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Municipales : une petite vague rose à mi-parcours

Anna Borrel | Lundi 10 Mars 2008 à 12:18 | Lu 11913 fois

A l’issue du premier tour, la gauche prend une nette avance, à confirmer. L’extrême gauche se redresse, le FN s’effondre et le Modem lutte pour conserver sa place d’arbitre.



Attention, pas de « triomphalisme » : c’est le mot d’ordre à gauche. Si l’essai reste à transformer au second tour, la progression de la gauche attendue a bien eu lieu. Au plan national, les listes de gauche et des Verts raflent 47,5% des suffrages contre 40% pour celles de la droite. En guise de bémol, on fera valoir que ce n'est que 3 points de plus qu'en 2001, année considérée comme plutôt mauvaise par les socialistes habitués à se démarquer lors des scrutins locaux. Néanmoins, on remarque quelques belles prises pour le PS : Rouen, Alençon, Laval ou Rodez, dès le premier tour, des acquis consolidés tels Lille, Lyon et surtout un joli score à Paris. Pour François Hollande, les trois villes de la victoire étaient Strasbourg, Toulouse et Marseille. La première tombe déjà dans l’escarcelle de la gauche, la seconde – sans réservoir de voix pour le candidat de droite – paraît très bien engagée, mais pour Marseille, cela s’avère plus difficile. Guérini s’est laissé distancer par Gaudin, sans reports significatifs à espérer. Reste à voir les résultats définitifs, lundi prochain. En 2001, sur l’ensemble des villes de plus de 20 000 habitants, les municipales s’étaient soldées pour le PS par un solde négatif de 25 communes : « on dira qu’on a gagné si on les récupère cette fois-ci », analysait Henri Weber dimanche soir. En réalité, les socialistes sont déjà assurés de faire plus, mais s'assurent ainsi un argumentaire prudent propre à étayer leurs cris de victoire au soir du seconde tour.

Le PCF en résistance
La vraie surprise est peut-être la façon inattendue dont le PCF tire son épingle du jeu. Outre les belles prises de premier tour comme la reconquête de Dieppe, les communistes peuvent s’enorgueillir d’avoir très bien résister dans les fameuses banlieues rouges que le PS leur contestait, en remportant notamment Tremblay dès le premier tour et en s’imposant à la Courneuve. De son côté, malgré ses petits moyens, la LCR, qui jouait cette élection pour la première fois, n’a pas fait un mauvais scrutin avec des résultats de 5 à 10% dans les villes où elle présentait des candidats. Le Front national, lui, continue de s’effondrer, sans atteindre les 5% au niveau national. Même Marine Le Pen n'est pas parvenue à s'affirmer à Henin-Beaumont.

Moyen Modem
Le Modem, enfin, est resté sur la ligne de crête, sans démériter mais sans briller non plus. Les mauvais points : un score moyen à Paris inférieur à 10% et une seconde place pour François Bayrou dans son fief de Pau. Malgré tout, le parti centriste peut encore jouer son rôle d’arbitre dans de nombreuses villes où il dépasse les 10% : Saint-Etienne, Aix-en-Provence, Metz, Belfort, Quimper, Evreux ou encore Chartres. Le jeune parti devrait ainsi pouvoir s’appuyer sur quelques conseillers municipaux pour tenir jusqu’à l’élection présidentielle de 2012. Le report de ses voix, de celles des partis de gauche, et la participation des électeurs au second tour seront cependant décisifs pour entériner le vote « sanction » réclamé par le PS.


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