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Mélenchon crée le parti du ça-suffit-comme-ça !

Samedi 8 Novembre 2008 à 08:00 | Lu 22528 fois I 307 commentaire(s)

Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Le divorce avec le parti socialiste est consommé. L'ancien ministre de Jospin a annoncé à la presse la naissance d'un nouveau parti, une formation politique qui pourrait s'allier avec le PCF et le NPA.


(wikipedia)
(wikipedia)
Un communiqué posté sur son blog ne pouvait pas suffire. Ce n’est pas à un vieux singe comme Mélenchon qu’on apprend à quitter un parti sans faire la grimace face aux caméras. Il fallait donc une conférence de presse au côté de son «camarade» de galère, Marc Dollez. Mais devant les journalistes, le sénateur de l’Essonne, habitué aux gesticulations façon «tribun de la IIIe République», aux petites phrases façon «politicien aguerri de la Ve», a joué la retenue. La preuve : quand une journaliste lui a demandé, faussement naïve, ce qu’il comptait faire de sa carte du parti — histoire d’avoir l’image de Mélenchon la déchirant— il lui a simplement rétorqué qu’il ne s’agissait là que d’«un document administratif». Il a même profité de l’occasion pour saluer le «courage» et le «franc-parler» de Ségolène Royal tout en confiant, au passage, qu’il conservait ses «amitiés» et ses «détestations» !

«Le NPA n’est pas un ennemi»
Et pour le fond ? Ce vieux briscard a expliqué à nouveau pourquoi il quittait le navire socialiste. Pourquoi, selon lui, quel que soit celui qui remportera la bataille des chefs, la barre sera de toute façon à «droite toute» puisque «les trois motions principales» acceptent «le traité de Lisbonne» : «Il n’est pas question d’avaler pour cette campagne ce que nous avons toujours refusé d’avaler…». Décision a donc été prise de «créer une force politique nouvelle» : «Nous mettons nos pas dans ceux d’Oskar Lafontaine pour ne pas connaître le sort qu’a connu la gauche italienne». Et les deux hommes comptent se tourner vers «tous ceux qui sont disponibles» : «Le PC en tout premier lieu mais également le NPA que nous ne considérons pas comme un ennemi». Pour autant, Jean-Luc Mélenchon ne renie pas ce qu’il a été et ce qu’il dit rester : un «socialiste» («le trotskisme c’était dans ma jeunesse»). Et il affirme sur le même ton ne pas vouloir prendre de responsabilités chez les communistes : «Ils ont ce qu’il faut à la maison. Même si c’est vrai que ce n’est pas parce qu’on a à manger à la maison qu’on ne va pas au restau…».

Pour officialiser la naissance de ce nouveau parti, un site internet (casuffitcommeca.fr a été créé dans la journée et un nouveau rendez-vous a été donné à la presse le 12 novembre. Parce que ce n’est pas à un vieux singe comme Mélenchon qu’on apprend à fonder un parti sans faire la grimace face aux caméras…








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