Mélenchon dans la main de Besancenot?
Lundi 14 Septembre 2009 à 16:01 | Lu 7764 fois I 47 commentaire(s)
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur
Le PCF semble ne pas vouloir couper le cordon avec le PS pour les régionales. Cela signifie-t-il pour autant que le NPA est désormais le seul et unique partenaire potentiel du PG ?
«Pour nous, ça voudrait dire “rideau” ». Quelques jours avant l’université d’été de son parti, Jean Luc Mélenchon le confiait. Si le Parti communiste finissait par se tourner vers le PS pour les régionales de mars prochain, pour lui, expliquait-il, ce serait synonyme de « retraite ». Depuis, « La Fête de L’Huma » et les appels conjoints au « rassemblement de la gauche » d’Aubry et Buffet, sont passés par là. De quoi mettre un peu plus sous pression « Méluche ». Ne resterait-il finalement plus que le NPA comme partenaire potentiel du PG ? L’avenir de Jean-Luc Mélenchon reposerait-il, tout entier, entre les mains de celui qui l'avait lâché au moment des européennes : Olivier Besancenot ?
Peut-être bien. Car l’ancien sénateur socialiste, il y a encore quelques jours, expliquait qu’il avait une sorte de « botte secrète » si la direction du PC en appelait nationalement à un accord avec le PS : les statuts du parti communiste. Des statuts qui « délèguent la décision [des alliances aux régionales] à l’échelon concerné, l'échelon local. » Pour le PG, cette faille laissait entrevoir des accords « dans le Nord-pas-de-Calais, dans le Centre, dans le Sud-Ouest et en Île-de-France » et ce, quelle que soit la décision prise place du Colonel-Fabien. Mais cette solution s'avérait très problématique. Cela signifiait que dans certaines régions, les électeurs auraient pu trouver sur le chemin de l’isoloir des bulletins estampillés « Front de gauche » et dans d’autres pas. Jean-Luc Mélenchon reconnaissait que cette situation n'était pas satisfaisante : « Il est possible, confiait-il, que le résultat final ne soit pas très cohérent. » Son bras droit, François Delapierre, lui aussi, considérait qu’une telle éventualité aurait été dommageable. D’autant plus que le PG souhaite mener une campagne pour les régionales sur des thématiques nationales comme compterait le faire, d’après lui, l’UMP…
Mais cette solution ne semble plus d'actualité. Dans une interview donnée à Libération au premier jour de « La Fête de L'Humanité » Jean-Luc Mélenchon faisait savoir qu'il ne voulait « pas d'alliances à la carte aux régionales » : « Notre crédibilité repose sur notre cohérence. Les alliances à la carte avec du MoDem par-ci par-là qui dissuade nos électeurs, en face d'une droite unie, c'est la confusion à gauche. Sarkozy doit se friser les moustaches. » Et Mélenchon, lui, à l'idée de ne partir qu'avec le NPA aux régionales, doit se faire des cheveux blancs...
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