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Marine Le Pen attaque Nicolas Sarkozy pour relancer sa campagne

Samedi 3 Décembre 2011 à 16:01 | Lu 18026 fois I 72 commentaire(s)

Journaliste à Marianne, il suit le Front National pour les campagnes 2012. En savoir plus sur cet auteur

Marine Le Pen se rôde. Préférant les petits comités aux grandes salles, elle a profité d’un colloque sur la Défense pour désigner la cible de sa campagne qui convoite ouvertement son électorat, le Président sortant. Chaud devant !


Marine Le Pen attaque Nicolas Sarkozy pour relancer sa campagne
Cette fois, Marine Le Pen a visé sa cible, Nicolas Sarkozy. A force de tergiverser,  de renvoyer dos-à-dos l’UMP et le PS en les réduisant en un seul parti, l’UMPS, grand architecte de l’Europe qui, selon elle, ruinent les peuples et les spolient de leur souveraineté, elle avait fini par troubler les militants. Contre qui devaient-ils se battre ? Contre le capitalisme ? Contre Berlin ? Contre Bruxelles qui « distribue l’argent des Français aux Grecs » ? Contre la nébuleuse du pouvoir et des puissances d’argent? Cohérant dans un programme du FN, mais pas de quoi enthousiasmer les foules. Résultat, l’accueil réservé à la présentation de son programme présidentiel lors du discours du 19 novembre dernier a été tiède.

« Sarkozy n’aime pas la France »

Ce 2 décembre, quelques heures après le discours prononcé par le candidat président à Toulon, la candidate du Front national cogne : « Je pèse mes mots, mais je dois le dire sans détour parce que personne n’osera le dire : le chef de l’Etat aujourd’hui installé à l’Elysée n’aime pas la France, ne la respecte pas. » La petite centaine de sympathisants participant à un colloque organisé par Idée Nation sur le thème de la défense l’acclame. « Il la trouve trop petite, il la voit faible, en creux de ses discours on comprend qu’il pense le peuple français paresseux, égoïste, figé, peureux. » L’ovation rédouble.

La réponse de la présidente du FN à l’appel au renforcement de « l’intergouvernementalité » entre la France et l’Allemagne pour attaquer la crise et sauver l’Union européenne formulée lors du discours de Toulon  n’a donc pas tardé. Ecrit par Marine Le Pen elle-même, poli par son directeur stratégique de campagne, Florian Philippot, ce discours désigne le Président de la Répubique  comme ennemi de la patrie : « Il n’aime pas la France et il est en train de tenter de la liquider. Il n’aime pas la France et il entre chaque jour un peu plus dans la collaboration avec ses maîtres : les marchés et les banques. » Au profit de qui et de quoi la délaisse-t-il ? « Il est toujours prompts à aligner notre pays, un jour sur les Etats-Unis, un jour sur l’Allemagne. » Et pour ceux qui n’aurait pas encore bien compris que Nicolas Sarkozy est en train de remettre les clés de l’Elysée à Angela Merkel, elle conclut : « Quand on dit que l’Europe n’est plus un choix et qu’on est prêt à accepter le diktat allemand pour maintenir ce carcan, en quoi est-on encore patriote ? » 

« Sarkozy et sa muse BHL »

Voilà donc brossé le portrait d’un pays vaincu par son concurrent de toujours, l’Allemange, à cause de la faiblesse de son Président. Pis, ce Président qui brade la Nation se laisse entrainer dans des aventures « souvent hasardeuses et dans lesquelles l’intérêt national est tout sauf évident » par « sa muse BHL ». Le public du colloque est aux anges.

Lassée de voir Nicolas Sarkozy braconner ses troupes en envoyant Claude Guéant expliquer en quoi l’immigration menace la France, Marine Le Pen a contre-attaqué brutalement. L’histoire de cette campagne retiendra que ce discours prononcé en comité restreint, sans chaine de télévision pour le retransmettre en direct fut le premier discours de campagne. Comme par accident.


Tags : bhl, fn, le pen, sarkozy






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