Micro-partis: à chacun le sien, surtout à droite !
Mercredi 21 Juillet 2010 à 12:01 | Lu 9387 fois I 14 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Entièrement dévolus à la promotion de personnalités politiques, les micro-partis fleurissent. Présentés comme de vulgaires pompes à finances politiques, la plupart se revendiquent comme de véritables boîtes à idées. Si la droite profite allègrement de ces structures, à gauche Manuel Valls, Laurent Fabius, Robert Hue ou encore Ségolène Royal ont également créé leurs partis satellites.
Au cœur de l’affaire Woerth, les récentes révélations sur la levée de fonds opérée par Laurent Wauquiez attirent l’attention sur les micro-partis, qu'on les appelle partis de poche ou nano-partis (à lire dans la prochaine édition de Marianne). Véritables sex-toys de la vie politique - chacun le sien -, ces structures bâtardes hésitent entre la pseudo-boite à idées et la pompe à finances du « gros » parti.
Espèce en voie de prolifération, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) en recensait 28 en 1990. Fin 2009, elle en dénombre 296.
Précurseur en la matière, dès 2006, Jean-François Copé créait Génération France.
En pleine tourmente sur le véritable rôle de ces partis satellites, le think-tank créé par Jean-François Copé a ouvert au début du mois de juillet sa centième antenne à Toulon.
Pourvu d’un site Internet régulièrement mis à jour, Génération France organise des débats thématiques dans toute la France et se veut une véritable « plateforme présidentielle au service de Nicolas Sarkozy », avant, pourquoi pas, de se transformer en véritable écurie présidentielle au service du député Maire de Meaux à l’horizon 2017.
Invité mardi 20 juillet de France-Inter, Jean-François Copé, s’est clairement distingué de la démarche d’Eric Woerth et des relations de sa structure avec l’UMP : « Il s'agit là de financer un club de débat et d'idées, qui est extrêmement actif, Génération France. Vous le connaissez. Il existe depuis 4 ans. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il contribue au débat démocratique. Moi je vous dis Génération France ne reçoit aucun fonds de l'UMP. Aucun. J'ai vu d'ailleurs dans la presse que d'autres clubs étaient financés pour partie par le parti. Très bien. Pour ce qui nous concerne nous n'avons jamais reçu le moindre euro du parti ».
Espèce en voie de prolifération, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) en recensait 28 en 1990. Fin 2009, elle en dénombre 296.
Précurseur en la matière, dès 2006, Jean-François Copé créait Génération France.
En pleine tourmente sur le véritable rôle de ces partis satellites, le think-tank créé par Jean-François Copé a ouvert au début du mois de juillet sa centième antenne à Toulon.
Pourvu d’un site Internet régulièrement mis à jour, Génération France organise des débats thématiques dans toute la France et se veut une véritable « plateforme présidentielle au service de Nicolas Sarkozy », avant, pourquoi pas, de se transformer en véritable écurie présidentielle au service du député Maire de Meaux à l’horizon 2017.
Invité mardi 20 juillet de France-Inter, Jean-François Copé, s’est clairement distingué de la démarche d’Eric Woerth et des relations de sa structure avec l’UMP : « Il s'agit là de financer un club de débat et d'idées, qui est extrêmement actif, Génération France. Vous le connaissez. Il existe depuis 4 ans. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il contribue au débat démocratique. Moi je vous dis Génération France ne reçoit aucun fonds de l'UMP. Aucun. J'ai vu d'ailleurs dans la presse que d'autres clubs étaient financés pour partie par le parti. Très bien. Pour ce qui nous concerne nous n'avons jamais reçu le moindre euro du parti ».
Des débats devant des militants conquis
Il n’empêche Génération France est une belle machine à cash comme le fait remarquer Sarkofrance : « en 2006, elle récoltait déjà 117 000 euros de dons de personnes physiques. En 2007, riche année, les dons grimpent à 221 363 euros. En 2008, l'association récupère encore 116 065 euros. Au total, il a ainsi amassé plus de 450 000 euros auprès de personnes physiques en trois ans, en sus de l'UMP. Les dépenses du club de Copé sont englouties dans la rubrique «propagande et communication» : à peine 27 000 euros en 2006, mais 172 452 euros en 2007, puis 164 399 euros en 2008 ».
Simple paravent électoral, pompe à fric ou véritables laboratoires à idées ? Côté idées, chacun jugera de l’utilité de la profusion de débats organisés par ces micro-structures. En 2008, lors de la remise du rapport sur l’audiovisuel public, Génération France organisait un débat sur le thème : « Médias, dans les coulisses d’une révolution » avec Michel Drucker en vedette américaine. Le tout devant une centaine de happy-few, conquis.
Simple paravent électoral, pompe à fric ou véritables laboratoires à idées ? Côté idées, chacun jugera de l’utilité de la profusion de débats organisés par ces micro-structures. En 2008, lors de la remise du rapport sur l’audiovisuel public, Génération France organisait un débat sur le thème : « Médias, dans les coulisses d’une révolution » avec Michel Drucker en vedette américaine. Le tout devant une centaine de happy-few, conquis.
Renouveler le débat public avec toujours les mêmes experts
A la différence de Jean-François Copé, Laurent Wauquiez n'a pas fait l’effort de déployer toute cette scénaristique. Un bon restaurant british, le gratin de la place financière londonienne avec pour thème de la soirée « l’état de la situation financière mondiale ». Le reste relève de l’aumône au politique.
Fin juin, devant 250 personnes, Valérie Pécresse inaugurait, elle aussi, son Labo des idées, un « collectif républicain, social et écologique » qui entend, c'est pour le moins original, « renouveler le débat public ». Premier débat au calendrier -ô surprise- : « la crise » et « le rôle de l’Etat face à la crise ». Pour discuter de ces nouvelles problématiques et renouveler le débat public, nonfiction.fr relevait la présence d’experts aussi peu « visibles » qu’un chroniqueur du Monde, un de Libération et un collaborateur des Echos, par ailleurs professeurs à l’Ecole des Mines, à Dauphine où à l’Ecole d’économie de Toulouse.
Autant dire que le modèle dominant est passé, ce soir là, tout près de la correctionnelle.
Fin juin, devant 250 personnes, Valérie Pécresse inaugurait, elle aussi, son Labo des idées, un « collectif républicain, social et écologique » qui entend, c'est pour le moins original, « renouveler le débat public ». Premier débat au calendrier -ô surprise- : « la crise » et « le rôle de l’Etat face à la crise ». Pour discuter de ces nouvelles problématiques et renouveler le débat public, nonfiction.fr relevait la présence d’experts aussi peu « visibles » qu’un chroniqueur du Monde, un de Libération et un collaborateur des Echos, par ailleurs professeurs à l’Ecole des Mines, à Dauphine où à l’Ecole d’économie de Toulouse.
Autant dire que le modèle dominant est passé, ce soir là, tout près de la correctionnelle.
Valls, Hue, Royal et...Fabius: à chacun son micro-parti
Face à cette épidémie de micro-partis, la gauche pousse des cris d'orfraie, appelant à une règlementation. Selon Benoit Hamon, Manuel Valls estt le seul socialiste à avoir créé une structure de ce type, répondant au doux nom de « Besoin d'optimisme » et à se mettre en faute par rapport au règlement intérieur du PS qui interdit la double appartenance. Elisabeth Guigou a d'ailleurs exigé sur RTL que l'on modifie la loi pour en arrêter la croissance inflationniste. Pas décidé à se faire couper la tête tout seul, Valls répliquait de façon énigmatique « il y en a quelques uns...». La CNCCFP recense, en effet, d'autres micro-partis à gauche Robert Hue et son Mouvement Unitaire Progressiste, Besancenot et le Nouveau Parti Anti-capitaliste. Désirs d'avenir, cher à Ségolène Royal était également un parti satellite jusqu'en 2008 avant de devenir une association loi 1901.
Mais la pêche aux micro-partis s'est révélée fructueuse avec « Agir pour l'égalité » -on notera la richesse créative et les ambitions sans limites de toutes ces structures- un micro-parti d'obédience fabiusienne, présidé par Claude Bartolone qui visait à participer au financement de la campagne de Fabius à l'occasion de la primaire socialiste de 2006. Débaptisé, il s'appelle désormais Rassembler la gauche, et semble en sommeil depuis deux ans. Il proposait néanmoins sur son site cette fonction tellement essentielle, sinon vitale: « faire un don pour soutenir Rassembler la gauche ».
Mais la pêche aux micro-partis s'est révélée fructueuse avec « Agir pour l'égalité » -on notera la richesse créative et les ambitions sans limites de toutes ces structures- un micro-parti d'obédience fabiusienne, présidé par Claude Bartolone qui visait à participer au financement de la campagne de Fabius à l'occasion de la primaire socialiste de 2006. Débaptisé, il s'appelle désormais Rassembler la gauche, et semble en sommeil depuis deux ans. Il proposait néanmoins sur son site cette fonction tellement essentielle, sinon vitale: « faire un don pour soutenir Rassembler la gauche ».
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