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Non, l'Euro n'a pas protégé l'Europe pendant la crise

Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Mercredi 13 Janvier 2010 à 17:01 | Lu 7611 fois

Laurent Pinsolle se félicite de la parution dans Le Monde du mardi 12 janvier d'une tribune portant sur les effets pervers de l'euro En empêchant toute dévaluation, la monnaie unique mine les économies des pays européenns qui l'ont adoptée.



Certes, le papier du journal du soir est signé par un éditorialiste économique du Financial Times. Cependant, il est rafraîchissant de voir que Le Monde s’ouvre à des opinions aussi critiques à l’égard de la monnaie unique. Il faut dire que cet article est particulièrement bien argumenté.

Martin Wolff a sans doute écrit ici une des meilleures notes de synthèse sur l’euro. Et, pour une fois, je remercie Le Monde de publier un tel papier aussi critique à l’égard de la monnaie unique qu’ils soutiennent mordicus habituellement. Cette ouverture d’esprit fait honneur au journalisme. C’est d’autant plus remarquable que la démonstration de ce texte est limpide. L’auteur décortique parfaitement bien tous les effets pervers de la monnaie unique européenne.

Il part de l’argument des soutiens de l’euro, à savoir que la monnaie unique aurait permis d’éviter une course à la dévaluation pendant cette récession. Cependant, il relativise tout de suite cet argument en montrant que le PIB de la zone euro a davantage baissé que le PIB des Etats-Unis (-5.1% contre -3.8%) pendant cette crise. Cet argument, que nous sommes beaucoup à répéter depuis des mois, montre que la protection offerte par l’euro est plus que relative…

« La crise est inhérente au système »

Ensuite, l’auteur explique particulièrement bien comment l’euro provoque de graves déséquilibres en son sein. Il montre que la crise a particulièrement frappé les pays dont la demande intérieure privée était artificiellement soutenue par une bulle de crédit (Espagne, Irlande, Portugal). On pourrait ajouter à son raisonnement que cette bulle était la conséquence directe d’un taux d’intérêt unique trop faible pour ces pays et qu’un taux plus élevé (national) aurait évité de tels excès.

L’effondrement de la demande privée (de -10 à -15%) a donc brutalement plongé les comptes publics dans le rouge sans véritable espoir d’amélioration d’autant plus que la hausse des écarts de taux longs renchérit encore le financement de la dette publique de ces pays. En clair, l’euro accentue tous les problèmes tout en empêchant leur résolution par la solution classique de la dévaluation. La seule perspective est une politique déflationniste, dont on a vu tous les risques dans les années 30 et au Japon…

Pour Martin Wolff, « la crise est inhérente au système » et nous n’allons pas tarder à en voir les conséquences. Il est grand temps de réfléchir à la solution alternative de la monnaie commune…




MOT-CLÉS : crise, euro, Le Monde, économie
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