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Marine Le Pen veut protéger les agriculteurs. Oui mais comment?

Mercredi 21 Septembre 2011 à 15:02 | Lu 5674 fois I -1 commentaire(s)

Jean-Claude Jaillette - Marianne

En déplacement à Rungis et dans le Val d'Oise ce matin, la présidente du FN a cajolé les paysans et les petits producteurs. Des grands déçus du sarkozysme dont le vote reste à conquérir...


Journée terroir pour la présidente du FN. Rungis à 4 heure du matin, Fosses (Val d’Oise) à 10 heures et déjeuner au milieu des paysans à 13 heures. Avant de passer à table, elle attaque la grande distribution.
Il n’a pas échappé à Marine Le Pen que l’électorat des agriculteurs, et particulièrement celui des petits producteurs, était à prendre. Comme les commerçants et les restaurateurs qu’elle a rencontré à Rungis mercredi à l’aube, les paysans font partie des catégories sociales les plus profondément déçues du sarkozysme, eux qui ont cru que les promesses du « président de la France qui se lève tôt » leur étaient taillées sur mesure. Les baisses de chiffre d’affaires derrière les comptoirs, les chutes de cours du lait et des fruits sont passées par là. Auxquelles est venues s’ajouter le durcissement des normes européennes, écologiques en particulier. Marine Le Pen n’a plus qu’à se baisser pour ramasser.

Il lui suffit d’agiter quelques grands principes, sans s’embarrasser de leur mise en œuvre, empruntant tantôt aux altermondialistes ou à José Bové, tantôt aux écologistes, et surtout au programme traditionnel du Front national. « Lutter contre la spéculation des matières premières », « Défaire la PAC (politique agricole commune) et créer la PAF (Politique agricole française) », « Produire au plus prêt et consommer sur place, c’est plus écologique », « Achetons français ». 
Marine Le Pen, Georges Marchais même combat ? Pas exactement. Car le nationalisme le plus radical n’est pas loin. « L’argent des Français doit rester en France et profiter aux Français », répond-elle. Thème, déjà utilisé sur le dossier grec, qu’elle décline à l’envi de l’agriculture à la santé.

La présidente du FN sait parler aux agriculteurs, en tout cas aux petits, ceux qui profitent le moins des subventions de la PAC et qui subissent la loi de la grande distribution de plein fouet. « La grande distribution ne profite ni aux consommateur, ni aux producteurs » leur dit-elle. « Elle n’a pas permis l’augmentation du pouvoir d’achat. Le prétendre est la plus grande escroquerie du siècle » poursuit-elle. « Des producteurs m’ont raconté comment ils vendaient leurs kiwis 0,80 ct du kilo quand ils sont vendus 5 à 8 euros dans les hypermarchés » Applaudissements nourris dans l’assistance. « Aucun autre candidat n’est capable de s’attaquer à la grande distribution car les autres ont des ascenseurs à renvoyer. Comment la grande distribution a-t-elle pu se développer à ce point si ce n’est grâce aux pots de vin et aux commissions occultes versées aux candidats ? Pas de ça chez nous. »

Comment s’y prendra-t-elle ? « Introduire de la concurrence dans les centrales d’achat, protéger les producteurs, s’attaquer aux marges avant et arrière, s’intéresser aux pratiques de corruption. » L’assistance est aux anges. « Aucun politique ne vient jamais nous dire ce qu’elle nous a dit, commente Laurent Français, producteurs de légumes. » Votera-t-il pour elle ? « Moi de toute façon, je ne vote pas. » Il repart conforté dans son diagnostic, mais guère plus avancé sur les solutions. « Je ne l’ai pas entendu dire comment on pourrait s’y prendre. » Au-delà des grands principes (elle n'est pas la première à vouloir tacler les centrales et protéger les producteurs), nous non plus d’ailleurs.

Article modifié à 15h42







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