Mélenchon veut débattre... particulièrement avec Marine Le Pen
Dimanche 28 Août 2011 à 20:15 | Lu 23630 fois I 0 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
A son meeting de rentrée à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon a encore tapé sur ses concurrents mais s’est dit disponible pour débattre avec « tout le monde»… Comprendre : y compris avec la présidente du FN.
(Photo Marianne2)
De 2 000 à 3 000 personnes étaient attendues à la Halle Clémenceau de Grenoble dimanche matin pour le discours de clôture du « Remue-méninge» du Parti de Gauche. Dès dix heures les mots d’ordre était scandés haut et fort : « Tous ensemble ! Tous ensemble !» Et plus loin : « Résistance ! Résistance ! » Des impératifs de solidarité et d’indignation face à la crise, au « capitalisme à la papa», aux « bons docteurs du FMI » et aux riches qui se sont bien « goinfrés». « Il faut sortir de cette logique mortifère», presse Clémentine Autain(FASE). Et Pierre Laurent d’ajouter : « On nous ment sur ça en permanence». La régle d’or ? « Une question complètement bidon !», s’exclame Martine Billard (PG). « Un piège terrible de Sarkozy tendue à la gauche», renchérit Christian Picquet (Gauche Unitaire) sous les applaudissements nourris des militants.
Après cette introduction scénarisée quelque peu poussive où chaque représentant des composantes de l’alliance électorale du Front de gauche s’exprime sur des thèmes préparés à l’avance, Jean-Luc Mélenchon – costume sombre et cravate rouge – peut enfin faire son one-man show. Jamais avare d’un bon mot ou d’une envolée lyrique, le trublion médiatique est comme un poisson dans l’eau. Un naturel travaillé avec application, penché sur son discours – qu’il ne consultera pas une seule fois à la tribune – encore quelques minutes avant de monter sur scène. Pendant une heure, il égraine quelques uns de ses thèmes de campagnes – la planification écologique notamment – et rappelle ses propositions économiques. Mais il élabore surtout une provocation en règle de ses adversaires…
Après cette introduction scénarisée quelque peu poussive où chaque représentant des composantes de l’alliance électorale du Front de gauche s’exprime sur des thèmes préparés à l’avance, Jean-Luc Mélenchon – costume sombre et cravate rouge – peut enfin faire son one-man show. Jamais avare d’un bon mot ou d’une envolée lyrique, le trublion médiatique est comme un poisson dans l’eau. Un naturel travaillé avec application, penché sur son discours – qu’il ne consultera pas une seule fois à la tribune – encore quelques minutes avant de monter sur scène. Pendant une heure, il égraine quelques uns de ses thèmes de campagnes – la planification écologique notamment – et rappelle ses propositions économiques. Mais il élabore surtout une provocation en règle de ses adversaires…
La seule confrontation qui compte, c’est avec Marine Le Pen
Il n’y a ici « ni tireurs dans le dos, ni snippers collatéraux », tacle d’emblée l’ex ministre de Lionel Jospin reprenant la petite musique de la critique de la primaire socialiste. « Au Front de gauche, il n’y a aucune guerre de personne» jure-t-il sous la clameur du public avant de dénoncer François Hollande, hué pour son « cynisme » face à l’austérité. « C’est lui qui a engagé cette compétition ! », juge-t-il sévèrement à l’égard de son ancien camarade du PS. Mais ses foudres ne s'abattent pas que sur les socialistes. Loin s’en faut.
A la droite, le candidat du Front de Gauche demande de « faire cesser cette mascarade». « La dette est un pré-texte !», assène-t-il en se moquant du président de la République. « Ah, voici Arpagon au gouvernement !», ironise-t-il avant de singer : « Ma cassette !» devant des militants pliés en quatre. Aux centristes, il lance également une pique en forme d’avertissement envers les électeurs : sont-il des candidats de « propositions » ou de simples « rabatteurs » pour Sarkozy ?
Rien à destination de l’extrême droite ? Pas sûr. A plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon se clamera « disponible pour débattre ». C’est « où ils veulent, quand ils veulent !» ose même le candidat au sang chaud. Un peu « Tare ta gueule à la récré ». Cela dit, il faut bien avouer, c’est plutôt bien joué. Surtout face à un Hollande ou une Aubry qui se liquéfient rien qu’à l’idée d’un débat de peur de perdre un point ou deux dans les sondages. Mais cet appel à « parler avec tout le monde» - « je dis bien tout le monde», répéte-t-il – est aussi lancé à l’autre Front, celui de Marine Le Pen, avec qui Mélenchon souhaiterait volontiers un second round. « La seule compétition qui existe, c’est celle avec Marine Le Pen. C’est la confrontation qui comptera à la fin », acquiesçait vendredi soir François Delapierre, directeur de campagne de Mélenchon, identifiant le FN comme leur principal adversaire.
A la droite, le candidat du Front de Gauche demande de « faire cesser cette mascarade». « La dette est un pré-texte !», assène-t-il en se moquant du président de la République. « Ah, voici Arpagon au gouvernement !», ironise-t-il avant de singer : « Ma cassette !» devant des militants pliés en quatre. Aux centristes, il lance également une pique en forme d’avertissement envers les électeurs : sont-il des candidats de « propositions » ou de simples « rabatteurs » pour Sarkozy ?
Rien à destination de l’extrême droite ? Pas sûr. A plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon se clamera « disponible pour débattre ». C’est « où ils veulent, quand ils veulent !» ose même le candidat au sang chaud. Un peu « Tare ta gueule à la récré ». Cela dit, il faut bien avouer, c’est plutôt bien joué. Surtout face à un Hollande ou une Aubry qui se liquéfient rien qu’à l’idée d’un débat de peur de perdre un point ou deux dans les sondages. Mais cet appel à « parler avec tout le monde» - « je dis bien tout le monde», répéte-t-il – est aussi lancé à l’autre Front, celui de Marine Le Pen, avec qui Mélenchon souhaiterait volontiers un second round. « La seule compétition qui existe, c’est celle avec Marine Le Pen. C’est la confrontation qui comptera à la fin », acquiesçait vendredi soir François Delapierre, directeur de campagne de Mélenchon, identifiant le FN comme leur principal adversaire.
La campagne du NON érigée en modèle
Sur le papier, le plan paraît ambitieux. Jean-Luc Mélenchon – couvant des yeux les dernières révolutions arabes - souhaite voir se répéter 2005, quand la campagne du NON a triomphé au référendum sur le Traité constitutionnel. Aux grands maux, les grands remèdes, l’ancien sénateur ne ménage pas son auditoire. Aux « traine-patins épuisés d’avance », il lance « que le seul combat perdu d’avance, c’est celui qu’on ne mène pas». « N’attendez pas les moussons !», invoque-t-il en grand gourou du soulèvement populaire. « Mo-bi-li-sez-vous !», articule-t-il en incitant à un « automne de combat » contre les fermetures de classes et les suppressions de postes à l’éducation nationale.
Certes, pour 2012, Mélenchon ne peut compter que sur un maigre budget – à peine celui que le PS va dépenser pour la seule organisation de la primaire – mais il fait le « pari que ce sera de l’argent mieux employé». « Une élection, ça redémarre tous les mois », espère François Delapierre en tablant sur des poussées régulières en faveur de Mélenchon à chaque évènement. Reste à savoir à qui ces coup de boost dopés à la crise bénéficieront le plus : à lui ou à Marine Le Pen ?
Certes, pour 2012, Mélenchon ne peut compter que sur un maigre budget – à peine celui que le PS va dépenser pour la seule organisation de la primaire – mais il fait le « pari que ce sera de l’argent mieux employé». « Une élection, ça redémarre tous les mois », espère François Delapierre en tablant sur des poussées régulières en faveur de Mélenchon à chaque évènement. Reste à savoir à qui ces coup de boost dopés à la crise bénéficieront le plus : à lui ou à Marine Le Pen ?
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