Marini: le taux du Grand Emprunt sera limité à 2,5%
Jeudi 9 Juillet 2009 à 17:55 | Lu 9363 fois I 25 commentaire(s)
Hervé Nathan - Marianne
Dans un rapport préparatoire au budget 2010, Philippe Marini, rapporteur du Budget au Sénat, a indiqué que le taux du Grand Emprunt ne devrait pas dépasser 2,5%. C'est la première fois qu'un chiffre est lancé.
C’est finalement la seule question qui vaille : quel sera le taux d’intérêts que portera le « grand emprunt » que veut lancer l’Elysée pour fiancer les « dépenses d’avenir ». Sera-t-il généreux pour attire l’épargnant ou au contraire riquiqui de manière à coûter le moins possible aux contribuables ? Ce taux est évidemment stratégique. Le gouvernement a dressé un rideau de fumée, refusant toute indication en la matière, au motif que les conditions peuvent changer d’ici janvier 2010, date de lancement de la souscription auprès du public.
Et bien, un homme s’est risqué à calculer ce que devrait être ce chiffre tant attendu : c’est le sénateur UMP Philippe Marini, rapporteur général du Budget au sénat, maire de Compiègne dans l’Oise. S’il est doté d’une caractère quelquefois difficile, Philippe Marini n’est pas un amateur en matière de finances publiques. Il a donc consacré à l’emprunt un chapitre de son rapport préparatoire au débat d’orientation budgétaire qui se déroulera mercredi prochain au Palais du Luxembourg. Le sénateur a procédé par comparaison avec le dernier emprunt en date, celui de Balladur en 1993 qui avait rapporté 110,36 milliards de francs (soit 21,5 milliards d’euros , l’équivalent de 1,5% du PIB de l’époque) en deux semaines alors qu’on en espérait 40 milliards.
L’emprunt Balladur portait 6% d’intérêts (moins l’inflation de l’époque) plus des avantages fiscaux (PEA), mais selon Marini, ce précédent « démontre que le plus grand succès peut-être rencontré sans recourir à un taux prohibitif, puisque son rendement (6%) atteignait 6% soit la rémunération des BTAN (emprunt d’Etat sur le marché) à 5 ans (6,64%) ou du livret de caisse d’épargne (alors proche de 6%). (…) Un taux de 2 à 2,5% sur 5 ans pourrait être qualifié de raisonnable. L’idée d’une convertibilité de ces obligations d’Etat en titres de capital à émettre du secteur public mérite d’être étudiée ».
Voici une première indication : pour Philippe Marini, toute rémunération supérieure à 2,5% serait indue. Et vive le retour aux grandes privatisations ! A ce niveau (1,5% du PIB soit 30 milliards d’euros), il ne pourrait s’agir que d’EDF ou Areva… A suivre.
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