Michel Sapin, allié caché de Jean-Luc Mélenchon ?
Lundi 12 Mars 2012 à 18:04 | Lu 21927 fois I 79 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, rédacteur en chef de Marianne2.fr et co-responsable du service politique... En savoir plus sur cet auteur
Il fallait entendre Michel Sapin expliquer, sur France Inter dans un débat avec Valérie Pécresse, la différence entre le programme de Sarkozy et celui de son candidat François Hollande. En bref, une petite dizaine de milliards d'euros. De quoi convaincre des millions d'électeurs de voter Mélenchon...
« Quelles sont les dépenses que vous voulez réduire ? » Semblant atteint lui aussi par la « maladie aphatique » (le TOD comme « tic obsessionnel de la dette » que manifeste un jour sur deux le journaliste de RTL), Patrick Cohen a apostrophé Michel Sapin qui était opposé à Valérie Pécresse ce lundi matin 12 mars sur France Inter. En charge du programme de François Hollande Sapin n'a eu aucune difficulté à répondre que le projet de son candidat prévoyait de limiter à 1% par an l'augmentation des dépenses publiques.
Ce qui a fait montrer notre ministre du budget sur ses ergots : Donc elles augmentent, a-t-elle immédiatement rétorqué.
La saillie a obligé Michel Sapin à recadrer la discussion :« Faisons le débat entre le 0,5% de croissance de nos dépenses publiques qui est le vôtre et le 1% de croissance de nos dépenses publiques qui est le nôtre. » Ca se situe à peu près à cinq minutes après le démarrage de la video ci-dessous :
Ce qui a fait montrer notre ministre du budget sur ses ergots : Donc elles augmentent, a-t-elle immédiatement rétorqué.
La saillie a obligé Michel Sapin à recadrer la discussion :« Faisons le débat entre le 0,5% de croissance de nos dépenses publiques qui est le vôtre et le 1% de croissance de nos dépenses publiques qui est le nôtre. » Ca se situe à peu près à cinq minutes après le démarrage de la video ci-dessous :
Michel Sapin était fier, en effet d’avoir trouvé, enfin, ce qui distingue la droite de la gauche : « C'est toute la différence entre la politique d'austérité qui va de nouveau plomber la croissance et la politique de maîtrise de notre dette et nos dépenses publiques tout en maintenant la croissance. »
On ne saurait défendre plus maladroitement François Hollande, le candidat qui veut « réenchanter le rêve français ». Car que représente exactement l’écart de 0,5% du PIB entre la droite sarkozyste et la gauche hollandiste ? A peu de choses près une petite dizaine de milliards d’euros, comme l'a dit Valérie Pécresse.
D'abord, l'idée que 10 milliards de plus ou en moins sur le budget de l'Etat peuvent nous précipiter dans la récession ou, au contraire nous assurer d'un rebond de la croissance, est curieux de la part d'un économiste.
Bien sûr, chacun aimerait peut-être disposer de 1% ou même 0,1% de cette somme. Mais enfin, avouez que considérer que cette différente constitue l’identité de la gauche, il y a un saut qualitatif que seul un social-libéral obtus du genre de Michel Sapin peut franchir… Déjà, voici une dizaine ou une quinzaine d'années, ceux qui savaient écouter les candidats (et compter) pouvaient constater qu'il n'y avait qu'une quarantaine de milliards de francs pour séparer les programmes de Jospin et de Chirac. Entre temps, il y a eu la crise financière, la crise de la dette, la Grèce, la faillite des politique d'austérité, le plan Merkozy. Et tout ça serait ramené à une dizaine de milliards de différence ?
Conclusion : si François Hollande veut faire continuer à faire monter Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, il doit de toute urgence l'envoyer sur tous les plateaux de télévision : si Sapin continue à expliquer ce qu'est vraiment la différence entre la droite et la gauche, « Méluche » peut vraiment monter à 15 ou 20%...
On ne saurait défendre plus maladroitement François Hollande, le candidat qui veut « réenchanter le rêve français ». Car que représente exactement l’écart de 0,5% du PIB entre la droite sarkozyste et la gauche hollandiste ? A peu de choses près une petite dizaine de milliards d’euros, comme l'a dit Valérie Pécresse.
D'abord, l'idée que 10 milliards de plus ou en moins sur le budget de l'Etat peuvent nous précipiter dans la récession ou, au contraire nous assurer d'un rebond de la croissance, est curieux de la part d'un économiste.
Bien sûr, chacun aimerait peut-être disposer de 1% ou même 0,1% de cette somme. Mais enfin, avouez que considérer que cette différente constitue l’identité de la gauche, il y a un saut qualitatif que seul un social-libéral obtus du genre de Michel Sapin peut franchir… Déjà, voici une dizaine ou une quinzaine d'années, ceux qui savaient écouter les candidats (et compter) pouvaient constater qu'il n'y avait qu'une quarantaine de milliards de francs pour séparer les programmes de Jospin et de Chirac. Entre temps, il y a eu la crise financière, la crise de la dette, la Grèce, la faillite des politique d'austérité, le plan Merkozy. Et tout ça serait ramené à une dizaine de milliards de différence ?
Conclusion : si François Hollande veut faire continuer à faire monter Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, il doit de toute urgence l'envoyer sur tous les plateaux de télévision : si Sapin continue à expliquer ce qu'est vraiment la différence entre la droite et la gauche, « Méluche » peut vraiment monter à 15 ou 20%...
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