Mélenchon : «Nous on peut !»
Vendredi 26 Août 2011 à 15:01 | Lu 12490 fois I 0 commentaire(s)
Chloé Demoulin - Marianne
Remonté par la crise, bien décidé à occuper l’espace médiatique, Jean Luc Mélenchon est plus que jamais d’attaque pour 2012. Mais à la veille du rendez-vous estival du Parti de Gauche qui doit se tenir à Grenoble ce weekend - en parallèle de celui des socialistes à la Rochelle - rien n’est encore gagné…
Les agences de notations ? « A la niche !». Le plan «anti-déficit» de François Fillon ? « Atterant contre sens économique !» Sans doute galvanisé par les riches qui veulent payer plus d’impôts, le tribun Mélenchon est visiblement de retour. Et il est armé. Armé de mesures tonitruantes dans la course ronronnante à l’austérité menée par une Aubry ou un Hollande tombés dans le piège sarkozyste. Une pleine page dans Le Monde comme dans Libération et une interview sur Europe 1 : ce sont les prises de guerre médiatiques des derniers jours. Assez bien joué pour un candidat du Front de Gauche dont la cote de popularité plafonne toujours à 25%.
« Alain Delonite aiguë »
Des riches qui veulent payer plus d’impôts ? Mais cela « conforte les thèses que j’ai défendues », s’enorgueillit l’ancien sénateur au micro de Bruce Toussaint. Et d’ajouter en esquissant un sourire de satisfaction : « Il y a quelques temps encore, je vous signale qu’on me riait au nez quand je parlais des riches !» Cette ritournelle du « je vous l’avait bien dit », Mélenchon la dégaine aussi contre DSK et la politique du FMI à l’égard de la Grèce. Du pronostic du « génie de la finance qu’est DSK » et de celui de « l’humble Mélenchon », lequel a fonctionné ? Mais « c’était le mien », clame-t-il en parlant de lui à la troisième personne, atteint par une crise – passagère surement – d’ «Alain Delonite aiguë».
Mais trêve de victimisation, le pourfendeur du capitalisme a plus que jamais des munitions. En ce qui concerne la crise des déficits, rien de plus simple affirme Jean-Luc Mélenchon : « il suffit que la Banque centrale européenne prête aux Etats aux taux où elle prête aux banques.» Quant aux riches, ils les prévient : «Attention Messieurs ! Nous ne vous demandons pas l’aumône, nous sommes un peuple libre, et dans un peuple libre, il y a un instrument pour partager l’effort, ça s’appelle l’impôt et par conséquent, vous allez payer !»
Le discours est bien rodé et le programme assez clair. Avec en première ligne, deux mesures phares pour rétablir « l’égalité de contribution des revenus » et limiter « l’accumulation » des richesses. D’abord, taxer « les revenus du capital comme le sont ceux du travail », imposés respectivement à 18% contre 40%. Ce qui rapporterait « deux fois le montant que paye le pays pour honorer la dette », c’est-à-dire « 100 milliards d’euros», prétend Jean-Luc Mélenchon en s’appuyant invariablement sur un calcul iconoclaste effectué par Patrick Arthus de la banque Natixis. Ensuite, créer 14 tranches d’imposition (au lieu des cinq existantes), et taxer la dernière (au dessus de 360 000 euros de revenus par an) à 100%. Autant dire que Mélenchon n’y va pas avec le dos de la cuillère. Mais coincé entre un PS « capitulard » et un NPA qui se la joue toujours en solo, il ne gagnerait en effet rien à ménager sa monture.
Mais trêve de victimisation, le pourfendeur du capitalisme a plus que jamais des munitions. En ce qui concerne la crise des déficits, rien de plus simple affirme Jean-Luc Mélenchon : « il suffit que la Banque centrale européenne prête aux Etats aux taux où elle prête aux banques.» Quant aux riches, ils les prévient : «Attention Messieurs ! Nous ne vous demandons pas l’aumône, nous sommes un peuple libre, et dans un peuple libre, il y a un instrument pour partager l’effort, ça s’appelle l’impôt et par conséquent, vous allez payer !»
Le discours est bien rodé et le programme assez clair. Avec en première ligne, deux mesures phares pour rétablir « l’égalité de contribution des revenus » et limiter « l’accumulation » des richesses. D’abord, taxer « les revenus du capital comme le sont ceux du travail », imposés respectivement à 18% contre 40%. Ce qui rapporterait « deux fois le montant que paye le pays pour honorer la dette », c’est-à-dire « 100 milliards d’euros», prétend Jean-Luc Mélenchon en s’appuyant invariablement sur un calcul iconoclaste effectué par Patrick Arthus de la banque Natixis. Ensuite, créer 14 tranches d’imposition (au lieu des cinq existantes), et taxer la dernière (au dessus de 360 000 euros de revenus par an) à 100%. Autant dire que Mélenchon n’y va pas avec le dos de la cuillère. Mais coincé entre un PS « capitulard » et un NPA qui se la joue toujours en solo, il ne gagnerait en effet rien à ménager sa monture.
« Compétition égotique »
« Je n’ai pas mis les doigts une seule fois dans la préparation du déroulé qui a commencé il y a plusieurs mois », avoue Mélenchon, désinvolte, en évoquant sur son blog le « Remue-méninge à gauche » qui va se tenir à Grenoble ce weekend. Mais il assure que le menu est alléchant. Au programme, pas seulement des militants du PG, du PCF, de la gauche unitaire et de la FASE (Fédération pour une alternative sociale et économique), tient-il à préciser. Il y aura aussi des membres de la société civile connus pour leur capacité à phosphorer.
Mais c'est peut-être bien le hic de ce weekend. Grenoble ne sera pas vraiment la rampe de lancement de la candidature commune du Front de Gauche, du moins pas celle qu’on aurait pu attendre. Chacun tiendra encore sa petite réunion perso. Le PG, et la Gauche unitaire de Christian Piquet « dans un temps limité, le jeudi et début vendredi, sur place (…) La FASE, co-organisatrice du Remue méninge, tiendra ses propres rencontres à la fin du mois, à Tremblay », précise bien Jean-Luc Mélenchon.
Même le PCF conservera sa petite sauterie traditionnelle en Haute Savoie – d’accord, pas bien loin. «L’humble Mélenchon » leur fera d'ailleurs l’honneur de sa présence vendredi soir avant d’accorder une petite place au dirigeant du PCF, Pierre Laurent, lors du meeting de dimanche où sont attendues «2500 à 3000» personnes. Une organisation tirée par les cheveux qui dissimule mal les rapports toujours décousus de Mélenchon avec le PCF, auquel il a récemment reproché de faire le jeu du PS pour les sénatoriales de septembre.
Alors que ces trois jours coïncident avec l’université d’été des socialistes, Jean-Luc Mélenchon n'hésite pas à tacler : « Notre remue méninges est donc à mille années lumière de la compétition égotique que va être la série de "grand oral" organisé à la Rochelle par le Parti socialiste ». Néanmoins, et quoi qu’il en dise - pour ne pas se faire voler la vedette par la sitcom qui se jouera à La Rochelle - Mélenchon aura tout intérêt à être la star du weekend…
Mais c'est peut-être bien le hic de ce weekend. Grenoble ne sera pas vraiment la rampe de lancement de la candidature commune du Front de Gauche, du moins pas celle qu’on aurait pu attendre. Chacun tiendra encore sa petite réunion perso. Le PG, et la Gauche unitaire de Christian Piquet « dans un temps limité, le jeudi et début vendredi, sur place (…) La FASE, co-organisatrice du Remue méninge, tiendra ses propres rencontres à la fin du mois, à Tremblay », précise bien Jean-Luc Mélenchon.
Même le PCF conservera sa petite sauterie traditionnelle en Haute Savoie – d’accord, pas bien loin. «L’humble Mélenchon » leur fera d'ailleurs l’honneur de sa présence vendredi soir avant d’accorder une petite place au dirigeant du PCF, Pierre Laurent, lors du meeting de dimanche où sont attendues «2500 à 3000» personnes. Une organisation tirée par les cheveux qui dissimule mal les rapports toujours décousus de Mélenchon avec le PCF, auquel il a récemment reproché de faire le jeu du PS pour les sénatoriales de septembre.
Alors que ces trois jours coïncident avec l’université d’été des socialistes, Jean-Luc Mélenchon n'hésite pas à tacler : « Notre remue méninges est donc à mille années lumière de la compétition égotique que va être la série de "grand oral" organisé à la Rochelle par le Parti socialiste ». Néanmoins, et quoi qu’il en dise - pour ne pas se faire voler la vedette par la sitcom qui se jouera à La Rochelle - Mélenchon aura tout intérêt à être la star du weekend…
Mélenchon à l'attaque des librairies
Avec à son actif plus de 73.000 exemplaires écoulés de son « Qu’ils s’en aillent tous», Jean-Luc Mélenchon est un habitué des succès de librairie. Mais en pleine rentrée politique, le candidat du Front de Gauche ne compte pas en rester là. A venir, un livre programmatique qui devrait être intitulé : « L’humain d’abord »… Et en attendant, il a écrit la préface du livre de Jacques Généreux – son économiste fétiche – qui paraîtra le 8 septembre : « Nous ! On peut !». Référence à peine voilée au « Yes, We Can !» de Barack Obama…
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