Marianne2 2012

Muselier : « Je ne lâcherai pas le PS sur Guérini ! »

Samedi 3 Septembre 2011 à 15:01 | Lu 7895 fois I -2 commentaire(s)

Propos recueillis par Laureline Dupont - Marianne

Fraichement nommé à la tête de l'Institut du Monde arabe par le président de la « République irréprochable », Renaud Muselier semble bien décidé à prouver sa légitimité. Présent sur le campus de l'UMP, il a accepté de revenir, pour Marianne, sur les raisons de sa nomination. Et tente au passage de convaincre - de se convaincre ?- qu'à l'UMP, l'unité triomphe sur la division, et que le parti est en route pour la victoire.


Marianne : Vous serez nommé mercredi à l'IMA, pourquoi vous ?
Renaud Muselier : Quand monsieur Baudis a été nommé aux Droits de l'Homme, le poste de l'Institut du Monde arabe (IMA) s'est libéré, à ce moment là, j'ai rappelé mon existence auprès du président de la République, du Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères. J'ai fait valoir mon profil : Marseillais, médecin, deux fois secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères dans une période compliquée, je connais parfaitement tous les ambassadeurs français et arabes et parallèlement à cela, je suis président du conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée. Très vite, le président et le Premier ministre ont décidé de me confier ce poste, la décision a été prise fin juin. Nous avons eu une première réunion de travail avec Dominique Baudis, Alain Juppé et l'ensemble des ambassadeurs français de la zone arabe à l'IMA mercredi dernier.

Vous n'avez pas les sentiment que votre nomination, qui fait suite à celle d'Arno Klarsfeld à l'OFII, peut apparaître comme un coup de canif supplémentaire dans la fameuse « République irréprochable » voulue par Nicolas Sarkozy ?
R.M. : Je ne sais pas ce que je constate en tout cas c'est que personne ne critique mon arrivée…

Si, le Parti Socialiste a dénoncé l'utilisation de l'IMA comme d'un « tremplin pour les élections locales » ...
R.M. : Oui, mais c 'est l'opposition qui ne fait que critiquer depuis cinq ans donc on va le passer en perte et profit. J'aurais pu avoir une montée au créneau de la presse diplomatique, du monde culturel, des diplomates, du syndicat CGT qui est majoritaire à l'IMA ou même des administrateurs. Or personne n'émet aucune critique parce que je suis considéré comme quelqu'un qui sait écouter et qui connaît parfaitement le monde arabe.

Vous serez à Paris combien de jours par semaine ?
R.M. : Deux jours par semaine, plus les représentations puisque c'est un poste assez exceptionnel, on se retrouve dans tous les pays étrangers avec un statut particulier et aussi la nécessité de recevoir à Paris des personnalités de premier plan.

Justement, les socialistes vous accusent de vous servir de cette nomination comme d'un tremplin local mais finalement, ne risque-t-elle pas de vous éloigner de Marseille ?
R.M. : Non, c'est plutôt un plus pour Marseille, cette mission n'est pas exécutive, je suis président, et j'ai donc une mission d'organisation stratégique, de vision, d'organisation des expositions, de restructuration du site Internet, de la mise en valeur de l'IMA, etc. Il y a des choix stratégiques essentiels à faire et ça ne peut être que positif pour Marseille. Est-ce que vous croyez une seule seconde que ces personnes ne vont pas venir à Marseille ? Je reste marseillais même si j'ai en charge cet institut prestigieux. 
J'ai des responsabilisé ici à Marseille, je les assume. Je suis le seul ici avec Jean-Claude Gaudin à avoir été ministre, j'ai été élu quatre fois députés, j'aime ma ville, je fais de la politique au service des Marseillais. Sur la ville de Marseille, j'ai en charge l'organisation de « Marseille capitale de la culture 2013 ». Tous les chantiers ont été entrepris et ils seront réalisés en 2013.

C'est le timing parfait pour vous : en 2014, vous vous présentez !
R.M. : 2014 c'est loin, on verra... De toute façon, quand vous regardez l'échiquier politique, il n'y en a pas beaucoup qui sont susceptibles de porter l'étendard à droite comme il n'y en a pas beaucoup qui sont capables de porter l'étendard à gauche, donc forcément je fais partie de ces quelques personnalités. 

Au niveau national, comment jugez-vous la réaction de Jean-Pierre Raffarin qui a fustigé sur son blog « les déclarations brutales » de Nicolas Sarkozy à son encontre ?
R.M. : Je pense que ça a pris des proportions trop importantes et cela a été un peu dommageable pour cette première journée qui était une belle journée. Parallèlement à cela, l'unité était à peu près globale à l'exception du petit mot de Jean-Pierre Raffarin.

Et à l'exception de l'interview de Patrick Devedjian dans Le Monde
R.M. : Mais c'était moins important. D'un côté il y avait une relation entre un ancien Premier ministre et le président, et j'ai répondu hier aux questions en disant « on verra demain et s'il n'est pas là il y aura un vrai problème ». Il est là, il est arrivé à l'heure, il a été ovationné. En ce qui concerne les déclarations de Patrick Devedjian, je ne sais pas si il a contribué ou non au projet, en tout cas, il a au moins le mérite d'exister. Il y a des chose très techniques, très pratiques et ce sera au futur candidat de piocher dans la plate-forme ce qui l'intéresse le plus. 

Donc le moral des troupes est au beau fixe selon vous ?
R.M. : Tout le monde est content d'être là, l'ambiance est bonne, la salle est pleine, de ce côté là c'est très positif. Après, sont-ils sereins par rapport à la campagne présidentielle ? Avez-vous une seule campagne où l'été d'avant on était serein ? Jamais ! En 2006 à Marseille, on n'était pas serein, on était dans la préparation, dans l'enthousiasme.

Sauf que là vous avez des obstacles mutliples et variés qui surgissent, entre la crise financière, les écoutes... ?
R.M. : Vous croyez qu'ils n'en ont pas les socialistes des obstacles ? Nous nous sommes aux manettes. Vous croyez que monsieur Hollande et madame Aubry vont s'en sortir facilement avec l'affaire Guérini à Marseille ? Voilà qui a un peu plus d'importance que madame Bettencourt qui aurait donné son l'argent personnel à monsieur Sarkozy, surtout qu'apparemment ce n'est pas le cas. En tant que Marseillais, je ne les lâcherais pas, cela fait deux ans qu'on suit cette affaire de très près, j'ai été menacé personnellement, ils ont détourné l'argent des impôts des Marseillais pour leur enrichissement familial, et les socialistes ne disent rien ? Quelle honte ! 







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