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Médaille: Courroye traitera-t-il Woerth comme il avait traité Pasqua ?Frédéric Ploquin - Marianne | Lundi 12 Juillet 2010 à 16:01 | Lu 16594 fois
Se remémorant le cas Pasqua-Gaydamak, Frédéric Ploquin se demande si le redoutable procureur de Nanterre, Philippe Courroye, fera payer à Eric Woerth d'avoir décoré Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt.
(capture d'écran - Dailymotion - BFMTV)
Le procureur de Nanterre Philippe Courroye, en première ligne des investigations sur l’affaire Bettencourt, s’y connaît en médailles. C’est lui qui a renvoyé devant le tribunal, et fait condamner pour trafic d'influence passif, dans le cadre de l'Angolagate, le sénateur Charles Pasqua. Motif : la promotion dans l’ordre national du Mérite de l’homme d’affaires franco-russe Arcadi Gaydamak pour avoir facilité la libération de deux prisonniers de guerre français aux Balkans, en décembre 1995. Une décoration remise deux jours après le versement sur le compte d'une association dont Pasqua était vice-président, d'une somme de 230000 euros, qui aurait permis de payer le loyer des locaux de Demain la France, le mouvement politique de Charles… Si toutes les médailles se valent, celle accordée à Gaydamak pour services rendus à la Nation, avec attestation à la clef de la DST, a débouché sur ce jugement le 27 octobre 2009, sur la base d’une enquête de Philippe Courroye : « Il n’échappe à personne que, pour un élu, ancien ministre, le fait de monnayer, dans le but de financer son activité politique, une intervention auprès du chef de l’Etat en vue d’obtenir, en faveur d’un tiers, une distinction honorifique, fût-elle méritée, présente une réelle gravité. Il est, en effet, singulier d’avoir à rappeler que les valeurs distinguées par nos deux ordres nationaux, qui ne sont ni l’influence ni l’entregent, ne peuvent être ni échangées ni vendues. Ce qui, même en l’absence d’antécédent judiciaire, conduit à prononcer contre Monsieur PASQUA une peine de trois ans d’emprisonnement, dont deux ans assortis du sursis, et de 100.000 euros d’amende. La condamnation pour trafic d’influence entraîne, conformément aux articles L.7 et LO.130 du code électoral, une inéligibilité pendant une durée que ces dispositions légales fixent à dix ans ». De quoi nourrir les cauchemars du ministre du Travail davantage encore que la grande manifestation annoncée pour la rentrée contre la réforme des retraites. À condition bien sûr que le procureur de Nanterre place tous les justiciables sur le même plan !
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