Marianne2 2012

Nicolas Sarkozy et le culte de la personnalité

Vendredi 23 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 13314 fois I 8 commentaire(s)

La « presque soixantaine (rugissante !) », cette infirmière de carrière, responsable de la... En savoir plus sur cet auteur

Nouvelle revue de presse de Kamizole, qui s'intéresse ici - non sans sarcasme - à la lettre envoyée par Jean-François Copé aux militants UMP pour remobiliser les troupes. En décryptant cette ode à Nicolas Sarkozy, notre blogueuse associée y voit un un culte de la personnalité qui rappelle à certains égards celui voué à Kim Jong-il en Corée du Nord...


« Culte de la personnalité » ! Je suppose que pour beaucoup d’entre les plus jeunes qui me lisent cette expression ne veut rien dire. Elle fit pourtant florès dans les années 1950-75 parmi ceux qui critiquaient le stalinisme et le maoïsme. Elle vient de me revenir du Diable Vauvert ce matin en reprenant l’article du Monde Copé invite les sympathisants de l'UMP à écrire à Sarkozy (20 déc. 2011) que je me contentai d’enregistrer hier soir non sans avoir bien ri à sa lecture.

Les sarkonneurs ne prennent semble-t-il jamais de vacances et par voie de conséquence mémé Kamizole non plus mais je ne saurais leur en savoir mauvais gré puisqu’ils me fournissent en armes - à commencer par celles de la dérision - qui me réjouissent au plus haut point. Ont-ils seulement conscience de leur ridicule ?

Or donc, Jean-François Copé bat le rappel des sympathisants. UM/Possible d’avoir oublié en quelques mois l’accusation des chiens de garde de Sarkozy - Copé en tête ! - contre les primaires socialistes censées selon eux donner au Parti socialiste l’occasion de constituer un fichier des sympathisants en se servant des listes d’émargement. Ce qu’à ma connaissance les socialistes se gardèrent bien de faire d’après ce que j’ai lu dans la presse sur le déroulement des opérations électorales des deux tours et pu observer en allant voter le 9 octobre au Bureau 1 de Montmorency - il y avait bien trop d’affluence même à 18 h ! - et en étant assesseur une bonne partie de l’après-midi du 16 octobre au Bureau 2. Les personnes qui le souhaitaient pouvaient laisser leurs coordonnées, bien peu l’ont fait au demeurant.

J’écrivis au plus fort de cette polémique que Jean-François Copé - président de l’UMP - ne pouvait qu’être de mauvaise foi car il m’étonnerait fort que son parti - comme tous les autres - n’eût pas un fichier des sympathisants. Je ne rentrerais pas dans le détail des différentes manières - tout à fait légales - de le constituer.

Sans doute l’aura-il retrouvé lors du déménagement car j’ai lu, sans m’y attarder, que l’UMP vient d’emménager dans de nouveaux locaux situés dans le XVe arrondissement. Ouf ! Cela me semblait parfaite hérésie qu’ils fussent logés rue de La Boétie, sachant que l’auteur de « la servitude volontaire », non-violent bien avant la lettre, recommandait de s’insurger contre le tyran uniquement en le privant « d’aliments » ce qui suffirait à le faire dépérir. Que ferait en effet Nicolas Sarkozy sans l’argent des pauvres con… tribuables ?

Mais bref, passons. L’essentiel n’est pas là. Il faut croire qu’à l’UMP on a drôlement les chocottes pour 2012 en voyant François Hollande devancer Nicolas Sarkozy de 20 points dans les intentions de vote au second tour. Jean-François Copé tente donc de rameuter le ban - les militants - et l’arrière-ban - les sympathisants et bien plus sûrement les électeurs de 2007. Ce qui laisse supposer que ceux-ci ne sont plus tellement prêts à se rassembler comme un seul homme sous la bannière bien mitée du « guide suprême ».

Cela fera bientôt aussi désordre que la fameuse bataille de Crécy (26 août 1346) où les Français - au moins dix fois plus nombreux que les Anglais d’Edouard III - attaquèrent en ordre dispersé, en fin d’après-midi, en dépit des ordres de Philippe VI de Valois leur recommandant de prendre du repos et d’attendre le lendemain matin pour se mettre en ordre de "batailles" - entendre les armées constituées sous la conduite de chefs - bien rangées. Battus à plates coutures,tout comme ils le seront à la non moins connue bataille de Poitiers (19 septembre 1356) où les troupes de Jean II le Bon - attaquant pourtant cette fois en bon ordre - furent mises en déroute par les archers du Prince Noir, « tirant si unis et si épais que les Français ne savaient de quel côté retourner pour échapper au tir » nous dit Froissart dans ses Chroniques.

A ma modeste petite mesure, je fourbirais donc mes flèches autant qu’il le faudra. Je ne saurais dire si nous assisterons en mai et juin 2012 à pareille hécatombe de ceux qui se considèrent - bien à tort ! - comme « la fine fleur de la chevalerie de France ». Ils ont plutôt une mentalité de "capitaines d’industrie" et autres "seigneurs de guerre" … (économique) et ce me serait grand plaisir d’assister à un nouvel échec de la « bataille des Maréchaux »… tous les caciques de l’UMP déconfits.

Difficile de passer de Froissart à Kim Jong II… Encore que le chroniqueur - pourtant favorable aux Anglais -savait reconnaître les mérites des Français alors qu’à l’UMP le sort réservé aux adversaires politiques relèverait bien plutôt de l’apostrophe d’Amaury disant des habitants de Béziers en 1209, dans sa croisade contre les Albigeois (Cathares) : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens !»…

Mais comment n’aurais-je pensé au dictateur de Corée en lisant quelques extraits du parfait dithyrambe proposé - comme modèle de lettre à Nicolas Sarkozy pour le convaincre d’être candidat en 2012... comme s’il hésitait ne serait-ce qu’une fraction de seconde ! Lors même que nous savons pertinemment "qu’il ne pense qu’à cela" depuis 2009 - par Jean-François Copé ? Encore une fois les cellules Radio-Perroquet SOS manque d’idées de l’Elysée ont dû tourner à plein régime car l’on y trouve les habituels éléments de langage développés par l’UMP pour chanter les louanges de l’homme providentiel sans lequel la France n’aurait pu affronter les crises économiques. Il n’y manque - cela doit être un oubli - que le « capitaine de tempête »…

Comment Copé peut-il - sans même avoir conscience d'une quelconque contradiction - en même temps proposer un texte pré-rédigé - les militants n'ont plus qu'à le signer et - éventuellement - ajouter un mot personnel (et même joindre un chèque !) et écrire dans le courrier accompagnant tout ce tralalaire : « A quelques semaines de cet engagement crucial pour la France et dans le difficile contexte qui est celui d'aujourd'hui, je sais que ce geste à la fois solennel, personnel et amical, touchera profondément Nicolas Sarkozy ».

Y a-t-il quelque chose de moins « personnel et amical » qu'une lettre type ? C'est à peu près comme si je prenais pour moi le mot - en général manuscrit - du ministre des Finances ou du budget qui accompagne en général la déclaration d'impôts : "Chère mémé Kamizole, je vous adresse comme chaque année votre déclaration d'impôts sur le revenu, vous vous rendrez compte que j'entends bien vous plumer comme de coutume mais surtout n'oubliez pas de la remplir convenablement et de la renvoyer avant la date limite"...

Quand aux lettres que je suis susceptibles d'adresser à des organismes ou des professionnels, je ne laisse à personne le soin de les écrire à ma place. Je suis bien assez grande et avertie du langage administratif ou commercial.

S'agissant de la politique, j'ai déjà dit souventes fois combien je suis allergique à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des argumentaires, quand bien même émanent-ils du PS : direct poubelle. Je préfère me tromper toute seule que répéter ce que dictent les autres et fort heureusement, la plupart du temps j'ai déjà dit ou écrit grosso modo la même chose. Si je suis en désaccord je ne me prive pas de le dire, ici ou ailleurs. Solferino n'a pas encore inventé un goulag à la française ou l'exclusion pour désaccord politique.

« Il est essentiel que vous puissiez lui dire combien, malgré les crises successives, il sait faire preuve de responsabilité et d'un sang froid exceptionnel pour protéger les Français et les générations futures, combien il sait réformer en profondeur notre pays et replacer chaque jour la France sur le devant de la scène internationale ».
« Le sang-froid » est un leitmotiv récurrent dans la vulgate de l’UMP. En général usité lorsque ayant provoqué des scandales et s’indignant des remous créés dans l’opposition et l’opinion publique, il s’agit de faire taire la bronca en décrétant la polémique éteinte. Pas aussi facile que d’appuyer sur un bouton pour couper le courant.

Sans doute aussi parce qu’à l’évidence le sang-froid est ce qui manque le plus à Nicolas Sarkozy dont les colères irrépressibles sont aussi légendaires que celles de Joe Dalton. Y compris ses algarades perpétuelles contre les chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers : tant mieux si c’est cela que Jean-François Copé considère que c’est ainsi que la France est au premier plan sur la scène internationale ! Les médias étrangers y trouveront une raison supplémentaire de se foutre de sa fiole.

Par le plus grand des hasards, ce soir alors que cet article était déjà enregistré en brouillon sur le blog, je me suis arrêtée pour dîner et comme bien souvent, j'ai regardé la télévision. Les infos de BFM ou i-télé ne me passionnant pas, j'ai zappé et suis tombée sur une très intéressante émission comme Arte sait les faire : un certain nombre de journalistes étrangers de plusieurs pays et organes de presse interviewés sur les relations de Sarkozy avec les journalistes - français ou étrangers- et les multiples scandales qui ont émaillé sa présidence. Ils ne sont pas tendres et autrement critiques que la plupart des journalistes français, encore qu'ils remarquent généralement que ceux-ci sont devenus plus critiques et plus libres, ce que j'avais déjà constaté, notamment parmi les éditorialistes de la presse régionale.

Ce serait évidemment risible si ce n’était que l’image de la France n’en sort pas grandie et que de surcroît Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse pendant presque cinq ans de l’inféoder aux puissances étrangères et aux multinationales. Les Etats-Unis avec Bush - son héros - en engageant les troupes françaises dans la calamiteuse guerre en Afghanistan ; l’économie française en ne s’opposant jamais aux délocalisations, hâtant donc ainsi la totale désindustrialisation de la France ; le "Pire du Milieu" en s’abaissant chaque fois devant les hiérarques de Pékin (Tibet, etc;) en espérant vainement les amadouer sur le plan des intérêts uniquement commerciaux et aujourd’hui en ne craignant pas d’aller bassement quémander leur argent. Il pourra annoncer triomphalement « Maman ! J’ai rétréci la France ! ».

Ne parlons même pas de souveraineté nationale qu’il brade tant et plus aux intérêts de l’Europe sur toutes les matières - diplomatie et vote du budget qu’il ne craint pas de soumettre à la sanction préalable de Bruxelles, notamment - aussi peu soucieux qu’il est de maintenir les attributs pourtant essentiels de la puissance régalienne qui fondent - en droit comme en fait - l’Etat-Nation.

Je préciserais une fois de plus - certains lecteurs s’arrêtant au dernier article publié - que si je suis souverainiste (de gauche) je ne suis nullement nationaliste. Cela fait bien longtemps que je refuse de laisser la défense de la France aux fachos. Dont certains n’hésitèrent pas - tout en se parant du nationalisme « à préférer Hitler plutôt que Blum » et ensuite à honteusement collaborer avec les nazis. Y compris en envoyant des millions de juifs vers les chambres à gaz.

Je suis plus certainement patriote au sens où l’entendait mon père qui - engagé en 1914 et en 1939 et résistant de la première heure - disait simplement : la patrie était en danger. Elle l’est tout autant aujourd’hui, la guerre économique étant une guerre sous une autre forme.

Je considère de surcroît l’Etat-Nation comme le seul cadre pertinent pour défendre l’Etat-providence - le "filet de sécurité" qui permet notamment de pallier les aléas de la vie (maladie, chômage, handicap, etc.) et grâce à la solidarité nationale qu’il suppose, d’améliorer les conditions de vie des plus démunis en rétablissant quelque peu l’égalité des chances. « égalité » pourtant inscrite en toutes lettres au frontispice des monuments de la République.
Ce fut l’œuvre du Conseil national de la Résistance - là, on put effectivement parler « d’union nationale » - dont les principes furent repris dans le Préambule de la Constitution de 1946 - qui a toujours valeur constitutionnelle - et inscrite par le Général de Gaulle dans les ordonnances de 1945 (création de la Sécurité sociale et des retraites, nationalisations des entreprises opérant dans les secteurs clef de l’économie).

Sarkozy fait mine - une fois par an en allant se recueillir le 9 novembre sur la tombe du général - de se souvenir que le RPR (ancêtre de l’UMP) fut la continuation de partis politiques se réclamant du gaullisme et osa même l’an dernier prétendre poursuivre son œuvre. Il dut, de mon avis, avoir un sacré remue-ménage dans une certaine tombe de Colombey-les-deux-églises !

L’Union européenne et sa Commission ultralibérale nous ayant de surcroît plus qu’amplement prouvé - le nivellement par le bas y étant la loi suprême - qu’elle ne sauraient défendre nos acquis sociaux ni a fortiori améliorer notre condition. « L’Europe des marchands » ne saurait être celle des citoyens. Au lieu de la solidarité entre les Etats-membres elle a au contraire encouragé la lutte entre tous à la recherche de la compétitivité, en maintenant en l’état toutes les distorsions fiscales et sociales. Elle vient de surcroît de s’illustrer dans l’ignominie en réduisant drastiquement - souhaitant même la supprimer - l’aide alimentaire aux associations qui la distribuent aux plus démunis. La nouvelle règle : que chacun se démerde !

A tous ceux qui prétendent que les bienfaits de l’Etat-providence - Nicolas Sarkozy qui l’a en détestation parlant quant à lui « d’assistanat » - ne seraient plus possible en raison de la mondialisation ultralibérale, il suffira de répondre que c’est précisément là ce que nous refusons et qu’il ne s’agit point d’un décret quasi d’ordre divin - leur fameuse « main invisible du marché » - mais tout au contraire de choix délibérés de décideurs politiques ou économiques qui ont perdu de vue que l’économie - pourtant étymologiquement "administration de la maison" - se devait d’être au service des êtres humains au lieu que ceux-ci fussent mis au service de l’économie, de la finance et pire de quelques gloutocrates qui s’empiffrent sur leur dos. Considérons au contraire avec Protagoras (philosophe sophiste, 485-410 av. JC) que « l’homme doit être la mesure de toutes choses ».

La France qui souffre - au premier chef les chômeurs actuels et futurs - appréciera d’avoir été aussi « protégée » par Nicolas Sarkozy des effets de la crise. En ayant garde d’oublier toutes les joyeusetés qui vont nous tomber aussi dru qu’à Gravelotte dès le 1er janvier 2012. Pendant que vous y êtes, n’oubliez pas de me rappeler que je dois acheter quelques carnets de tickets de métro et de train Enghien-Paris pour ne pas payer plein pot l’augmentation traditionnelle du début de l’année, assortie qui plus est de 1,5 % de TVA supplémentaire. Cela me ferait vraiment mal au sein de donner ce fric à Sarkozy et ses amis gloutocrates de la « bande du Fouquet’s ».
Quant aux « générations futures » cela fait une éternité que je me demande ce que la postérité retiendra du règne de Sarko 1er. Rien de bon, ce me semble. Que ce soit sur les plans économique, social ou environnemental. Il laissera la France - en 2012, oserais-je espérer - dans un état calamiteux. Ses « réformes » - dont celle des retraites, son grand œuvre - n’ayant qu’aggravé le marasme dû à la crise. J’ai bien peur qu’il ne fût comme Attila : rien ne repoussait après son passage, disait-on. Rappelons qu’il était originaire d’une contrée d’Europe centrale située dans l’actuelle Hongrie…

Il ne s’est jamais préoccupé d’environnement que lorsqu’il en espérait des gains électoraux et/ou nous plumer avec sa fameuse « taxe carbone »… A peine eût-elle été retoquée par le Conseil constitutionnel - pas dupe : les entreprises les plus polluantes en étaient exonérées ! - qu’il osa proférer devant les agriculteurs que « l’environnement ça commence à bien faire »… Or, l’état de la planète que nous léguerons aux futures générations est un enjeu majeur pour l’avenir.

Nicolas Sarkozy digne émule de Kim Jong II ?

J’ai le souvenir amusé d’un montage vidéo mis en ligne en 2007 pendant la campagne électorale. Nicolas Sarkozy y était censé avoir réussi à se maintenir à la tête de l’Etat pendant des lustres - son rêve - et comme Kim Jong II avait quand même fini par mourir. Mêmes scènes de désespoir hystérique parmi les Français que ces images top délire des Nord-coréens qui nous ahurissent dans un pays transformé en camp de concentration à ciel ouvert. Sans oublier les bagnes. Il n’y manquerait plus qu’une Laurence Ferrari éplorée - bien décatie : on l’aura rappelée pour la circonstance, la sortant de la maison de retraite où elle finissait ses jours - pleurant à l’antenne comme la journaliste de Pyongyang !

Je suis comme la plupart des observateurs, incapable de faire le départ entre désolation sincère et chagrin sur commande dans un pays où tout le monde surveille tout le monde. Sans doute les deux. Ce n’est nullement une réponse de Normande mais pour les Nord-coréens vivant dans un univers clos sans avoir le plus souvent aucune idée de ce qui se passe dans le reste du monde, et de surcroît fort endoctrinés, Kim Jong II représentait l’idéal du dirigeant. « Soleil de la Nation » ou « Cher leader » - si Nicolas Sarkozy est bien un "cher" leader, c’est qu’il nous aura coûté bonbon ! - mais ces images d’adultes - hommes et femmes - accroupis par terre, sanglotant et tapant de la main ou du poing sur le sol sont pour le moins stupéfiantes. Pathétiquement hilarant si je puis me permettre cet oxymorron.

J’ai beau avoir éprouvé de très gros chagrins et avoir pleuré plus qu’à chaudes larmes et sans aucune retenue à la disparition d’être chers, qu’ils fussent les membres de ma famille ou d’autres proches, jamais je n’ai versé dans une telle hystérie démonstrative.

Il ne reste plus qu’à imaginer les même scènes en 2012 parmi ses supporters déconfits de l’UMP si Nicolas Sarkozy prend la déculottée électorale qu’il mérite mais je pense qu’en l’occurrence la colère devrait le disputer au chagrin.

Nicolas Sarkozy et le culte de la personnalité
Retrouvez Lait d'Beu sur son blog.








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez