Mélenchon, rageur, trollé mais vaillant !
Mardi 30 Mars 2010 à 14:00 | Lu 30312 fois I 361 commentaire(s)
Bénédicte Charles - Marianne
Le leader du Parti de gauche s'est lâché face à la caméra d'un étudiant en journalisme de Sciences-Po.
La scène se passe le 19 mars dernier, en pleine campagne pour les régionales. Jean-Luc Mélenchon participe à une distribution de tracts devant une cantine interprofessionnelle du XIIème arrondissement parisien. Il répond aux questions d'un étudiant en journalisme de Sciences-Po quand soudain…
Le journalisme comme «voyeurisme et prostitution de l’esprit public».
Les journalistes, «sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier».
Sans parler de l'invective lancée au pauvre étudiant qui n'en peut mais : «Tu fermes ta petite bouche et tu me parles de politique. Moi je te parle de médias et de ton métier pourri» et autres «petite cervelle».
Tout dans cette vidéo a de quoi faire un bon gros buzz bien négatif sur Jean-Luc Mélenchon. Ça a d'ailleurs déjà commencé: la vidéo a été balancée hier soir via Twitter par l'apprenti journaliste qui l'a réalisée. Dans le texte qui l'accompagne sur Dailymotion, on peut lire : «[Mélenchon] n'était visiblement pas dans de bonnes dispositions. Ou peut-être s'est-il dit qu'il n'avait en face de lui qu'un simple "étudiant en journalisme" ? Se serait-il comporté de la même manière avec un "vrai" journaliste ?»
La réponse est comprise dans la question. Pourtant, les étudiants de sciences-Po se trompent. Jean-Luc Mélenchon se serait comporté de la même manière avec un «vrai» journaliste. Il l'a d'ailleurs déjà fait. Ainsi, en 2009, il avait lancé à Arlette Chabot, en plein direct, un sonore «Allez au diable !». Un an plus tôt, il avait accusé Jean-Marc Sylvestre de faire de la « propagande ». Le 7 février dernier, il a taclé le «mauvais esprit» de Jean-Michel Aphatie, sur le plateau du Grand Jury. On ne peut donc pas accuser Mélenchon d'être fort avec les faibles et faible avec les forts : tous les journalistes sont logés à la même enseigne.
Du reste, la colère de Mélenchon contre les médias ne date pas d'hier, et il serait dommage de n'y voir que la réaction épidermique d'un homme politique qui s'estime injustement traité par les journalistes.
Enfin, même si sa façon de le dire est outrancière, Mélenchon n'a-t-il pas raison, au fond? Pourquoi le Parisien, supposé journal populaire, n'a-t-il pas davantage traité la question de l'abstention ? La énième couverture sur les Francs-maçons, l'immobilier ou l'alimentation-qui-fait-vivre-plus-longtemps, la presse qui se dit «féminine», tout cela ne concourt-il pas à faire des journalistes de simples vendeurs de papier?
Les journalistes, «sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier».
Sans parler de l'invective lancée au pauvre étudiant qui n'en peut mais : «Tu fermes ta petite bouche et tu me parles de politique. Moi je te parle de médias et de ton métier pourri» et autres «petite cervelle».
Tout dans cette vidéo a de quoi faire un bon gros buzz bien négatif sur Jean-Luc Mélenchon. Ça a d'ailleurs déjà commencé: la vidéo a été balancée hier soir via Twitter par l'apprenti journaliste qui l'a réalisée. Dans le texte qui l'accompagne sur Dailymotion, on peut lire : «[Mélenchon] n'était visiblement pas dans de bonnes dispositions. Ou peut-être s'est-il dit qu'il n'avait en face de lui qu'un simple "étudiant en journalisme" ? Se serait-il comporté de la même manière avec un "vrai" journaliste ?»
La réponse est comprise dans la question. Pourtant, les étudiants de sciences-Po se trompent. Jean-Luc Mélenchon se serait comporté de la même manière avec un «vrai» journaliste. Il l'a d'ailleurs déjà fait. Ainsi, en 2009, il avait lancé à Arlette Chabot, en plein direct, un sonore «Allez au diable !». Un an plus tôt, il avait accusé Jean-Marc Sylvestre de faire de la « propagande ». Le 7 février dernier, il a taclé le «mauvais esprit» de Jean-Michel Aphatie, sur le plateau du Grand Jury. On ne peut donc pas accuser Mélenchon d'être fort avec les faibles et faible avec les forts : tous les journalistes sont logés à la même enseigne.
Du reste, la colère de Mélenchon contre les médias ne date pas d'hier, et il serait dommage de n'y voir que la réaction épidermique d'un homme politique qui s'estime injustement traité par les journalistes.
Enfin, même si sa façon de le dire est outrancière, Mélenchon n'a-t-il pas raison, au fond? Pourquoi le Parisien, supposé journal populaire, n'a-t-il pas davantage traité la question de l'abstention ? La énième couverture sur les Francs-maçons, l'immobilier ou l'alimentation-qui-fait-vivre-plus-longtemps, la presse qui se dit «féminine», tout cela ne concourt-il pas à faire des journalistes de simples vendeurs de papier?
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