Martine Aubry à Marseille: pour Guéant ou Guérini?
La candidate à la primaire PS s’est rendue ce lundi à Marseille pour parler sécurité. Un coup médiatique qui a quelque peu éclipsé ses liens polémiques avec Guérini.
Martine Aubry, l'amie des flics ?
Changement de braquet
Ferme avec l'insécurité, clémente avec Guérini ?
Mais ce déplacement à Marseille de Martine Aubry et la fermeté qu’elle a décidé d’y afficher peuvent tout de même sembler incongrus. Le 8 septembre prochain, Jean-Noël Guérini, sénateur et patron PS des Boûches-du-Rhône, doit être auditionné dans le cadre d’une enquête sur les fraudes présumées aux marchés publics dans le département. Ce que n’a pas manqué de noter Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP à la Sécurité. Et ce qui ne manquera pas de faire sourire jaune dans les rangs d’Arnaud Montebourg.
Car le député de Saône-et-Loire avait fait part à Martine Aubry, il y a déjà plusieurs mois de ça, au travers d'un rapport, de ses inquiétudes sur la gestion de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône tenue par Jean-Noël Guérini. Il en appelait d’ailleurs à sa mise sous tutelle. Mais ce n’est qu’après la publication du rapport d’Arnaud Montebourg par le site du Point que Martine Aubry s’était finalement « empressée » de lancer une commission d’enquête sur le sujet. Une commission qui s’était fendue d’un texte aux conclusions extrêmement clémentes envers Guérini et au ton, au contraire, incroyablement dédaigneux à l’égard du travail fourni par Montebourg. Les « accusations » portées par Arnaud Montebourg dans son rapport étaient jugées « péremptoires ». Le rapport du député de Saône-et-Loire aurait même mérité, était-il écrit moqueusement, d’être qualifié de simple « note de constatations » ! Au PS, apparemment, c’est malheur à celui par qui le scandale arrive. Et un malheur n’arrivant jamais seul — c’est bien connu — Arnaud Montebourg fut le seul à voter contre le texte de la commission d’enquête sur la Fédé des Bouches-du-Rhône lors d’une réunion du Bureau national début juillet. En plein affaire DSK, les dirigeants du PS avaient semble-t-il fait le choix de ne pas ajouter de l’instabilité à l’instabilité… D’autant que Jean-Noël Guérini fait partie des soutiens du maire de Lille, même si cette dernière refuse de le voir ainsi. Interrogée dimanche matin sur le plateau d’Europe 1 délocalisé La Rochelle, Martine Aubry s’est d’ailleurs révélée bien en peine d’expliquer les conclusions que le parti devait tirer de l’affaire Guérini.
Mais dans les travées de la Rochelle, il se murmurait que son successeur (bien que par intérim) au poste de Premier secrétaire, Harlem Désir, souhaitait prendre son « autonomie » vis-à-vis de Martine Aubry sur le sujet. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait ce lundi en toute fin de journée estimant que Jean-Noël Guérini devrait « immédiatement » quitter le parti et la présidence du Conseil général des Bouches-du-Rhône s'il était mis en examen. Tout est possible au PS. Après Martine Aubry — c'était inattendue – en « présidente de la sécurité », voilà Harlem Désir en « Premier secrétaire de la fermeté ».
Article réactualisé à 19h15.
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