Mélenchon quitte le PS. Pourquoi?
Vendredi 7 Novembre 2008 à 11:47 | Lu 40058 fois I 241 commentaire(s)
Luc Mandret
Par Luc Mandret. Les vraies raisons du départ de «Méluche» ne sont évidemment pas celles qu'il invoque. Décryptage.
Un communiqué de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon sans équivoque : après un charabia pour taper sur le vote d'hier soir et critiquer les socialistes, les deux écrivent : «par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d’action. Nous quittons le Parti socialiste». Les dés sont jetés : Mélenchon quitte le PS. Depuis le temps qu'on en entendait parler ...
Et si le sénateur de l'Essonne trouve comme prétexte les orientations du PS qui «avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme», il faut chercher ailleurs les véritables raisons (sinon Mélenchon serait parti déjà depuis bien longtemps). On peut tourner nos regards vers Benoît Hamon qui a réussi un magnifique coup de poker, en rassemblant la gauche du PS, devenant de fait son porte-parole et repoussant Mélenchon dans une abstinence médiatique. La jeune garde a pris le pouvoir.
Mais le vieux briscard de la politique fait aussitôt une pirouette : «Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d un front de forces de gauche pour les élections européennes». Assez opaque comme stratégie.
Concurrencer Besancenot sur ses propres terres
Hypothèses. Autour de Mélenchon et Dolez, un rassemblement de militants fidèles avec le soutien éventuel de quelques figures antilibérales venues de la société civile, mais peut-être aussi d'autres partis d'extrême gauche. Seconde hypothèse, un rapprochement avec le PCF en voie de perdition pour créer un nouveau parti un peu plus moderne à la gauche du PS, susceptible d'entrer en concurrence avec le futur NPA d'Olivier Besancenot. Troisième hypothèse, moins probable, un rapprochement avec Olivier Besancenot qui crée son Nouveau Parti Anticapitaliste, en doutant que ce dernier veuille accueillir les trublions de l'ordre de Mélenchon.
Pour que ce parti politique annoncé par Mélenchon voie véritablement le jour, il lui faudra faire face à de grosses difficultés : avoir des élus et de l'argent. Car si Mélenchon peut rester sénateur sans étiquette, il ne bénéficiera plus des investitures du Parti Socialiste qui sans aucun doute présentera un candidat face à lui. Sans élu, pas d'argent. Sans argent, pas de parti.
Cependant, ce divorce au Parti Socialiste doit réjouir Ségolène Royal qui devient «l'homme fort» du parti suite aux résultats de cette nuit. Elle qui souhaite se rapprocher du centre aura un boulet au moins au pied, et sans les gauchistes du PS, elle pourra sans aucun doute effectuer ce virage avec plus de facilité.
Retrouvez le blog politique de Luc Mandret.
Et si le sénateur de l'Essonne trouve comme prétexte les orientations du PS qui «avalisent l’Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l’abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme», il faut chercher ailleurs les véritables raisons (sinon Mélenchon serait parti déjà depuis bien longtemps). On peut tourner nos regards vers Benoît Hamon qui a réussi un magnifique coup de poker, en rassemblant la gauche du PS, devenant de fait son porte-parole et repoussant Mélenchon dans une abstinence médiatique. La jeune garde a pris le pouvoir.
Mais le vieux briscard de la politique fait aussitôt une pirouette : «Ainsi que nous l’a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d’engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d un front de forces de gauche pour les élections européennes». Assez opaque comme stratégie.
Concurrencer Besancenot sur ses propres terres
Hypothèses. Autour de Mélenchon et Dolez, un rassemblement de militants fidèles avec le soutien éventuel de quelques figures antilibérales venues de la société civile, mais peut-être aussi d'autres partis d'extrême gauche. Seconde hypothèse, un rapprochement avec le PCF en voie de perdition pour créer un nouveau parti un peu plus moderne à la gauche du PS, susceptible d'entrer en concurrence avec le futur NPA d'Olivier Besancenot. Troisième hypothèse, moins probable, un rapprochement avec Olivier Besancenot qui crée son Nouveau Parti Anticapitaliste, en doutant que ce dernier veuille accueillir les trublions de l'ordre de Mélenchon.
Pour que ce parti politique annoncé par Mélenchon voie véritablement le jour, il lui faudra faire face à de grosses difficultés : avoir des élus et de l'argent. Car si Mélenchon peut rester sénateur sans étiquette, il ne bénéficiera plus des investitures du Parti Socialiste qui sans aucun doute présentera un candidat face à lui. Sans élu, pas d'argent. Sans argent, pas de parti.
Cependant, ce divorce au Parti Socialiste doit réjouir Ségolène Royal qui devient «l'homme fort» du parti suite aux résultats de cette nuit. Elle qui souhaite se rapprocher du centre aura un boulet au moins au pied, et sans les gauchistes du PS, elle pourra sans aucun doute effectuer ce virage avec plus de facilité.
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