Mélenchon peut-il capter le pactole Montebourg ?
Lundi 24 Octobre 2011 à 12:01 | Lu 8513 fois I 42 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
Au terme des primaires socialistes, un sondage Ifop place Montebourg nettement gagnant face à Mélenchon en terme de popularité. Le chantre de la démondialisation qui s’est rangé auprès de François Hollande bénéficie sans doute d’une « prime au plus modéré ». Le candidat du Front de gauche à la présidentielle, plus radical, parviendra-t-il à capitaliser sur cette manne de sympathie ?
Certains ont chanté ses louanges. Avec sa « démondialisation », il est le seul, l'unique, à avoir réussi à parler « protectionnisme » sans endormir ou rebuter. D’autres l’ont mis au pilori. N'a-t-il pas abusé de son statut de « troisième homme » pour finalement rejoindre François Hollande ? Quoi qu’il en soit, Arnaud Montebourg est visiblement assis sur un tout nouveau capital de sympathie. Un capital supérieur à celui de Mélenchon - lorsque les deux hommes sont renvoyés l’un contre l’autre – mais sur lequel ce dernier espère bien capitaliser.
Dans un sondage Ifop commandé par Paris Match, tous critères sociologiques confondus – sympathisants du Front de gauche excepté – Arnaud Montebourg est préféré à Jean-Luc Mélenchon par les répondants (un échantillon de 955 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus); 63% d’entre eux se prononcent pour le socialiste contre 29% pour l’ancien sénateur de l’Essonne. Même chose auprès des sympathisants de gauche, auprès desquels l’écart s’amenuise à peine : 64% contre 31%. Fait pour le moins surprenant, même chez les « prolétaires » à qui Mélenchon prétend s'adresser en premier lieu, Montebourg - dont certains moquent les allures de bourgeois - prend l'avantage. Et pas qu'un peu. 61% des ouvriers intérrogés préfèrent le socialiste contre 30% pour le fondateur du Parti de gauche. Même constat chez les employés : 60% des sondés choisissent Montebourg et seulement 30% se prononcent en faveur de Mélenchon.
Dans un sondage Ifop commandé par Paris Match, tous critères sociologiques confondus – sympathisants du Front de gauche excepté – Arnaud Montebourg est préféré à Jean-Luc Mélenchon par les répondants (un échantillon de 955 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus); 63% d’entre eux se prononcent pour le socialiste contre 29% pour l’ancien sénateur de l’Essonne. Même chose auprès des sympathisants de gauche, auprès desquels l’écart s’amenuise à peine : 64% contre 31%. Fait pour le moins surprenant, même chez les « prolétaires » à qui Mélenchon prétend s'adresser en premier lieu, Montebourg - dont certains moquent les allures de bourgeois - prend l'avantage. Et pas qu'un peu. 61% des ouvriers intérrogés préfèrent le socialiste contre 30% pour le fondateur du Parti de gauche. Même constat chez les employés : 60% des sondés choisissent Montebourg et seulement 30% se prononcent en faveur de Mélenchon.
Une « prime au plus modéré »
De l’aveu même de Jérôme Fourquet, de l'Ifop, ce duel – jamais testé auparavant – est un peu superficiel, une « photographie à un instant T» (interviews réalisées par téléphone les 13 et 14 octobre). Surmédiatisé dans sa position de troisième homme, faisant mentir les précédents sondages, Arnaud Montebourg a visiblement profité d’un « effet primaire ». Pour autant, cet état de grâce ne permet pas de prédire où iront, dans les mois à venir, les soutiens qu’il a capitalisés autour de lui.
Mais si le député de Saône-et-Loire fait le plein, c’est surtout « grâce un discours moins radical » que celui de Jean-Luc Mélenchon, juge Jérôme Fourquet pour qui cet écart de popularité s’explique par « une prime au plus modéré ». Pour autant, relativise-t-il, les deux hommes ont gagné en popularité. Si Montebourg a, certes, fait un bond de 14% en se hissant à 52% d’opinions favorables, le candidat du Front de gauche a quant à lui glané 9 points de plus pour atteindre les 46%.
Mais si le député de Saône-et-Loire fait le plein, c’est surtout « grâce un discours moins radical » que celui de Jean-Luc Mélenchon, juge Jérôme Fourquet pour qui cet écart de popularité s’explique par « une prime au plus modéré ». Pour autant, relativise-t-il, les deux hommes ont gagné en popularité. Si Montebourg a, certes, fait un bond de 14% en se hissant à 52% d’opinions favorables, le candidat du Front de gauche a quant à lui glané 9 points de plus pour atteindre les 46%.
La moisson du « chauffeur de salle »
Ce duel est en partie un artefact : dans la «vraie» vie politique, Jean-Luc Mélenchon sera le seul à rester en lice pour la présidentielle. La question est de savoir s’il est en mesure de surfer sur l’élan soulevé par Montebourg, sur ces 17% de voix qui sont sans doute loin d’êtres captives ? Pour le principal intéressé, pas de doute là-dessus, Montebourg a été un formidable « chauffeur de salle » qui a semé avec succès le vocabulaire de combat du Front de gauche (oligarchie financière, mise sous tutelle des banques, VIe République). Le score de Montebourg est déjà une victoire idéologique. Mais il va falloir « moissonner » ce qui a germé. Ce qui ne sera pas une mince affaire.
D’autant que l’unité est de mise au PS et la force de proposition qui a fait les beaux jours d’Arnaud Montebourg risque fort d’être irrésistiblement diluée « à dose homéopathique » dans le programme de François Hollande. La comète Montebourg – rentrée dans le rang - pourrait donc s’évanouir dans les sondages. Le « vrai duel » pour Jérôme Fourquet, ce sera donc « Hollande (soutenu par Montebourg) versus Mélenchon». Ce qui est sensiblement différent. « Une partie significative » de l’électorat montebourien échappera à Mélenchon en votant « utile dans le premier tour pour se débarrasser tout de suite de Sarkozy », assure-t-il. Reste à savoir combien seront ceux de la frange plus radicale des supporters de Montebourg à venir effectivement grossir les voix du candidat du Front de gauche.
D’autant que l’unité est de mise au PS et la force de proposition qui a fait les beaux jours d’Arnaud Montebourg risque fort d’être irrésistiblement diluée « à dose homéopathique » dans le programme de François Hollande. La comète Montebourg – rentrée dans le rang - pourrait donc s’évanouir dans les sondages. Le « vrai duel » pour Jérôme Fourquet, ce sera donc « Hollande (soutenu par Montebourg) versus Mélenchon». Ce qui est sensiblement différent. « Une partie significative » de l’électorat montebourien échappera à Mélenchon en votant « utile dans le premier tour pour se débarrasser tout de suite de Sarkozy », assure-t-il. Reste à savoir combien seront ceux de la frange plus radicale des supporters de Montebourg à venir effectivement grossir les voix du candidat du Front de gauche.
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