Mélenchon, un Raffarin d'extrême gauche ?
Mercredi 29 Décembre 2010 à 06:01 | Lu 31684 fois I 597 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Jean-Luc Mélenchon franchit chaque jour un pas supplémentaire vers une adhésion totale et aveugle au modèle d'ultra-libéralisme d'Etat inventé par Pékin, niant l'impérialisme économique chinois, refusant d'évoquer toute atteinte aux droits de l'homme, sans se soucier beaucoup plus des conditions sociales qui font le succès du Made in China. Incompréhensible.
Mélenchon est-il un Raffarin d’extrême gauche ? C’est en véritable VRP de l’Empire du Milieu que Mélenchon se présente aujourd’hui sur son blog, martelant toujours la même rengaine sino-béate, se félicitant de voir la Chine porter secours aux pays à bout de souffle de la vieille Europe déclinante.
Difficile de ne pas suivre Mélenchon dans son constat féroce d’inefficacité du « bouclier européen » et de son bras séculier, « le FMI et son si social directeur « de gauche », l’indépassable des sondages, sa splendeur Dominique Strauss-Kahn lui-même ». De là à se vendre, corps et surtout biens au fameux « miracle chinois »… Mélenchon s’en amuse, se posant comme victime au passage : « Je ne vais pas m’en priver. Alors ? Alors ? Ceux qui acceptent l’argent des Chinois sont des « amis du Parti communiste chinois » ? Des ennemis de la liberté ? Des méchants avec le « peuple tibétain ». Ils ne tiennent aucun compte des mauvais traitements que subissent les travailleurs chinois ? Ah ! Ah ! Ah ! Ces Portugais sont-ils devenus mélenchonistes ? Car si on ne leur reproche rien, pourquoi m’accable-t-on moi ? ».
Difficile de ne pas suivre Mélenchon dans son constat féroce d’inefficacité du « bouclier européen » et de son bras séculier, « le FMI et son si social directeur « de gauche », l’indépassable des sondages, sa splendeur Dominique Strauss-Kahn lui-même ». De là à se vendre, corps et surtout biens au fameux « miracle chinois »… Mélenchon s’en amuse, se posant comme victime au passage : « Je ne vais pas m’en priver. Alors ? Alors ? Ceux qui acceptent l’argent des Chinois sont des « amis du Parti communiste chinois » ? Des ennemis de la liberté ? Des méchants avec le « peuple tibétain ». Ils ne tiennent aucun compte des mauvais traitements que subissent les travailleurs chinois ? Ah ! Ah ! Ah ! Ces Portugais sont-ils devenus mélenchonistes ? Car si on ne leur reproche rien, pourquoi m’accable-t-on moi ? ».
Mélenchon, défenseur du dumping social à la sauce pékinoise ?
C’est que Mélenchon est un récidiviste : la séquence du président du Parti de Gauche chez Drucker cherchant, en vain, le passage de son livre où il faisait référence aux droits de l’homme en Chine avait laissé pantois. Mélenchon se met à lire un passage où il est censément question des droits de l’homme. Raté : l’extrait n’est qu’une affirmation laborieuse et contestable que la Chine est une puissance pacifique qui ne pratique pas l’impérialisme. Un petit tour en Asie du Sud-Est et en Afrique ferait un bien fou à Mélenchon pour juger de ce qu’il estime n’être pas l’impérialisme économique chinois.
Histoire de détourner l’attention du public, Mélenchon lance alors à Sérillon: « A la différence d’autres, c’est moi qui écris mes livres » avant de passer à autre chose. Le ridicule du subterfuge pour un tel acrobate des médias était un peu grossier.
L’adhésion aveugle de Jean-Luc Mélenchon au modèle chinois demeure une énigme, y compris pour ceux qui, comme à Marianne2.fr, sont peu suspects d’anti-mélenchonisme primaire. Pourfendeur en chef, dans nos contrées, du productivisme, héraut des classes populaires, quand son regard se tourne vers Pékin -et uniquement Pékin-, Mélenchon est ébloui par un état autoritaire qui a tout misé sur la mondialisation sauvage, l’exploitation d’un immense prolétariat esclave, le dumping social pour, peu à peu, vider une Europe, largement consentante, de ses industries.
Sur son blog, inutile, par exemple, de chercher un mot de soutien aux 500.000 salariés chinois de l’usine Foxconn de Shenzhen, le pourvoyeur mondial d’iphone, qui protestaient contre leurs conditions de travail et réclamaient des augmentations de salaires (200 à 250 euros pour 80 heures par semaine…). Pour Mélenchon, les luttes sociales s’arrêtent-elles aux frontières hexagonales ?
Histoire de détourner l’attention du public, Mélenchon lance alors à Sérillon: « A la différence d’autres, c’est moi qui écris mes livres » avant de passer à autre chose. Le ridicule du subterfuge pour un tel acrobate des médias était un peu grossier.
L’adhésion aveugle de Jean-Luc Mélenchon au modèle chinois demeure une énigme, y compris pour ceux qui, comme à Marianne2.fr, sont peu suspects d’anti-mélenchonisme primaire. Pourfendeur en chef, dans nos contrées, du productivisme, héraut des classes populaires, quand son regard se tourne vers Pékin -et uniquement Pékin-, Mélenchon est ébloui par un état autoritaire qui a tout misé sur la mondialisation sauvage, l’exploitation d’un immense prolétariat esclave, le dumping social pour, peu à peu, vider une Europe, largement consentante, de ses industries.
Sur son blog, inutile, par exemple, de chercher un mot de soutien aux 500.000 salariés chinois de l’usine Foxconn de Shenzhen, le pourvoyeur mondial d’iphone, qui protestaient contre leurs conditions de travail et réclamaient des augmentations de salaires (200 à 250 euros pour 80 heures par semaine…). Pour Mélenchon, les luttes sociales s’arrêtent-elles aux frontières hexagonales ?
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