire : la confiance et le palmarès, dans l’esprit des gens, d’en haut comme d’en bas, c’est lié.
Enfin il y a le comportement. Si on devait lui trouver un surnom, ce serait «Tout pour ma pomme». Il ne parle que de Lui. Comme un symbole, cette demande en mariage en direct quelques secondes après l’élimination de l’équipe nationale du championnat d’Europe 2008. Et puis cette manière de se foutre de la gueule du monde dans les conférences de presse. Non pas que je trouve que les journalistes ne doivent pas aussi être bousculés. Ils le sont ici assez souvent. Mais quand c’est systématique, on a un peu l’impression que ce n’est pas seulement la Presse qui est la cible de Domenech mais tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au football. Des cons qui n’y connaissent rien et qui feraient bien de la fermer. Il le pense très fort. Et tout le monde l’entend. L’autre jour, c’était un joueur « qui allait mieux que s’il allait moins bien mais qui allait moins bien que s’il allait mieux » puis son équipe qui était “davantage prête que la semaine d’avant mais certainement moins que la semaine d’après». J’imagine que si journaliste, j’assistais à ce genre de spectacle, l’envie de faire avaler petit carnet et crayon à l’auteur de telles phrases me viendrait certainement. Surtout si cela fait six ans que ça dure. Qu’on me pardonne, mais jamais Aimé Jacquet n’a eu un comportement de la sorte.
Raymond Domenech serait l’homme le plus détesté de France. Je ne suis pas certain. Il y a quand même beaucoup de Français qui s’en fichent, de Domenech. Nous sommes en France. Pas en Italie, ni en Espagne, ni en Angleterre. A ceux qui pensent que les entraîneurs des Bleus, Henri Michel ou Aimé Jacquet hier, Domenech aujourd’hui, sont durement attaqués, on pourrait conseiller de traverser les Alpes, les Pyrénées ou la Manche. Ils s’apercevraient alors que les membres de notre presse sportive relèvent davantage de l’agneau que du loup.
Du reste, ceux qui rappellent le précédent Jacquet, prétendument honni avant que ne débute la coupe du monde de 1998 en France, pour défendre le sélectionneur actuel, commettent une grossière erreur.
Tout d’abord, les avis étaient davantage partagés sur Aimé Jacquet qu’on ne le dit aujourd’hui. Certes le journal «L’Equipe» en avait fait une cible, qui s’accompagnait même parfois d’un mépris de classe plutôt puant, mais on trouvait beaucoup de défenseurs du sélectionneur dans la presse généraliste et notamment la presse quotidienne régionale, laquelle est toujours négligée et sous-estimée. Les sondages, du reste, confirmaient cette constatation. Il y avait un peu de lutte Paris vs Province ou, pour faire dans le raffarinien, France d’en haut vs France d’en bas.
Ensuite, Aimé Jacquet avait quelque chose que n’a toujours pas Raymond Domenech. Un véritable palmarès. Il avait été champion de France en tant qu’entraîneur.Trois fois. Et remporté deux coupes de France. Qu’a gagné Domenech ? Il a été champion de France…. de division 2, avec Lyon. Et juste avant de devenir sélectionneur de l’équipe de France A, il a remporté, après une dizaine de tentatives, le tournoi de Toulon des Espoirs. C’est tout. On a beau dire : la confiance et le palmarès, dans l’esprit des gens, d’en haut comme d’en bas, c’est lié.
Enfin il y a le comportement. Si on devait lui trouver un surnom, ce serait «Tout pour ma pomme». Il ne parle que de Lui. Comme un symbole, cette demande en mariage en direct quelques secondes après l’élimination de l’équipe nationale du championnat d’Europe 2008. Et puis cette manière de se foutre de la gueule du monde dans les conférences de presse. Non pas que je trouve que les journalistes ne doivent pas aussi être bousculés. Ils le sont ici assez souvent. Mais quand c’est systématique, on a un peu l’impression que ce n’est pas seulement la Presse qui est la cible de Domenech mais tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au football. Des cons qui n’y connaissent rien et qui feraient bien de la fermer. Il le pense très fort. Et tout le monde l’entend. L’autre jour, c’était un joueur « qui allait mieux que s’il allait moins bien mais qui allait moins bien que s’il allait mieux » puis son équipe qui était “davantage prête que la semaine d’avant mais certainement moins que la semaine d’après». J’imagine que si journaliste, j’assistais à ce genre de spectacle, l’envie de faire avaler petit carnet et crayon à l’auteur de telles phrases me viendrait certainement. Surtout si cela fait six ans que ça dure. Qu’on me pardonne, mais jamais Aimé Jacquet n’a eu un comportement de la sorte.
Bizarrement, on assiste à certains retournements d’opinion ces derniers temps dans la presse sportive. La grande majorité de ceux qui l’étrillaient auparavant ont calmé leurs ardeurs craignant que la France, un peu comme une drague façon Jean-Claude Dusse, finisse par gagner le titre sur un malentendu. Ils pensent retenir la leçon Jacquet qui pourtant, comme il vient d’être expliqué, ne s’applique pas. Et d’un autre côté, un analyste comme Pierre Ménès, qui était l’un des seuls à le défendre il n’y a pas si longtemps, tire à boulets rouges sur les choix du sélectionneur.
En 2006, les «Vieux», Zidane, Thuram et Makélélé, après un premier tour catastrophique mais à l’issue miraculeuse, avaient pris les choses en main et Domenech s’était mis en retrait. Au bout du compte, Zidane avait emmené la France jusqu’en finale mais avait aussi précipité la défaite ultime par un coup de boule intempestif. Quand on a assisté aux trois rencontres de préparation mais aussi à toute la phase de qualification, on cherche sans succès les talents et les caractères capables de nous emmener si loin dans la compétition.
Sauf à s’en remettre à la théorie de Jean-Claude Dusse. Quand on a joué au foot, on sait que, bien davantage qu’en drague d’ailleurs, on peut parfois gagner sur un malentendu.
(1) D’après Bruno Jeudy et Karim Nedjari, auteurs de «Sarkozy côté vestiaires». Les journalistes révèlent que Nicolas Sarkozy, qui connaît très bien le foot, tient Domenech pour un «naze» qu’il aurait fallu virer en 2008. Mais, ajoutent t-ils, très intéressé par une victoire éventuelle du titre mondial et sachant qu’il faudrait faire avec ce sélectionneur, il a tenté malgré tout de mettre toutes les chances, qu’il doit penser minces, de son côté. ↑
En 2006, les «Vieux», Zidane, Thuram et Makélélé, après un premier tour catastrophique mais à l’issue miraculeuse, avaient pris les choses en main et Domenech s’était mis en retrait. Au bout du compte, Zidane avait emmené la France jusqu’en finale mais avait aussi précipité la défaite ultime par un coup de boule intempestif. Quand on a assisté aux trois rencontres de préparation mais aussi à toute la phase de qualification, on cherche sans succès les talents et les caractères capables de nous emmener si loin dans la compétition.
Sauf à s’en remettre à la théorie de Jean-Claude Dusse. Quand on a joué au foot, on sait que, bien davantage qu’en drague d’ailleurs, on peut parfois gagner sur un malentendu.
(1) D’après Bruno Jeudy et Karim Nedjari, auteurs de «Sarkozy côté vestiaires». Les journalistes révèlent que Nicolas Sarkozy, qui connaît très bien le foot, tient Domenech pour un «naze» qu’il aurait fallu virer en 2008. Mais, ajoutent t-ils, très intéressé par une victoire éventuelle du titre mondial et sachant qu’il faudrait faire avec ce sélectionneur, il a tenté malgré tout de mettre toutes les chances, qu’il doit penser minces, de son côté. ↑
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