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Moi, Jean S., 23 ans de galère dans le 9-2Amandine Janik et Anna Alter - Marianne | Jeudi 15 Octobre 2009 à 17:01 | Lu 24098 fois
Nous publions en exclusivité la photo de classe de terminale de Jean Sarkozy. Où l'on se rend compte que le petit n'a pas eu une vie facile tous les jours dans le ghetto de Neuilly…
Volant au secours du jeune banlieusard à qui les vigiles voulaient interdire l’accès au club de la Défense, Luc Chatel, porte-parole de la France d’en haut, s’est indigné dans la petite lucarne: « Ils veulent interdire l’élection à un candidat de par son origine sociale, son nom, son faciès». Cette accumulation d’injustices qui frappe un jeune de 23 ans lui fait craindre le pire pour notre démocratie. « C’est ça la République ?» s’est-il interrogé au journal de 20 heures, arrachant aux téléspectateurs des larmes de crocodile (assorties au cuir des chaussures du discriminé ?)
Parfois, il vaut mieux être misérable que puissant
Et quand on regarde la photo de classe de ce lycée sensible du 9-2 (voir ci-dessus), on se demande comment l’élève situé à l’extrême gauche a réussi à s’en sortir. Ce n’était pas gagné. Entouré de jeunes filles bûcheuses qui aujourd’hui finissent avec aisance leur master de droit ou de langues, ou décrochent les doigts dans le nez le diplôme de Sciences Po, l’élève Sarkozy passe pour un autodidacte. Avec un parcours scolaire chaotique, il a été obligé de se faire tout seul. Il a laissé tomber sa 1ère S à Sainte-Croix de Neuilly pour une 1ère L à Pasteur (toujours à Neuilly), renonçant en cours d’année aux mathématiques pour s’ouvrir au monde des lettres. En terminale, sa prof de français a remarqué son éloquence et aurait aimé le pousser vers des métiers nobles comme écrivain ou éditeur. Mais le pauvre garçon a été rattrapé par son destin. Il a balayé ses concurrents, sali ses mocassins sur le bitume des Hauts-de-Seine et se fait maintenant traîner dans la boue. C’est que le garçon défavorisé trime au Conseil général, préside le groupe UMP et doit affronter les dures railleries dues à sa naissance « J’ai compris que quand on s’appelle Sarkozy, c’est parfois plus difficile » se plaint Jeannot, le mal aimé des Français.
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