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Mutation du préfet du Var: derrière Sarko, Falco?Ella Roche - Marianne | Vendredi 19 Juin 2009 à 12:01 | Lu 8177 fois
Que Nicolas Sarkozy ait pu vouloir la tête du représentant de l'Etat dans le Var, c'est possible. En revanche, ce qui est sûr, c'est que le maire de Toulon et Secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire, Hubert Falco, ne l'a pas retenu...
(photo : Ske - Wikimedia commons - cc)
Un tout-à-l’égout qui ne voit pas le jour pour la villa du Cap Nègre de belle-maman et, au final, c’est le préfet du coin qui trinque. La thèse du site Mediapart est alléchante : Nicolas Sarkozy n’aurait pas apprécié qu’un an après son intervention, le dossier n’ait toujours pas été réglé et aurait « limogé » celui qu’il tiendrait pour responsable : le préfet du Var, Jacques Laisné. Par le passé, il y a des représentants de l'Etat qui ont été mutés pour moins que ça. D’ailleurs, du côté de la préfecture du Var, on ne contredit pas cette théorie. Mais on ne la confirme pas non plus. On se montre en définitive très peu bavard. Une collaboratrice de Jacques Laisné confie simplement que « si le Préfet a des états d’âme, il les garde bien pour lui ! » Et elle s’empresse d’ajouter que l'« espérance de vie » d’un préfet à un poste oscille, de toutes façons, « entre dix-huit mois et trois ans »…
Soit. Du côté des journalistes de Var-Matin, on n’ose pas non plus trop s’avancer sur l’implication de Nicolas Sarkozy dans cette affaire. En revanche, parmi eux, la rumeur court : derrière cette mutation soudaine, ils veulent voir la « patte »… du maire de Toulon et Secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire, Hubert Falco. Et on comprend que la rumeur ait autant de succès dans leurs rangs : c’est à lui qu’ils estiment déjà devoir la mutation (tout aussi soudaine) de leur directeur départemental, Patrice Maggio, en mai dernier. Comme l'expliquait Le Canard enchaîné, « il avait le tort de ne pas assez vanter les mérites du maire UMP de Toulon » et s'est retrouvé « rétrogradé comme simple reporter et expédié à Marseille. » La marque d’Hubert Falco dans la mutation de Jacques Laisné à la Cour des comptes, l’opposition locale croit aussi la déceler. Un élu socialiste du Conseil régional explique ne pas avoir « de certitudes » mais avance de « sérieux doutes » : « Le préfet Jacques Laisné est un sarkozyste de choc, confie-t-il, il n’y a qu’à voir le découpage électoral militant qu’il nous a concocté ! Mais il faut bien reconnaître que sur quelques dossiers, il a bousculé les élus locaux de la majorité et s’est engagé sur des terrains un peu glissants, heurtant au passage ce que l’on pourrait appeler leur sensibilité “immobilière”… » L’homme les aurait notamment « bousculés » sur les questions de logements sociaux (le Var étant cruellement en retard dans ce domaine) et aurait mis son nez dans le dossier de rénovation du centre ancien de Toulon : « Les services préfectoraux se sont montrés très sévères à l’égard des services de la Ville à propos du retard qu’a pu prendre le chantier... » «Le problème du Var, c'est qu'au bout de la route, il y a le Cap Nègre!»
La Tribune du Sud, elle, n’y va pas par quatre chemins. Le tout nouveau « quotidien d'information et d'actualité de la région Provence » explique que « le maire de Toulon militait depuis des mois pour son remplacement » : « A y regarder de plus près, explique le journal, [l’affaire du Cap Nègre] pourrait tout simplement ressembler à une histoire de complicité entre deux hommes. D’un côté Hubert Falco, le maire UMP de Toulon ; de l’autre, Hugues Parant, le préfet de Meurthe-et-Moselle (le remplaçant de Jacques Laisné, ndlr). Ils se sont en effet rencontrés récemment lors de la délicate tournée du secrétaire d’État à l’Aménagement du territoire. Chargé de la suppression d’une unité militaire dans l’Est de la France, le ministre avait été impressionné par la capacité de négocier et le tact du préfet. (…) “C’est un serviteur de l’État comme lui qu’il me faudrait dans le Var”, aurait alors murmuré Hubert Falco de retour dans son département… »
Selon certaines indiscrétions, le maire de Toulon se serait écrié à la lecture du papier de Mediapart que « le problème du Var, c'est qu'au bout de la route, il y a le Cap Nègre ! » Pour lui, c'est clair, imaginer que Nicolas Sarkozy ait pu décider de se débarrasser du préfet Laisné à cause du tout-à-l’égout de la famille Bruni relève du « fantasme ». Ce qui n'empêche pas Monsieur le Secrétaire d'Etat d'être de fort bonne humeur depuis l'annonce de son départ...
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