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Lutte Ouvrière : une petite purge et ça repart

Mardi 23 Septembre 2008 à 08:58 | Lu 13051 fois I 30 commentaire(s)

Gérald Andrieu

Ce week-end, Lutte Ouvrière a décidé de se séparer des «brebis galeuses» qui ont osé aller paître dans le champ du Nouveau Parti Anticapitaliste. Une purge qui permet au parti de s'affirmer en tant que dernière véritable organisation trotskiste de France.


(cc - flickr - K.rol2007)
(cc - flickr - K.rol2007)
Alors que la LCR, avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), rêve à des lendemains qui chantent, l’autre formation trotskiste française, Lutte Ouvrière, continue à se livrer à l'une de ses activités favorites : la purge. Ce dimanche, à la veille du 1er de l’an révolutionnaire (sic), les militants de LO se sont réunis en conférence nationale et ont voté à une majorité écrasante «de 97,3% (…) la fin de toute relation entre Lutte Ouvrière et le groupe nommé jusqu’à présent Fraction Lutte Ouvrière - L’Étincelle».

Fraction Lutte Ouvrière - L’Étincelle ? 3% des effectifs selon la direction du parti et 10% d’après la Fraction, soit entre 250 et 800 militants. Autrement dit : pas grand chose. Mais en flirtant avec d’autres organisations d’extrême gauche, Etincelle a mis le feu aux poudres. C’est ce qu’explique Michel Rodinson, membre de la direction nationale de LO et directeur de la rédaction de l’hebdomadaire du parti : «La Fraction s’est constituée publiquement en 1996. Mais depuis cette date les différences n’ont fait que s’affirmer. Et cette année, deux choses se sont produites. A Wattrelos, dans le Nord, lors des municipales, la Fraction a participé à une liste concurrente de celle de Lutte Ouvrière. Ils ont franchi la ligne jaune. Le deuxième fait, c’est qu’ils participent au NPA. Nous n’avons pas d’hostilité particulière envers le NPA. Mais eux prônent un rassemblement large tandis que nous, nous restons convaincus de l’idée d’un parti ouvrier révolutionnaire.»

Le gardien d'un temple apparemment délaissé
La Fraction aurait donc été évincée pour avoir fricoté avec d’autres «camarades»? Pas si simple. D’autant que LO — les membres de la Fraction aiment le rappeler — ne rechigne pas toujours à faire des alliances. Lors des dernières municipales, le parti d’Arlette Laguiller a même passé, à l'occasion, des accords avec… le PC et le PS! «Il ne s’agissait pas de vrais accords mais d’accords locaux, quand c’était possible, au coup par coup», justifie Michel Rodinson. Les dissidents de la Fraction considèrent donc que «les raisons invoquées pour (leur) exclusion» ne tiennent pas. Et il ne peut s'agir selon eux que d'«un prétexte grossier» ou, pire, d'une «démonstration du repli sur soi et de la frilosité politique actuelle de Lutte Ouvrière.»

Finalement, cette purge a plus certainement pour but de permettre à LO de s’affirmer comme la seule et unique organisation trotskiste, la dernière du genre en France, le gardien d’un temple délaissé (en tout cas en apparence) par la LCR. Il est intéressant de constater que pour en arriver là, LO est obligée d’utiliser une méthode dont Léon Trotski a lui-même été la victime en son temps. Mais pour avoir le «privilège» d'être le dernier parti trotskiste de l'Hexagone, qu'est-ce qu'on ne ferait pas?







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