Martin Hirsch, l’autre ministre qui échauffe la droite
Lundi 19 Octobre 2009 à 07:01 | Lu 20341 fois I 20 commentaire(s)
Hervé Nathan - Marianne
Frédéric Mitterrand a été défendu par une partie de la droite et par la gauche bien pensante. Jean Sarkozy est intouchable. Du coup, c’est Martin Hirsch qui devient la tête de Turc de la majorité.
Il suffit de tendre un micro un parlementaire de l’UMP, et de dire un micro à dites : «Martin Hirsch». Les noms d’oiseaux pleuvent. Christine Boutin l’affuble peu chrétiennement d’un sobriquet : « Peau de hareng ». On sait que l’ex-ministre du Logement lui garde un chien depuis leurs engueulades au gouvernement. Mais le Haut commissaire aux solidarités actives et à la jeunesse, autrefois le surdoué des ralliés de gauche, est bien en passe de devenir le Jonas de la majorité. Si le bateau UMP devait embarquer quelques embruns électoraux aux prochaines élections régionales, ce serait assurément de sa faute, sa grande faute, son unique faute.
De lui, les députés de droite pensaient en avoir supporté beaucoup. Sa morgue de haut fonctionnaire matinée d’Abbé Pierre accompagnée d’une indiscutable vista technique, lui ont attiré l’ire des ministres et la méfiance des élus. Alors, l’expérimentation de la « prime à l’assiduité » des élèves dans l’académie de Créteil, c’est la goutte d’eau. Pour l’électorat de droite, c’est un chiffon rouge. Selon un sondage CSA pour Le Parisien, 69% des votants à droite sont contre, et presque autant chez ceux de l’autre bord…
Martin Hirsch qui surjouait de son passé au service des pauvres chez Emmaüs est attaqué sur les valeurs, et pas n’importe lesquelles, celle de la famille. Son expérimentation attenterait à la notion sacrée de la droite catholique et conservatrice : l’autorité parentale. « L’assiduité des enfants aux cours, c’est une responsabilité des parents », s’exclame Xavier Bertrand.
Voilà pour le terrain. Les intellos ont droit à une quasi dispute philosophico-politique. Christine Boutin, toujours elle, fait la leçon : « sommes nous à ce point dans la confusion des idées pour envisager de rémunérer la présence à l’école ?» Même ceux qui font profession de libéralisme, et donc d’acceptation de l’argent, dénoncent « la marchandisation de l’école », à l’instar du député villepiniste Hervé Mariton: « Martin Hirsch se laisse absorber par la phraséologie gauche caviar ».
De lui, les députés de droite pensaient en avoir supporté beaucoup. Sa morgue de haut fonctionnaire matinée d’Abbé Pierre accompagnée d’une indiscutable vista technique, lui ont attiré l’ire des ministres et la méfiance des élus. Alors, l’expérimentation de la « prime à l’assiduité » des élèves dans l’académie de Créteil, c’est la goutte d’eau. Pour l’électorat de droite, c’est un chiffon rouge. Selon un sondage CSA pour Le Parisien, 69% des votants à droite sont contre, et presque autant chez ceux de l’autre bord…
Martin Hirsch qui surjouait de son passé au service des pauvres chez Emmaüs est attaqué sur les valeurs, et pas n’importe lesquelles, celle de la famille. Son expérimentation attenterait à la notion sacrée de la droite catholique et conservatrice : l’autorité parentale. « L’assiduité des enfants aux cours, c’est une responsabilité des parents », s’exclame Xavier Bertrand.
Voilà pour le terrain. Les intellos ont droit à une quasi dispute philosophico-politique. Christine Boutin, toujours elle, fait la leçon : « sommes nous à ce point dans la confusion des idées pour envisager de rémunérer la présence à l’école ?» Même ceux qui font profession de libéralisme, et donc d’acceptation de l’argent, dénoncent « la marchandisation de l’école », à l’instar du député villepiniste Hervé Mariton: « Martin Hirsch se laisse absorber par la phraséologie gauche caviar ».
Hirsch en bouc-émissaire de l'ouverture ?
Voici donc l’intrus désigné : l’ex-conseiller de Bernard Kouchner sent trop la deuxième gauche, une odeur qui déplait autant à la droite classique qu’à Benoît Hamon. Martin Hirsch se défend, fustige « les conservatismes de droite et de gauche » qui s’attaque « à une simple expérimentation ». L’idée de la prime à l’assiduité n’est même pas de lui, contraint de la défendre car il a compris que se jouent rien moins que ses marges de manoeuvres. « Je veux sauver la démarche expérimentale, c’est le seul levier pour changer la politique ». Elle lui a réussi jusqu’à présent. C’est grâce à elle qu’il a pu pousser le revenu de solidarité active, puis le RSA-jeune.
Le RSA jeune a beau être plébiscité dans le lectorat, le malaise persiste chez les élus. « Un revenu pour les jeunes, c’est le point impossible pour la droite, explique un président UM de conseil général. Pour elle, c’est aux familles de subvenir à leurs besoins. C’est un dogme indépassable. » Hirsch avait bien vu l’obstacle : « Le RSA Jeune, je l’ai accroché à une activité, pour éviter toute accusation d’assistanat. J’étais même prêt à ne pas le faire du tout », confie-t-il à Marianne.
Il faut aller chercher les sarkozystes fondamentalistes, comme le député Jérôme Chartier pour trouver un défenseur de la méthode Hirsch: « c’est une vision gaullienne : le pragmatisme au service des valeurs !» Rien que ça. Mais qui la vraie cible de ces râleurs? Martin Hirsch, déjà désavoué par François Fillon et dont un député confie : « c’est dommage, c’est quand même le plus intelligent et le moins cynique de tous les ministres d’ouverture » ? Hirsch prend donc pour Kouchner, Mitterrand ou Besson, voire… pour le grand patron lui-même. Nicolas Dupont-Aignant, lui, n’est plus à l’UMP et peut nommer le vrai coupable que les autres taisent: « Nicolas Sarkozy a été élu contre cette pensée unique et maintenant il fait la politique des bobos.» Tirez sur Martin Hirsch, servirait donc à avertir…Nicolas Sarkozy sans s’en prendre à son fils Jean, ni à Frédéric Mitterrand....
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